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Le défi de la démocratie européenne

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Politique étrangère, vol. 83, n° 4, hiver 2018-2019
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Page couverture PE n° 4 2018
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L’affirmation du rôle du Parlement européen est une réponse au reproche de déficit démocratique dans l’Union. Cette affirmation reste inachevée, du fait de la nature même de l’Union européenne. On doit concevoir cette Union comme une « fédération en devenir », équilibrant la légitimité des démocraties nationales et celle du Parlement européen. La procédure de désignation des Spitzenkandidaten, candidats têtes de liste des partis européens, permet de renforcer l’espace du débat public européen.

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Le Parlement européen, élu au suffrage universel depuis 1979, est la principale réponse à la problématique du « déficit démocratique » que crée la construction européenne en dessaisissant les démocraties nationales d’une part de leurs compétences.


Cette élection a incarné une double refondation démocratique : en conférant une légitimité démocratique directe à l’assemblée européenne, et en contribuant à démocratiser la désignation de la Commission. La procédure des Spitzenkandidaten, « candidats têtes de liste » des partis européens à la présidence de la Commission, a été utilisée une première fois avec succès en 2014, pour être rééditée en 2019. Mais ces efforts pour démocratiser la vie politique européenne sont inaboutis, et risquent d’être fragilisés par la poussée des partis critiques, ou hostiles à la construction européenne.


Le Parlement européen : une réponse au » déficit démocratique » de l’Union


Depuis la Révolution britannique à la fin du XVIIe siècle et la Révolution française, la démocratie est associée à la souveraineté. « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »


Lorsque des décisions internationales sont prises à l’unanimité, dans le cadre de la coopération intergouvernementale, les États se lient sur une base d’égalité juridique. L’acceptation de décisions supranationales à la majorité ne se justifie qu’au nom du bien commun : la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationales, avec la soumission aux décisions du Conseil de sécurité ; ou la soumission à une juridiction chargée de faire prévaloir le droit dans les échanges mondiaux, pour l’Organisation mondiale du commerce (rôle de l’Organe de règlement des différends).


La construction européenne est un processus différent par nature : il s’agit de construire une fédération européenne, de transférer une part du processus législatif du niveau national vers le niveau européen, dans des matières de plus en plus étendues : depuis la constitution d’une zone de libre-échange et d’une union douanière, jusqu’à la mise en place de politiques communes en matière d’agriculture, de transport, d’environnement, d’énergie, d’économie et de finances, de justice et d’affaires intérieures, etc. La légitimité des décisions supranationales majoritaires fut refusée par le général de Gaulle lors de la « crise de la chaise vide » en 1965-1966, puis acceptée 20 ans plus tard par le président Mitterrand lors de la mise en place du Marché unique. […]


PLAN

  • Le Parlement européen : une réponse au » déficit démocratique » de l’Union
  • L’affirmation inachevée du Parlement européen
  • Une fédération en devenir ?
  • Les Spitzenkandidaten : une politisation inachevée pour désigner la Commission
  • La démocratisation de l’Europe au défi des populistes


Maxime Lefebvre est diplomate et professeur à ESCP Europe. Il a notamment publié La Construction de l’Europe et l’avenir des nations, Paris, Armand Colin, 2013.

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Le défi de la démocratie européenne

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Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales

Date de publication
21 décembre 2017
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Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.

Hebatalla TAHA Clément THERME
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L’Irak a-t-il jamais pu exister ?

Date de publication
21 décembre 2017
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Né de la décomposition de l’empire ottoman gérée par les impérialismes occidentaux, l’Irak, espace composite, a vu se succéder les régimes sans créer les bases psychologiques et politiques d’un État-nation. Les événements des deux dernières décennies n’ont fait, avec une lourde responsabilité occidentale, que creuser le fossé entre les communautés et les affiliations. L’Irak a-t-il jamais vraiment existé pour ses populations, et les conflits régionaux le laisseront-ils survivre ?

Jolyon HOWORTH
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Irak, le laboratoire permanent

Date de publication
21 décembre 2017
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Si l’on s’en tient à l’adage anesthésiant qui voudrait que les peuples heureux n’aient pas d’histoire, les Irakiens partent d’emblée avec un lourd handicap. Ils forment en effet un peuple saturé d’histoire(s), depuis que la Mésopotamie a tenu lieu de décor aux premières sociétés humaines sophistiquées. La temporalité politique s’y affole, en outre, depuis 15 ans ; les velléités américaines de changer le destin du Moyen-Orient tout entier à partir de l’Irak ayant transformé le pays en laboratoire d’observation in vivo des transitions politiques et des recompositions sociales et communautaires (ethniques, religieuses) du monde arabe. Laboratoire déserté par ses laborantins, et où le protocole expérimental ne tient plus.

Dorothée SCHMID Loulouwa AL-RACHID
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Liban : entre clientélisme régional et carcan national

Date de publication
20 mars 2018
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En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.

Aurélie DAHER

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Maxime LEFEBVRE, « Le défi de la démocratie européenne », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2018.
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Le défi de la démocratie européenne