La réforme de l'OTAN et le système de sécurité du monde libre
Le texte que nous republions ci-après fait écho à une présentation prononcée le 24 octobre 1964 devant les membres du Centre d’études de politique étrangère de Paris. Il a été publié pour la première fois dans Politique étrangère 4/1964.
« Nous, peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre [...] à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage et à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationale [...] avons décidé d’associer nos efforts ».
Telles sont les idées essentielles qui ont présidé à la naissance de l’organisation des Nations unies en juin 1945. Elles trouvent leur explication dans la lassitude, la crainte de nouvelles guerres, ainsi que dans la constatation que le monde, en dépit de ses divergences, tend de plus en plus vers l’unité. Franklin D. Roosevelt, concevant à sa manière cette nouvelle interdépendance, chercha à en établir le programme. Malheureusement, l’Organisation des Nations unies et son Conseil de sécurité ne s’avérèrent pas l’instrument capable de supprimer ou d’atténuer la tension croissante entre les États communistes et le monde libre. D’où la profonde déception qui suivit les espoirs placés dans les Nations unies. Devant l’agressivité effrénée du communisme mondial sous la conduite de Moscou, il devenait indispensable de doter le monde libre d’un système de sécurité efficace.
Le sens de l’OTAN
L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est le plus important des pactes régionaux conclus dans le cadre de ce système, dont les États-Unis sont les principaux artisans. C’est dans ce même cadre que figurent l’Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est (OTASE) et le Pacte de Bagdad (Central Treaty Organization, CENTO), le Pacte de sécurité entre les États-Unis et le Japon, ainsi que l’engagement des États-Unis en Corée sous le drapeau des Nations unies. En termes de politique occidentale, ce système, non fermé sur lui-même, est la conséquence pratique de la politique de containment qui a triomphé assez facilement du roll back, du refoulement plus ou moins violent du communisme mondial hors des positions conquises après la guerre par la force ou par la ruse. Cette politique de l’endiguement a tenu bon aussi contre toutes les tentatives de la remplacer par une politique de dégagement.
Lorsque fut signé, le 4 avril 1949, le traité de l’Atlantique nord, il n’y avait pas encore de République fédérale d’Allemagne (RFA), mais le partage du monde en deux blocs était peut-être plus évident que 15 ans plus tard. […]
PLAN DE L’ARTICLE
- Le sens de l’OTAN
- Les changements internationaux et l’évolution de l’OTAN
- Burden sharing, limites géographiques et mondialisation de l’Alliance
Eugen Gerstenmaier (1906-1986) s’est illustré en prenant part à la résistance allemande contre le nazisme à travers le cercle de Kreisau, et au complot contre Hitler qui devait aboutir à l’attentat du 20 juillet 1944. Membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) allemande, il a été président du Bundestag de 1954 à 1969.
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La réforme de l'OTAN et le système de sécurité du monde libre
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