Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Le "retour" de la France dans l'OTAN : une décision inopportune

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 74, n° 4, 2009
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009
Accroche

La décision de la France de rejoindre la structure intégrée de l’OTAN confirme des évolutions déjà anciennes. Elle n’en est pas moins contestable. Symbolique, elle affecte l’image du pays sur la scène internationale. Elle ne garantit nullement une évolution de l’Alliance correspondant à nos intérêts de nation, et n’aide pas à lever les ambiguïtés sur son propre avenir. Elle risque enfin de réduire progressivement à néant la volonté de la France de se défendre par elle-même.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Il est vrai que, comme le font remarquer ses partisans, la décision prise par le président de la République française de rejoindre la structure militaire intégrée de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) entérine certaines évolutions déjà anciennes, dont on pouvait à l’époque discuter l’opportunité, mais qui sont, en quelque sorte, rentrées dans les mœurs.

La France a ainsi contribué à pérenniser l’OTAN, après la fin de la guerre froide, en acceptant qu’elle intervienne, en 1994-1995, en Bosnie-Herzégovine, puis en 1999, cette fois sans mandat de l’Organisation des Nations unies (ONU), au Kosovo, et plus généralement en Yougoslavie. Dès décembre 1995, la France a regagné le Comité militaire de l’OTAN. Nous avons accepté le « hors zone ».

L’Alliance atlantique, à laquelle nous n’avions jamais cessé de participer, était au départ une alliance défensive, cantonnée à la zone euro-atlantique. Elle est devenue, au fil des ans, et particulièrement depuis 1999 (Kosovo) et 2001 (Afghanistan), une alliance globale, engagée dans des opérations de stabilisation et de rétablissement de la paix. Il s’agit là d’un changement de nature. On nous présente maintenant l’OTAN comme un « bras armé de l’ONU », mais cela n’a pas toujours été le cas. Pendant la guerre du Kosovo, et pour bombarder les villes yougoslaves, l’OTAN a agi en se substituant à l’ONU, et sans mandat du Conseil de sécurité. Espérons que ce fâcheux précédent ne se reproduira pas. Constatons toutefois qu’il a ouvert la voie, quatre ans plus tard, à l’invasion de l’Irak par une « coalition de volontaires » regroupés autour des États-Unis et, pour la plupart, membres de l’OTAN, anciens ou nouveaux. La France, sur sa ligne d’opposition à l’invasion de l’Irak, était alors loin d’être majoritaire au sein de l’Organisation que dominent les États-Unis, aussi bien d’ailleurs qu’au sein de l’Union européenne (UE).

Par ailleurs, nous sommes devenus l’un des principaux contributeurs de ces « opérations de stabilisation » de l’OTAN. Fallait-il aller plus loin, en rejoignant le Comité des plans de défense (DPC) ainsi que les états-majors de l’OTAN, bref la structure militaire intégrée qui reste placée, du point de vue opérationnel, sous le commandement suprême d’un général américain ? La justification de cette décision n’est pas évidente car c’est là une décision politique et symbolique dont l’importance ne saurait être sous-estimée. [...]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Quels intérêts communs ?
  • L’Alliance face aux défis d’aujourd’hui
  • Un danger pour la France ?


Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre d’État de la Recherche, de l’Éducation nationale, de la Défense et de l’Intérieur, est sénateur du territoire de Belfort et président de la Fondation de recherche Res publica.

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Thématiques analyses

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Le "retour" de la France dans l'OTAN : une décision inopportune

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

Le système mis en place en Pologne par le le parti Droit et Justice (PiS) et la coalition qui le soutient s’appuie sur une communauté émotionnelle autour d’un dirigeant charismatique, et sur des décisions favorisant des classes populaires délaissées par la transition libérale. Le projet autocratique est porteur d’atteintes multiples à l’état de droit. Une certaine « fatigue » pourrait pourtant se manifester aux prochaines élections, confirmant les dernières mobilisations de rue, portées en particulier par la jeunesse.

Georges MINK
Image principale

Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

Le départ américain négocié avec les talibans, sans le gouvernement de Kaboul, ouvrait la voie à l’Émirat islamique d’Afghanistan, restauré plus vite que prévu. Il faut maintenant gouverner et faire face à de multiples défis : crise économique nourrissant une crise humanitaire, menace de Daech, non-reconnaissance du régime par une communauté internationale divisée, attendant que les promesses d’ouverture se manifestent, sans succès plusieurs mois après le retour d’un régime dominé par les mollahs.

Jean-Luc RACINE
Image principale

L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

En 2009, une ruée vers l’or a démarré au Soudan. Elle s’est propagée à travers le Sahara jusqu’à atteindre la Mauritanie en 2016. L’orpaillage a d’abord été vu comme une menace, susceptible d’alimenter les conflits et le terrorisme. Une perception plus positive a ensuite émergé, l’extraction du précieux minerai offrant de nouvelles perspectives à des populations marginalisées. L’or est une source de revenus et joue aussi un rôle de soupape politique et sociale pour ces régions instables.

Laurent GAGNOL Rhoumour AHMET TCHILOUTA
Image principale

Islam et politique au Sahel

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

Depuis une trentaine d’années, le Sahel est le théâtre d’une résurgence islamique, poussée notamment par des groupes salafistes et soufis. Certains acteurs religieux cherchent à islamiser la société par le bas, sans s’engager directement en politique. D’autres, en revanche, aspirent à prendre le pouvoir, soit en s’insérant dans le jeu démocratique, soit par les armes. Les États concernés et les intervenants extérieurs ne réagissent pas de manière uniforme face à cette dynamique religieuse.

Ibrahim YAHAYA IBRAHIM

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009
Jean-Pierre CHEVENEMENT, « Le "retour" de la France dans l'OTAN : une décision inopportune », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 décembre 2009.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009

Le "retour" de la France dans l'OTAN : une décision inopportune