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Le système mondial : réalité et crise

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Politique étrangère, n° 5, hiver 1978
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Marcel Merle (1923-2003) a été un des pionniers de l'étude des relations internationales en France.  Agrégé de droit public en 1950, il s'engage dans une carrière universitaire. Il a notamment été directeur de l'Institut d'études politiques de Bordeaux et professeur à l'Université Paris 1. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence dont Sociologie des relations internationales (1974) et La Politique étrangère (1984).

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Ce bref exposé introductif n'a pas d'autre objet que de planter le décor qui doit servir de toile de fond à nos débats. Il ne prétend nullement présenter un tableau exhaustif ni, surtout, définitif de la situation mondiale. Mais il permettra peut-être, par les réactions qu'il provoquera, de dégager le minimum d'accord nécessaire à l'interprétation correcte des problèmes locaux ou régionaux qui intéressent plus directement les participants au Colloque.

 

Les réactions à prévoir sont d'autant plus normales que le point de vue présenté en guise d'introduction sera forcément empreint de subjectivité. Contrairement à une opinion assez répandue, le point de vue de Sirius n'existe pas. Existerait-il, qu'il serait d'ailleurs partiel et falsifié puisqu'il ne pourrait prendre en compte ce qui se passe du côté de la « face cachée de la terre ». Tout observateur est situé, topographiquement, politiquement et idéologiquement, quels que soient ses efforts en vue d'atteindre à l'objectivité. Le seul point commun entre tous les participants réside dans la simultanéité des points de vue. Mais la coïncidence dans le temps ne suffira certainement pas à abolir la diversité des appréciations. Cette diversité constituant une richesse, il importe que les propos émis au début du Colloque ne soient pas traités comme des conclusions mais comme des propositions à débattre.

 

Pourquoi placer ces réflexions sous le vocable de « système » ? La question n'est pas indifférente. Pour qualifier le même exercice, on se serait contenté, autrefois, de parler d'analyse de situation. Dans une certaine mesure, il est vrai que l'utilisation du terme de système constitue une certaine concession à la mode : chacun sait que la théorie des systèmes connaît actuellement une grande vogue, et certains croient pouvoir, en se parant de ce vocable, donner plus de poids à leurs opinions. S'il ne s'agissait que de cela, mieux vaudrait renoncer à l'usage d'un terme qui n'aurait pas d'autre valeur que celle d'une étiquette ou d'une couche de peinture. Dans mon esprit, le terme de système est un outil de travail qui a déjà le mérite de nous dispenser d'utiliser d'autres concepts beaucoup trop ambitieux (comme celui de « société internationale ») ou beaucoup trop vagues (comme celui de « relations internationales »). En dehors de cette vertu négative, le temps de système a l'avantage de nous astreindre à rechercher, dans la confusion que nous offre le spectacle de la réalité, un minimum de cohérence dans la configuration des forces et dans le mode de fonctionnement des relations entre ces forces.

 

A partir de cette incitation, il est possible d'établir rapidement l'existence d'un système international pour mieux analyser ensuite la nature et la signification de la crise qui affecte actuellement la vie de ce système.

 

 

PLAN DE L'ARTICLE

I. La réalité du système mondial

II. La "crise" du système mondial

Conclusion

 

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Le système mondial : réalité et crise

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Auteur(s)
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La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Au cœur des motivations des terroristes de l’État islamique figure la vengeance, contre un Occident vu comme l’héritier du colonialisme, et plus généralement comme agresseur des musulmans. La dimension émotionnelle est donc forte, qui induit la définition d’une identité collective et la déshumanisation de l’adversaire. Si le revanchisme est au cœur du récit djihadiste, il faut démonter sur le long terme ce discours, qui ne disparaîtra pas avec l’emprise territoriale de Daech.

Myriam BENRAAD
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Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.

Hebatalla TAHA Clément THERME
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L’Irak a-t-il jamais pu exister ?

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Né de la décomposition de l’empire ottoman gérée par les impérialismes occidentaux, l’Irak, espace composite, a vu se succéder les régimes sans créer les bases psychologiques et politiques d’un État-nation. Les événements des deux dernières décennies n’ont fait, avec une lourde responsabilité occidentale, que creuser le fossé entre les communautés et les affiliations. L’Irak a-t-il jamais vraiment existé pour ses populations, et les conflits régionaux le laisseront-ils survivre ?

Jolyon HOWORTH
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Irak, le laboratoire permanent

Date de publication
21 décembre 2017
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Si l’on s’en tient à l’adage anesthésiant qui voudrait que les peuples heureux n’aient pas d’histoire, les Irakiens partent d’emblée avec un lourd handicap. Ils forment en effet un peuple saturé d’histoire(s), depuis que la Mésopotamie a tenu lieu de décor aux premières sociétés humaines sophistiquées. La temporalité politique s’y affole, en outre, depuis 15 ans ; les velléités américaines de changer le destin du Moyen-Orient tout entier à partir de l’Irak ayant transformé le pays en laboratoire d’observation in vivo des transitions politiques et des recompositions sociales et communautaires (ethniques, religieuses) du monde arabe. Laboratoire déserté par ses laborantins, et où le protocole expérimental ne tient plus.

Dorothée SCHMID Loulouwa AL-RACHID
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Marcel MERLE, « Le système mondial : réalité et crise », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 octobre 1978.
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