Le Japon à l’ère du démantèlement nucléaire
L’accident de la centrale de Fukushima en 2011 a poussé le Japon à réduire la part du nucléaire dans son mix énergétique. Ce pays est ainsi entré dans « l’ère du démantèlement ». La fermeture de centrales nucléaires est un processus long et complexe. Certaines problématiques fondamentales – comme la gestion des déchets radioactifs – n’ont pas encore trouvé de solution. Alors que d’autres pays s’engagent sur la voie du démantèlement, l’exemple japonais mérite une attention particulière.
L’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, dans l’est du Japon, a été causé par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, mais aussi par la négligence, reconnue par la justice, de la compagnie Tepco et du gouvernement japonais. Il a été suivi par un arrêt progressif des réacteurs, et par la mise en place de nouvelles normes de sécurité. Le redémarrage, débuté en août 2015, reste aujourd’hui limité, puisque neuf unités seulement ont recommencé à produire de l’électricité, et que près de 40 % du parc a été définitivement arrêté. Le pays est ainsi entré dans une « ère du démantèlement ».
La sortie du nucléaire et ses conséquences font désormais partie des préoccupations des collectivités et des habitants concernés. Le sujet est traité dans les débats des assemblées municipales, dans la presse quotidienne nationale et régionale, ou encore dans des réunions et conférences organisées localement. L’objectif consiste à trouver les solutions permettant de limiter les impacts négatifs, et de revitaliser des territoires confrontés au déclin.
L’énergie nucléaire aujourd’hui et demain
De nouveaux règlements de sécurité, plus sévères, ont été instaurés par le gouvernement japonais en juillet 2013, suivant les leçons tirées de l’accident. Les exploitants ne peuvent redémarrer les réacteurs qu’après avoir obtenu le feu vert de l’Autorité de régulation nucléaire (ARN), chargée de veiller au respect des normes, mais aussi l’aval des autorités départementales et municipales concernées.
Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Sendai, dans le sud-ouest du pays, a été le premier à redémarrer en août 2015. Depuis le 16 juin 2018, neuf réacteurs ayant obtenu les autorisations ont recommencé à fonctionner. La part d’électricité d’origine nucléaire est passée de 0 % en 2014 (aucun réacteur en marche) à 3,1 % en 2017 (cinq réacteurs opérationnels) d’après les Livres blancs de l’énergie. Ce taux est aujourd’hui légèrement supérieur à 5 % (neuf réacteurs opérationnels). Dans son dernier plan de base de l’énergie d’août 2018, le gouvernement japonais a prévu que la part du nucléaire atteindrait 20 à 22 % du mix électrique d’ici l’année fiscale 2030, ce qui implique le fonctionnement de trente réacteurs. [...]
PLAN
- L’énergie nucléaire aujourd’hui et demain
- De lourdes conséquences financières
- Des conséquences économiques et démographiques plus limitées
- Les défis à relever pour une société post-nucléaire
- Le problème des déchets
- Les nouvelles énergies et la promotion de l’hydrogène
Jean-François Heimburger, spécialiste du Japon, est journaliste indépendant et chercheur associé au Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT) de l’université de Haute-Alsace.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Le Japon à l’ère du démantèlement nucléaire
Djihadisme : une bataille gagnée, mais la lutte doit continuer
Le proto-État construit par Daech en zone syro-irakienne s’est effondré. L’organisation terroriste n’a pas pour autant disparu et les groupes liés à Al-Qaïda restent eux aussi très actifs. Le djihadisme est une menace mondiale qui touche le monde arabe mais aussi, au-delà, l’Afrique subsaharienne et l’Asie. L’Europe est aujourd’hui mieux placée que les États-Unis pour devenir le fer de lance de la lutte contre cette menace qui nécessite de s’attaquer aux causes profondes du djihadisme.
Blitzkrieg pour la paix : la réconciliation Éthiopie-Érythrée
Il faut, pour comprendre les chaotiques relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée – avant-dernier État indépendant d’Afrique –, remonter au début du xxe siècle et aux conséquences des actions multiples des grandes puissances dans la région. Guerre de trente, ou de cinquante ans, l’opposition entre Addis-Abeba et Asmara semble désormais muer en dialogue. L’héritage d’une histoire et d’une culture communes suffira-t-il à garantir la paix, en dépit du caractère dictatorial du régime érythréen ?
La Libye depuis 2015 : entre morcellement et interférences
La Libye est aujourd’hui, de facto, divisée en plusieurs entités. Les efforts déployés par la communauté internationale pour tenter de réconcilier et réunir le pays ont échoué. Un gouvernement d’entente nationale a certes été mis en place mais il peine à s’imposer et à répondre aux besoins de la population. Du point de vue occidental, la situation est toutefois moins préoccupante que par le passé, notamment parce que Daech a perdu ses emprises territoriales.
Le défi de la démocratie européenne
L’affirmation du rôle du Parlement européen est une réponse au reproche de déficit démocratique dans l’Union. Cette affirmation reste inachevée, du fait de la nature même de l’Union européenne. On doit concevoir cette Union comme une « fédération en devenir », équilibrant la légitimité des démocraties nationales et celle du Parlement européen. La procédure de désignation des Spitzenkandidaten, candidats têtes de liste des partis européens, permet de renforcer l’espace du débat public européen.