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Raymond Aron et la théorie des relations internationales

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Politique étrangère, n° 4, hiver 1983
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L'ampleur de l'oeuvre de Raymond Aron a toujours fait le désespoir de ses commentateurs — et de ses disciples. On peut s'attendre à la publication de divers textes inédits ; néanmoins, hélas, cette oeuvre est désormais achevée.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Ce qui devrait permettre d'étudier enfin, en profondeur, la contribution scientifique qu'elle a apportée — de séparer en quelque sorte les deux activités que Raymond Aron a menées de concert et a souvent entremêlées : l'activité proprement journalistique, commentaires d'une actualité qu'il se sentait le devoir d'élucider et d'interpréter, et l'activité du théoricien, philosophe de l'histoire, sociologue des sociétés contemporaines, ou critique de la pensée politique et sociale des grands auteurs.

 

La note qui suit n'a d'autre objet que de résumer brièvement ce qui me semble avoir été la contribution scientifique de Raymond Aron à la théorie des relations internationales. Je ne parlerai donc guère d'ouvrages, ou de parties d'ouvrages, qui relèvent avant tout du commentaire de l'actualité, ni même de ce qui, dans son oeuvre, prend la forme du récit historique (comme la majeure partie de République impériale) ; je ne dirai rien non plus du premier volume de Clausewitz qui appartient au vaste domaine de la critique des grands auteurs. Je ne recommencerai pas non plus l'analyse détaillée de Paix et guerre que j'avais publiée peu après la sortie de ce maître livre.

 

Il n'est pas possible de se livrer à cette étude sans être frappé par l'originalité de l'apport de Raymond Aron. Par rapport aux travaux français antérieurs, avant tout : en gros, jusqu'au début des années 50, la politique extérieure et les rapports entre les États étaient du ressort des historiens, des juristes, dans une moindre mesure des économistes. C'est Raymond Aron qui, dans ce pays, a véritablement créé une discipline autonome des relations internationales, située au carrefour de l'histoire, du droit, de l'économie, mais aussi de la science politique et de la sociologie, et caractérisée par ce que l'on pourrait appeler un ensemble cohérent et rigoureux de questions, qui tendent à rendre intelligibles les règles constantes et les formes changeantes d'un type original d'action : celui que mènent sur la scène mondiale les représentants des unités, diplomates et soldats, autrement dit la conduite diplomatico-stratégique. Les lois et modalités de cette conduite faisaient déjà, à la même époque, l'objet de travaux importants aux États-Unis, et Raymond Aron n'a jamais cessé, dans ses livres et articles, de dialoguer avec ses collègues d'outre- Atlantique (en particulier Hans Morgenthau, l'émigré allemand dont l'influence fut si forte dans son pays d'adoption, à la fois sur les universitaires et sur les praticiens, Henry Kissinger — qui a été l'un et l'autre — tout particulièrement). Mais, par rapport aux spécialistes américains des relations internationales, l'originalité de Raymond Aron éclate aussi : comme nous le verrons, son coup d'oeil est plus vaste, ses constructions sont plus souples (ce qui lui fut parfois reproché par des esprits avides de certitudes...), et ses analyses ont parfois précédé celles d'outre-Atlantique.

 

PLAN DE L'ARTICLE

  • La spécificité des relations internationales
  • Armes nucléaires et dissuasion
  • Morale et stratégie

 

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Raymond Aron et la théorie des relations internationales

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Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Le système mis en place en Pologne par le le parti Droit et Justice (PiS) et la coalition qui le soutient s’appuie sur une communauté émotionnelle autour d’un dirigeant charismatique, et sur des décisions favorisant des classes populaires délaissées par la transition libérale. Le projet autocratique est porteur d’atteintes multiples à l’état de droit. Une certaine « fatigue » pourrait pourtant se manifester aux prochaines élections, confirmant les dernières mobilisations de rue, portées en particulier par la jeunesse.

Georges MINK
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Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir

Date de publication
21 décembre 2021
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Le départ américain négocié avec les talibans, sans le gouvernement de Kaboul, ouvrait la voie à l’Émirat islamique d’Afghanistan, restauré plus vite que prévu. Il faut maintenant gouverner et faire face à de multiples défis : crise économique nourrissant une crise humanitaire, menace de Daech, non-reconnaissance du régime par une communauté internationale divisée, attendant que les promesses d’ouverture se manifestent, sans succès plusieurs mois après le retour d’un régime dominé par les mollahs.

Jean-Luc RACINE
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L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États

Date de publication
21 décembre 2021
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En 2009, une ruée vers l’or a démarré au Soudan. Elle s’est propagée à travers le Sahara jusqu’à atteindre la Mauritanie en 2016. L’orpaillage a d’abord été vu comme une menace, susceptible d’alimenter les conflits et le terrorisme. Une perception plus positive a ensuite émergé, l’extraction du précieux minerai offrant de nouvelles perspectives à des populations marginalisées. L’or est une source de revenus et joue aussi un rôle de soupape politique et sociale pour ces régions instables.

Laurent GAGNOL Rhoumour AHMET TCHILOUTA
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Islam et politique au Sahel

Date de publication
21 décembre 2021
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Depuis une trentaine d’années, le Sahel est le théâtre d’une résurgence islamique, poussée notamment par des groupes salafistes et soufis. Certains acteurs religieux cherchent à islamiser la société par le bas, sans s’engager directement en politique. D’autres, en revanche, aspirent à prendre le pouvoir, soit en s’insérant dans le jeu démocratique, soit par les armes. Les États concernés et les intervenants extérieurs ne réagissent pas de manière uniforme face à cette dynamique religieuse.

Ibrahim YAHAYA IBRAHIM

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Stanley HOFFMANN, « Raymond Aron et la théorie des relations internationales », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 septembre 1983.
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