Pour la paix en Palestine
De tous les lieux du monde, Jérusalem est sans doute celui qui parle le mieux au coeur et à l'intelligence de l'homme. Nulle part ailleurs l'esprit ne s'élève plus aisément au-dessus de l'agitation stérile des sectes, de la rivalité des religions et du conflit des nations pour participer à une sagesse dédaigneuse des modes éphémères de la pensée.
C'est qu'il suffit en effet de se placer devant le spectacle de la ville sainte pour embrasser un immense paysage d'histoire. Et dans ce cadre qu'environnent des millénaires, les luttes dans lesquelles s'épuise chaque jour notre civilisation reprennent leur échelle minuscule. Comme du sommet d'une haute montagne d'où l'on apercevrait la source de trois grands fleuves, nous évoquons, en effet, ici, tout à la fois l'histoire d'Israël en Judée, son exil et sa dispersion parmi les nations de l'univers, le triomphe du christianisme sur les ruines de Rome, et enfin l'expansion puissante de l'islam sorti à son tour de ce sol d'Arabie pour conquérir l'Afrique et l'Asie. Tous ces grands événements qui ont déterminé la marche de notre civilisation ont eu leur origine sur cette terre où est né le culte du Dieu unique.
Il est cependant une contradiction qui nous étonne. L'âme qui veut se recueillir à Jérusalem domine tout naturellement à la fois l'histoire et la philosophie du Vieux Monde, et s'élève à considérer l'humanité selon des principes éternels. Comment expliquer alors que la Palestine soit devenue depuis vingt ans une sorte de champ de bataille où se heurtent sans merci deux nationalismes hostiles, celui des Juifs et celui des Arabes ? Comment ne parvient-on pas à réprimer ces troubles marqués depuis deux ans par des attentats journaliers ? Il semble qu'une méditation plus attentive devant les spectacles à la fois tragiques et émouvants qui nous sont offerts en « Terre sainte » pourrait nous aider à découvrir la solution équitable des conflits présents. Peut-on concilier en Palestine les aspirations les plus élevées et les intérêts essentiels des deux peuples que le destin de l'histoire met aux prises sur le sol consacré par les trois grandes religions de l'humanité ? Ou bien l'Europe chrétienne, qui détient encore sur cette terre la puissance, restera-t-elle incapable de faire face à des événements qui, peut-être demain, précipiteront son propre destin ? C'est à cette double question que cette étude voudrait répondre.
PLAN DE L'ARTICLE
- La nouvelle Jérusalem en 1936
- Émeutes et combats (1936-1938)
- Le congrès de Bloudane et la solidarité islamo-arabe
- Les puissances totalitaires, les Juifs et les Arabes
- Les projets de solution
- De Gloria Olivae
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