Pauvreté et inégalités à l’horizon 2030
Grâce à une forte croissance économique, la pauvreté tend à baisser au niveau mondial. La tendance est toutefois insuffisante pour éradiquer la pauvreté à l’horizon 2030. Pour ce faire, il faudrait que la croissance augmente encore et que les inégalités se réduisent. Les dimensions non économiques du bien-être, comme l’éducation et la santé, doivent également être prises en compte, ce qui suppose notamment que les États soient en capacité d’investir dans les infrastructures publiques.
Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ont été adoptés par la communauté internationale en 2000. Ils identifiaient alors les buts à atteindre en matière de bien-être et de progrès pour 2015. À cette date, une nouvelle phase de détermination d’objectifs mondiaux a été lancée avec les Objectifs de développement durable (ODD), pour l’horizon 2030. À l’origine, les OMD étaient huit ; le chiffre est passé à 17 pour les ODD. Les ODD ont, en outre, été définis plus précisément par plus de 200 indicateurs. Avantages et inconvénients de cet élargissement du champ d’application ont été discutés dans une publication co-écrite par l’auteur du présent article, Ebrahim Patel et Joseph Stiglitz.
Nous nous intéresserons surtout ici à une partie des ODD, ceux qui touchent à la réduction de la pauvreté et des inégalités. Les progrès réalisés jusqu’à présent seront analysés, et les chances d’atteindre les objectifs fixés pour 2030 évaluées. La réduction de la pauvreté était le but principal des OMD et elle figure toujours au premier rang des ODD. Ainsi, d’ici un peu plus de dix ans, l’extrême pauvreté est-elle censée être complètement éradiquée. Les inégalités de revenus n’étaient pas incluses dans les OMD, mais sont mentionnées explicitement dans les ODD. L’objectif 10.1 prévoit : « D’ici à 2030, assurer progressivement et durablement une croissance des revenus des 40 % de la population les plus pauvres à un rythme plus rapide que celle du revenu moyen national. » Bien entendu, les revenus ne constituent qu’une seule des dimensions du bien-être. Les ODD, comme les OMD, insistent sur des dimensions non économiques, comme la nutrition (ODD2), la santé (ODD3), et l’éducation (ODD4). Ces dimensions seront également évoquées ici, mais on étudiera d’abord les évolutions de la pauvreté en termes monétaires.
La fin de la pauvreté monétaire ?
Quel sera le seuil de pauvreté mondiale d’ici 2030 et au-delà ? La réponse dépend bien entendu de la façon dont on évalue la pauvreté – ce qui à son tour entraîne des questions techniques sur les normes de comparaison des niveaux de vie dans le temps et l’espace. L’ODD 1.1 définit l’extrême pauvreté comme le fait de vivre avec moins de 1,25 dollar par jour, mais à un taux de change à parité de pouvoir d’achat (PPP) et non au taux de change officiel, ce dernier étant sujet aux influences à court terme du marché des devises. […]
PLAN DE L’ARTICLE
- La fin de la pauvreté monétaire ?
- Les inégalités entre et à l’intérieur des États
- Le revenu universel de base en question
- Les dimensions non économiques
Ravi Kanbur est professeur de relations internationales et d’économie à l’université Cornell (États-Unis). Il a occupé différentes fonctions à la Banque mondiale, dont celle d’économiste en chef pour l’Afrique.
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Pauvreté et inégalités à l’horizon 2030
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