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Le djihadisme au Sahel après la chute de Daech

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Politique étrangère, vol. 84, n° 2, été 2019
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Page couverture PE n° 2 2019
Accroche

Alors que Daech et Al-Qaïda se sont violemment affrontés au Moyen-Orient, leurs « filiales » sahéliennes ont eu tendance à s’éviter. Depuis 2017, elles ont même entamé un rapprochement et coopèrent occasionnellement. La chute de Daech en zone syro-irakienne aura des répercussions au Sahel. S’il n’est pas dit que l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) fusionnent, il est en revanche assuré que le djihadisme perdurera dans la zone.

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Depuis 2017, des rumeurs circulent au Mali sur un rapprochement inédit entre les « filiales » sahéliennes de Daech et d’Al-Qaïda, à savoir l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dirigé par Abou Walid Al-Sahraoui, et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) commandé par Iyad Ag Ghali. Ces deux dirigeants et leurs lieutenants se seraient rencontrés à plusieurs reprises entre décembre 2017 et février 2018. Ainsi, en janvier 2018, l’Agence France Presse (AFP) indiquait avoir reçu une déclaration du porte-parole de l’EIGS, annonçant que les deux organisations, l’EIGS et le GSIM, coopéraient pour lutter contre la coalition anti-terroriste du G5 Sahel (G5S). Cette déclaration marquait une différence majeure entre ces deux groupes sahéliens et leurs « maisons mères » du Moyen-Orient, qui s’étaient affrontées à plusieurs reprises.


La proclamation du califat en 2014 par Daech a eu des répercussions au Sahel mais, à l’exception d’un affrontement d’envergure en juin 2015 entre l’EIGS et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), les deux mouvances se sont constamment évitées. En décembre 2015, Yahia Abou Hammam, chef d’AQMI au Sahel, regrettait les affrontements inter-djihadistes qu’il qualifiait de « grande fitna [schisme] à l’intérieur de l’islam à l’heure où les ennemis de l’Oumma se rassemblent et où il est un devoir pour les musulmans de s’unir ».


La fusion des groupes djihadistes proches d’Al-Qaïda a donné naissance, en mars 2017, au GSIM, qui a multiplié les attaques à travers tout le Sahel, y compris dans des pays – comme le Burkina Faso – jusque-là relativement épargnés par la violence djihadiste. De son côté, l’EIGS a poursuivi sa montée en puissance. La persistance de l’absence d’État en Libye, le repli des groupes de l’État islamique libyen vers le Sud, la chute de Daech au Moyen-Orient avec la perspective du retour possible de plusieurs milliers de combattants nord-africains de la zone syro-irakienne, ont ravivé les craintes de déstabilisation du Sahel.


Les limites du djihad sahélien d’Al-Qaïda


Le GSIM est le fruit de la fusion des quatre principales organisations djihadistes sahéliennes liées à Al-Qaïda : AQMI dirigée par Yahia Abou Hammam, Ansar Dine commandée par le Touareg Iyad Ag Ghali, Al-Mourabitoune avec pour chef Mokhtar Belmokhtar, et la Katiba du Macina du Peul Amadou Koufa. […]


PLAN

  • Les limites du djihad sahélien d’Al-Qaïda
  • La montée en puissance de l’État islamique dans le Grand Sahara
  • Quel avenir pour les relations entre l’EIGS et le GSIM ?


Djallil Lounnas, docteur en science politique de l’université de Montréal (Canada), est professeur de relations internationales à l’université Al Akhawayn (Maroc).

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Le djihadisme au Sahel après la chute de Daech

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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN
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Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue

Date de publication
21 juin 2019
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L’admission au G7/G8 symbolisait pour Moscou son rapprochement de « l’Occident collectif ». Mais l’admission fut lente, et Moscou ne fit jamais complètement partie du club. La Russie a bientôt pris conscience que le G8 n’était pas le directoire souhaité pour traiter ses préoccupations stratégiques. L’avènement du G20, et la crise ukrainienne, ont, pour Moscou, définitivement déclassé l’intérêt d’un G7, qui semble n’assurer que la défense et illustration des intérêts d’un Occident déclinant.

Andrey KORTUNOV
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De l’utilité du G7 : témoignage d'un sherpa

Date de publication
21 juin 2019
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Le G7 constitue un élément informel mais important de la gouvernance mondiale. Ses membres sont supposés unis par des valeurs communes, ce qui explique, par exemple, que la Russie ne participe plus à ses travaux. Le G7 met en œuvre une machinerie très complexe qui a vocation à traiter de tous les problèmes globaux. Le sommet de Charlevoix, et l’ensemble des réunions qui l’ont entouré, ont illustré la volonté du Canada de donner un nouveau souffle, et une nouvelle surface à ces mécanismes.

Peter M. BOEHM
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Nigéria : les méfaits de la democrazy

Date de publication
21 juin 2019
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Lors du scrutin de février 2019, le président sortant, Muhamma du Buhari, a été réélu. Si une alternance peut avoir lieu à la tête de l’État, la démocratie nigériane ne s’en porte pas bien pour autant. Les milieux politiques sont gangrenés par la corruption. Les dirigeants successifs se révèlent incapables de créer de la cohésion nationale et d’assurer la sécurité dans certaines zones. Boko Haram est loin d’avoir été vaincu et agit comme un révélateur des faiblesses de l’État.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS

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Djallil LOUNNAS, « Le djihadisme au Sahel après la chute de Daech », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2019.
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Le djihadisme au Sahel après la chute de Daech