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La Chine en Europe centrale et orientale : la fin du mirage ?

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Politique étrangère, n° 4, vol. 87, hiver 2022
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Après la création en 2012 du forum 16+1 entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale, et l’enthousiasme initial, les pays d’Europe concernés ont apprécié de manières diverses la coopération avec Pékin. Ce qui domine aujourd’hui est une certaine désillusion, qui se traduit par un niveau médiocre d’investissement chinois, l’usure formelle du forum et une méfiance croissante vis-à-vis d’une Chine qui échoue à convaincre de sa neutralité face à la guerre en Ukraine.

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Créée en 2012, l’association des 16 pays d’Europe centrale et de la Chine, à laquelle la Grèce s’est jointe en 2019, a suscité de vives craintes après le lancement en 2013 de la Belt and Road Initiative (BRI). Le rapprochement de Pékin avec les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) risquait de faire d’eux des chevaux de Troie de l’influence chinoise dans l’Union européenne (UE). Au départ, les 16 PECO voient dans cette initiative, dite « 16+1 », un intérêt économique et politique : accroître leurs exportations vers le marché chinois ; attirer les investissements chinois ; jeter les bases d’une coopération durable avec la Chine ; et, pour certains, utiliser cette coopération comme levier politique dans leurs relations avec l’UE et la Russie.


Après l’enthousiasme initial, l’appréciation de la coopération 17+1 a pourtant varié : du maintien officiel de cet enthousiasme en Hongrie, à une réévaluation critique en Pologne, en République tchèque ou en Roumanie, jusqu’à la rupture, avec le départ de la Lituanie en 2021. Comment est-on passé de l’a priori favorable à la désillusion ? Et avec quelles perspectives dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie ?


L’enthousiasme initial

Un espoir de relance économique avec l’aide d’investissements chinois

En avril 2012, le Premier ministre chinois Wen Jiabao rencontrait ses homologues à Varsovie pour créer le groupe 16+1, rassemblant la Chine et les PECO – dont 11 membres de l’UE –, sauf le Kosovo non reconnu par la Chine. La Grèce a ensuite rejoint le regroupement en 2019. Wen promettait alors des investissements, le développement des infrastructures et des échanges commerciaux bénéficiant aux économies, promesses répétées à grand renfort de présence dans les médias [2]. Les attentes étaient élevées de la part de nombre de PECO : en se raccrochant à une Chine porteuse de croissance économique, puis à la BRI, les retombées devaient être conséquentes sur la croissance, au-delà du prestige des relations privilégiées avec un nouvel acteur mondial [3]. Les PECO pouvaient ainsi imaginer devenir un hub du réseau logistique eurasiatique développé par la Chine. [...]


PLAN

  • L’enthousiasme initial
     - Un espoir de relance économique avec l’aide d’investissements chinois
     - Un contrepoids à l’influence russe
     - Un moyen de pression sur l’UE
  • Des déconvenues économiques
     - Faiblesse des exportations vers la Chine
     - Peu d’investissements, en dépit des promesses
  • Des divergences politiques et stratégiques
     - Des divergences idéologiques qui pèsent suite aux réactions de Pékin
     - Privilégier ses amis proches…
     - Une opinion publique plus réfractaire
     - La désintégration du format 17+1
  • Le poids de la guerre en Ukraine
     - Les premières réactions et leurs conséquences
     - L’échec du business as usual ?


Olga V. Alexeeva est professeure d’histoire de la Chine à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Frédéric Lasserre est professeur au département de géographie de l’Université Laval (Québec), et directeur du Conseil québécois d’études géopolitiques.

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La Chine en Europe centrale et orientale : la fin du mirage ?

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Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Le système mis en place en Pologne par le le parti Droit et Justice (PiS) et la coalition qui le soutient s’appuie sur une communauté émotionnelle autour d’un dirigeant charismatique, et sur des décisions favorisant des classes populaires délaissées par la transition libérale. Le projet autocratique est porteur d’atteintes multiples à l’état de droit. Une certaine « fatigue » pourrait pourtant se manifester aux prochaines élections, confirmant les dernières mobilisations de rue, portées en particulier par la jeunesse.

Georges MINK
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Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir

Date de publication
21 décembre 2021
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Le départ américain négocié avec les talibans, sans le gouvernement de Kaboul, ouvrait la voie à l’Émirat islamique d’Afghanistan, restauré plus vite que prévu. Il faut maintenant gouverner et faire face à de multiples défis : crise économique nourrissant une crise humanitaire, menace de Daech, non-reconnaissance du régime par une communauté internationale divisée, attendant que les promesses d’ouverture se manifestent, sans succès plusieurs mois après le retour d’un régime dominé par les mollahs.

Jean-Luc RACINE
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L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États

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En 2009, une ruée vers l’or a démarré au Soudan. Elle s’est propagée à travers le Sahara jusqu’à atteindre la Mauritanie en 2016. L’orpaillage a d’abord été vu comme une menace, susceptible d’alimenter les conflits et le terrorisme. Une perception plus positive a ensuite émergé, l’extraction du précieux minerai offrant de nouvelles perspectives à des populations marginalisées. L’or est une source de revenus et joue aussi un rôle de soupape politique et sociale pour ces régions instables.

Laurent GAGNOL Rhoumour AHMET TCHILOUTA
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Islam et politique au Sahel

Date de publication
21 décembre 2021
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Depuis une trentaine d’années, le Sahel est le théâtre d’une résurgence islamique, poussée notamment par des groupes salafistes et soufis. Certains acteurs religieux cherchent à islamiser la société par le bas, sans s’engager directement en politique. D’autres, en revanche, aspirent à prendre le pouvoir, soit en s’insérant dans le jeu démocratique, soit par les armes. Les États concernés et les intervenants extérieurs ne réagissent pas de manière uniforme face à cette dynamique religieuse.

Ibrahim YAHAYA IBRAHIM

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Olga V. ALEXEEVA, Frédéric LASSERRE, « La Chine en Europe centrale et orientale : la fin du mirage ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2022.
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La Chine en Europe centrale et orientale : la fin du mirage ?