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Pauvreté et inégalités à l’horizon 2030

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Politique étrangère, vol. 84, n° 1, 2019
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Grâce à une forte croissance économique, la pauvreté tend à baisser au niveau mondial. La tendance est toutefois insuffisante pour éradiquer la pauvreté à l’horizon 2030. Pour ce faire, il faudrait que la croissance augmente encore et que les inégalités se réduisent. Les dimensions non économiques du bien-être, comme l’éducation et la santé, doivent également être prises en compte, ce qui suppose notamment que les États soient en capacité d’investir dans les infrastructures publiques.

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Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ont été adoptés par la communauté internationale en 2000. Ils identifiaient alors les buts à atteindre en matière de bien-être et de progrès pour 2015. À cette date, une nouvelle phase de détermination d’objectifs mondiaux a été lancée avec les Objectifs de développement durable (ODD), pour l’horizon 2030. À l’origine, les OMD étaient huit ; le chiffre est passé à 17 pour les ODD. Les ODD ont, en outre, été définis plus précisément par plus de 200 indicateurs. Avantages et inconvénients de cet élargissement du champ d’application ont été discutés dans une publication co-écrite par l’auteur du présent article, Ebrahim Patel et Joseph Stiglitz.


Nous nous intéresserons surtout ici à une partie des ODD, ceux qui touchent à la réduction de la pauvreté et des inégalités. Les progrès réalisés jusqu’à présent seront analysés, et les chances d’atteindre les objectifs fixés pour 2030 évaluées. La réduction de la pauvreté était le but principal des OMD et elle figure toujours au premier rang des ODD. Ainsi, d’ici un peu plus de dix ans, l’extrême pauvreté est-elle censée être complètement éradiquée. Les inégalités de revenus n’étaient pas incluses dans les OMD, mais sont mentionnées explicitement dans les ODD. L’objectif 10.1 prévoit : « D’ici à 2030, assurer progressivement et durablement une croissance des revenus des 40 % de la population les plus pauvres à un rythme plus rapide que celle du revenu moyen national. » Bien entendu, les revenus ne constituent qu’une seule des dimensions du bien-être. Les ODD, comme les OMD, insistent sur des dimensions non économiques, comme la nutrition (ODD2), la santé (ODD3), et l’éducation (ODD4). Ces dimensions seront également évoquées ici, mais on étudiera d’abord les évolutions de la pauvreté en termes monétaires.


La fin de la pauvreté monétaire ?


Quel sera le seuil de pauvreté mondiale d’ici 2030 et au-delà ? La réponse dépend bien entendu de la façon dont on évalue la pauvreté – ce qui à son tour entraîne des questions techniques sur les normes de comparaison des niveaux de vie dans le temps et l’espace. L’ODD 1.1 définit l’extrême pauvreté comme le fait de vivre avec moins de 1,25 dollar par jour, mais à un taux de change à parité de pouvoir d’achat (PPP) et non au taux de change officiel, ce dernier étant sujet aux influences à court terme du marché des devises. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • La fin de la pauvreté monétaire ?
  • Les inégalités entre et à l’intérieur des États
  • Le revenu universel de base en question
  • Les dimensions non économiques


Ravi Kanbur est professeur de relations internationales et d’économie à l’université Cornell (États-Unis). Il a occupé différentes fonctions à la Banque mondiale, dont celle d’économiste en chef pour l’Afrique.

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Pauvreté et inégalités à l’horizon 2030

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La France et l'UE en Méditerranée : entre esprit de système et réalités

Date de publication
21 décembre 2020
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La France et la Turquie s’opposent en Méditerranée sur les crises régionales (Libye, Syrie), et la délimitation des eaux territoriales entre Athènes et Ankara. Au-delà de ces oppositions, la France peut-elle mettre en œuvre une stratégie dépassant les échecs des grandes machines diplomatiques des deux dernières décennies (processus de Barcelone, UpM) ? Et l’Union européenne, qui semble décidée à parler d’une seule voix, aidera-t-elle à passer des rêves de systèmes aux coopérations concrètes ?

Jean-François DAGUZAN
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Le Brexit et la fragmentation du Royaume

Date de publication
21 décembre 2020
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Le référendum sur le Brexit a ouvert une division du pays confirmée par les élections de 2019, en dépit de la victoire conservatrice. Le gouvernement central et les régions composantes du Royaume n’ont pas vraiment dialogué durant les négociations avec l’UE. Et les dynamiques d’explosion se renforcent nettement en Écosse, en Irlande, où la question de l’unification est à nouveau posée, voire au pays de Galles. Le système politique est secoué, et la cohésion du pays directement mise en cause.

Kirsty HUGHES
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Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?

Date de publication
21 décembre 2020
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Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.

Robert TOMBS
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La coopération militaire franco-britannique après le Brexit

Date de publication
21 décembre 2020
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Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».

Adrien ABÉCASSIS Jolyon HOWORTH

Comment citer cette étude ?

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Ravi KANBUR, « Pauvreté et inégalités à l’horizon 2030 », Politique étrangère, Articles, Ifri, 29 mars 2019.
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Pauvreté et inégalités à l’horizon 2030