Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L’armée nigérianne et Boko Haram : les « supercamps » peuvent-ils tenir le statu quo ?

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 86, n° 1, printemps 2021
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 2021
Accroche

Depuis 10 ans, l’affrontement entre Boko Haram et l’État nigérian a connu plusieurs phases. Dans la dernière, à partir de 2019, l’armée nigériane s’est retranchée dans une vingtaine de supercamps, projetant tout autour ses attaques aériennes contre les diverses factions insurgées. Le conflit apparaît ainsi bloqué, mais sans doute au profit des insurgés, qui étendent leur emprise territoriale et sur les populations, en l’absence de perspective de solution politique.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Si Boko Haram trouve son origine en 1994, et si ses premières confrontations avec le pays remontent à 2003, la guerre du Nigeria contre Boko Haram ne commence qu’en 2010. La solution militaire est loin d’être imminente. Depuis mi-2019, l’armée nigériane et les deux principales factions de Boko Haram – la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (Islamic State-loyal Islamic State in West Africa Province, ISWAP) et le groupe non aligné Jamaat Ahlus Sunnah lid-Dawa wal-Jihad (JASDJ) – se trouvent dans une impasse. On examine ici celle dans laquelle se trouve l’État nigérian de Borno, et la capacité que le pays pourrait avoir d’y maintenir le statu quo actuel.


Négocier avec Boko Haram : la paix introuvable


On peut juger diversement les négociations du gouvernement nigérian avec les factions de Boko Haram, mais la plupart des analystes admettent qu’une solution diplomatique est peu probable. Kovacs, par exemple, identifie plusieurs causes de l’échec des négociations : la mauvaise foi du gouvernement aussi bien que du JASDJ ; la difficulté pour le gouvernement à identifier les représentants réels du JASDJ ; des influences extérieures, notamment de l’État islamique, sur l’ISWAP, et le fait que l’Organisation des Nations unies (ONU) ait désigné Mamman Nur, membre prééminent du JASDJ (puis de l’ISWAP) comme terroriste, réduisant ainsi sa motivation à aboutir à un accord de paix.


Fox et Zenn, de leur côté, soutiennent que les négociations entre le JASDJ ou l’ISWAP et le gouvernement nigérian ont bien eu lieu pour les échanges d’otages, dont deux groupes de lycéennes de Chibok libérées par le JASDJ en 2017 et 2018. De tels échanges ont cependant souvent avantagé les factions, avec le versement de rançons et la libération de prisonniers. Inversement, après l’échec des négociations avec le leader du JASDK Aboubakar Shekau sur un cessez-le-feu d’une semaine contre un meilleur traitement des prisonniers – échec dû à des fuites gouvernementales –, Shekau s’est promis de ne plus jamais mener de négociations de paix. Le JASDJ et l’ISWAP s’alignant sur cette position, des négociations « de fond » pour une fin du conflit sont hors de portée, même si des négociations ponctuelles restent possibles sur les otages. […]


PLAN

  • Négocier avec Boko Haram : la paix introuvable
  • Les quatre premières phases du conflit entre l’armée nigériane et Boko Haram
     - Origines et première phase : le choc au Nigeria
     - Deuxième phase : une sophistication croissante
     - Troisième phase : les conséquences imprévues du contre-terrorisme
     - Quatrième phase : tensions internes et reconstruction
     - La phase 5 : conséquences de la « stratégie des supercamps »


Jacob Zenn est professeur associé à l’université Georgetown et chercheur à la Jamestown Foundation. Il a notamment publié Unmasking Boko Haram: Exploring Global Jihad in Nigeria, Boulder, Lynne Rienner Publishers, 2020.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Tarpinian.

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

L’armée nigérianne et Boko Haram : les « supercamps » peuvent-ils tenir le statu quo ?

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Blitzkrieg pour la paix : la réconciliation Éthiopie-Érythrée

Date de publication
21 décembre 2018
Accroche

Il faut, pour comprendre les chaotiques relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée – avant-dernier État indépendant d’Afrique –, remonter au début du xxe siècle et aux conséquences des actions multiples des grandes puissances dans la région. Guerre de trente, ou de cinquante ans, l’opposition entre Addis-Abeba et Asmara semble désormais muer en dialogue. L’héritage d’une histoire et d’une culture communes suffira-t-il à garantir la paix, en dépit du caractère dictatorial du régime érythréen ?

Alain GASCON
Image principale

La Libye depuis 2015 : entre morcellement et interférences

Date de publication
21 décembre 2018
Accroche

La Libye est aujourd’hui, de facto, divisée en plusieurs entités. Les efforts déployés par la communauté internationale pour tenter de réconcilier et réunir le pays ont échoué. Un gouvernement d’entente nationale a certes été mis en place mais il peine à s’imposer et à répondre aux besoins de la population. Du point de vue occidental, la situation est toutefois moins préoccupante que par le passé, notamment parce que Daech a perdu ses emprises territoriales.

Jalel HARCHAOUI
Image principale

Le défi de la démocratie européenne

Date de publication
21 décembre 2018
Accroche

L’affirmation du rôle du Parlement européen est une réponse au reproche de déficit démocratique dans l’Union. Cette affirmation reste inachevée, du fait de la nature même de l’Union européenne. On doit concevoir cette Union comme une « fédération en devenir », équilibrant la légitimité des démocraties nationales et celle du Parlement européen. La procédure de désignation des Spitzenkandidaten, candidats têtes de liste des partis européens, permet de renforcer l’espace du débat public européen.

Maxime LEFEBVRE
Image principale

Peut-il y avoir une démocratie européenne ?

Date de publication
21 décembre 2018
Accroche

Le déficit démocratique de l’Union européenne dénonce un double manque : celui d’une réelle séparation des pouvoirs et celui d’un peuple européen. Un renforcement des pouvoirs du Conseil des ministres pourrait favoriser une « démocratie au second degré ». Le véritable changement serait d’aller vers une Europe confédérale. Mais le choix de cette option serait inséparable du refus de la subordination européenne : un choix partagé par peu d’États membres, indépendamment de la volonté des peuples.

Marie-Françoise BECHTEL
Sujets liés

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 2021
Jacob ZENN, « L’armée nigérianne et Boko Haram : les « supercamps » peuvent-ils tenir le statu quo ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2021.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 2021

L’armée nigérianne et Boko Haram : les « supercamps » peuvent-ils tenir le statu quo ?