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Réflexions sur l'assombrissement du monde

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vol. 91, n° 2, été 2026
Accroche

Le système de régulation des relations internationales né après la Seconde Guerre mondiale est moribond. Si la Russie et la Chine l’avaient sapé, les États-Unis de Donald Trump risquent de lui porter l’estocade. L’air du temps est aux rapports de force et la montée des nationalismes est lourde de dangers. La révolution de l’Intelligence artificielle doit être intégrée à cette équation, car elle influe fortement sur les capacités de puissance. À cet égard, l’Europe ne doit pas se laisser distancer.

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Visuel article Jean-Marie Guéhenno
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Nous avons changé d’époque : la guerre et la violence sont entrées dans nos vies et se banalisent sans susciter beaucoup d’émoi. Les statistiques publiées par l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo sont éloquentes : en 2024 – dernière année pour laquelle on dispose de données complètes –, le nombre des conflits s’est élevé à 61, répartis entre 36 pays, et le nombre des victimes à 129 000, un chiffre bien supérieur à la moyenne des trois dernières décennies. La guerre de haute intensité est de retour, de plus en plus violente : les interdits codifiés par les conventions de Genève après la Seconde Guerre mondiale tombent les uns après les autres. En Ukraine, des hôpitaux et autres infrastructures civiles sont régulièrement bombardés par la Russie ; à Gaza, la riposte israélienne à l’action terroriste du Hamas et du Djihad islamique palestinien a causé la mort de dizaines de milliers de civils, dont beaucoup de femmes et d’enfants, et il a fallu que la Cour internationale de justice rappelle à Israël son obligation de ne pas bloquer l’aide humanitaire. Au Soudan, les Forces de soutien rapide ont affamé, puis massacré, la population civile d’El-Fasher.

À quoi attribuer cet extraordinaire et menaçant assombrissement du monde ? Les Nations unies sont devenues presque invisibles dans le domaine pour lequel elles ont été créées, leur cœur de compétence : la sauvegarde de la paix et de la sécurité dans le monde. La réduction rapide des missions de maintien de la paix se poursuit, et dans aucun des conflits cités l’ONU ne joue un rôle de médiateur politique. Elle se borne, dans le meilleur des cas, à tenter d’obtenir des désescalades à objectif humanitaire, comme elle le fit au début de la guerre d’Ukraine, ou à distribuer l’aide humanitaire, rôle qui lui a été contesté à Gaza.

Plus gravement, l’article de la Charte des Nations unies qui prohibe la menace ou l’usage de la force, sauf en cas de légitime défense, est bafoué par deux membres permanents du Conseil de sécurité. La Russie, avec l’invasion de l’Ukraine, et les États-Unis qui sont passés à l’acte avec le Venezuela et l’Iran, tout en menaçant le Groenland. Il est significatif que ni la Russie ni les États-Unis ne fassent de réels efforts pour camoufler leurs violations sous une apparence de droit. La brutalité des actes et du langage évite l’hypocrisie, mais il ne faut pas s’en réjouir : l’hypocrisie est l’hommage du vice à la vertu, et donc la reconnaissance que la vertu existe. [...]

 

PLAN DE L'ARTICLE

  • La rupture de la posture américaine 
  • Le retour du nationalisme 

     

Jean-Marie Guéhenno, professeur à l'université Columbia, a été secrétaire général-adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix. Il a notamment écrit : Le premier XXIe siècle. De la globalisation à l'émiettement du monde (Paris, Flammarion, 2021). 

 

Article publié dans Politique étrangère, vol. 91, n° 2, 2026.

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Droit international et prolifération des cyberarmes

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

Les attaques informatiques sont de plus en plus fréquentes et sophistiquées. Des cyberarmes telles que des virus ou des vers sont produites et diffusées par des acteurs publics et privés. Dans ce contexte, certains États cherchent à empêcher la prolifération des outils informatiques malveillants. La régulation des cyberarmes se révèle toutefois particulièrement difficile et les instruments juridiques adoptés jusqu’à présent ne permettent pas à eux seuls de garantir la stabilité du cyberespace.

Aude GÉRY
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Cyber : les enjeux pour la défense et la sécurité des Français

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

En janvier 2018, la France s’est dotée de sa première Revue stratégique de cyberdéfense. Ce document analyse les menaces existant dans le cyberespace, tout en constatant les défaillances de la gouvernance mondiale de l’internet. Il clarifie les principes d’organisation de la cyberdéfense française et présente l’État comme le garant de la cybersécurité de la Nation. Il plaide pour le rétablissement de la souveraineté numérique de la France et améliore les dispositifs de coopération public-privé.

Louis GAUTIER
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Introduction

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

«Ventre mou » de nos sociétés ultra-connectées, la cybersécurité n’est désormais plus un sujet obscur, exigeant la publication d’ouvrages alarmistes pour capter l’attention. Voici quelques années encore, cette notion se limitait aux piratages informatiques de banques et d’entreprises, et ses logiques – il est vrai complexes – ne parlaient qu’à d’étroits cénacles d’experts techniques. Avec la multiplication des vulnérabilités, portées par la connectivité toujours plus importante des activités économiques et humaines, nos sociétés prennent conscience de l’ampleur des enjeux.

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Djihad et vidéos de propagande : le cas Boko Haram

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

Faute de pouvoir accéder à des zones de guerre, nombre de chercheurs étudient les mouvements insurrectionnels ou terroristes à travers le prisme des vidéos de propagande. L’exemple de Boko Haram illustre les limites d’une telle méthode qui méconnaît les réalités du terrain et accorde trop de poids aux arguments de nature religieuse. La propagande veut donner à croire qu’il existe une Internationale djihadiste. Les dynamiques sociologiques à l’œuvre au Nigeria invitent à nuancer une telle vision.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS

Comment citer cette étude ?

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Politique étrangère, n° 2/2026
Jean-Marie GUÉHENNO, « Réflexions sur l'assombrissement du monde », Politique étrangère, Articles, Ifri, 2 juin 2026.
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Réflexions sur l'assombrissement du monde