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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

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Politique étrangère, vol. 84, n° 4, hiver 2019
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Page couverture PE n° 4 2019
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Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

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En 2016, Donald J. Trump a qualifié l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) d’« obsolète », faisant écho au qualificatif utilisé par le général de Gaulle en 1966. Tous deux ont joint le geste à la parole. Charles de Gaulle expulsa les forces américaines stationnées en France, puis retira son pays du commandement militaire intégré de l’OTAN. Un demi-siècle plus tard, Donald Trump critique les dépenses militaires et les pratiques commerciales des États européens, perturbe les sommets internationaux, et fait pression sur ses alliés en proposant des sanctions économiques.


L’OTAN est régulièrement qualifiée de « structure en crise ». Depuis 70 ans pourtant, l’Alliance a déjoué d’innombrables pronostics anticipant son effondrement. Comment expliquer cette longévité en dépit de la récurrence des crises ? Une explication possible est que ces crises sont rarement aussi graves qu’elles le semblent. Charles de Gaulle avait, en son temps, rapidement rassuré les chefs d’État alliés en réaffirmant l’engagement de la France dans l’Alliance. De même, Donald Trump n’a pas tardé à déclarer que l’OTAN « n’était plus obsolète » au vu de ses transformations récentes.


Les déclarations fluctuantes du président Trump révèlent cependant quelque chose de plus profond à propos de la résilience de l’OTAN : sa capacité d’adaptation. La crise observée à l’époque du général de Gaulle provoqua une série de réformes aux niveaux organisationnel et stratégique. Aujourd’hui, l’organisation a plus que doublé le nombre de ses douze membres initiaux, et comprend désormais des États hier parties du Pacte de Varsovie, voire de l’Union soviétique. Par ailleurs, la plus grande et longue opération militaire de l’Alliance s’est déroulée en Afghanistan, loin des frontières géographiques de l’Atlantique Nord.


Les travaux consacrés à l’OTAN fourmillent de déclarations affirmant que l’organisation a perdu sa raison d’être à la suite d’une crise, ou de quelque tournant historique. Mais les arguments avancés ne parviennent pas à saisir la capacité d’adaptation de l’Alliance. Le traité de l’Atlantique Nord, texte fondateur de l’OTAN, proclame une série d’objectifs durables : la paix, la sécurité, la prospérité, le maintien d’instances démocratiques libres. […]


PLAN

  • Comment l’Alliance évolue-t-elle ?
  • Où va l’Alliance, où devrait-elle aller ?
  • Bis repetita ?
  • Ceci n’est pas une crise : période charnière et occasion à saisir


Seth A. Johnston, officier supérieur de l’armée de Terre américaine, est docteur de l’université d’Oxford, et affilié au Belfer Center for Science and International Affairs de l’université Harvard. Il est l’auteur de How NATO Adapts: Strategy and Organization in the Atlantic Alliance since 1950, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2017.

Traduit de l’anglais par Méline Bernard.

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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

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Auteur(s)
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La souveraineté alimentaire ou le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes

Date de publication
22 septembre 2017
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La plupart des pays en développement dépendent des importations pour nourrir leur population. Les politiques libérales impulsées par les organisations financières internationales ont mis à mal l’agriculture traditionnelle au profit de grandes firmes multinationales. Les États du Sud doivent désormais reprendre les choses en main et mettre en œuvre des politiques agricoles volontaristes permettant d’atteindre la souveraineté et la sécurité alimentaires.

Said ALAHYANE
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Quel bilan pour la Politique européenne de voisinage ?

Date de publication
22 septembre 2017
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Avec les élargissements de l’Union européenne de 2004 et 2007, les frontières de l’UE se sont déplacées vers l’est. Dans le cadre de la Politique européenne de voisinage puis du Partenariat oriental, l’UE tente d’entretenir de bonnes relations avec ses nouveaux voisins et de les faire évoluer vers la démocratie libérale. La Russie considère que cette approche menace ses intérêts et fait pression sur les anciennes républiques soviétiques pour qu’elles demeurent dans sa sphère d’influence.

Jakub LACHERT
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Obamacare : genèse, bilan, futur

Date de publication
22 septembre 2017
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L’Affordable Care Act (ACA), plus connu sous le nom d’Obamacare, est une réforme ambitieuse du système de santé américain. Entrée en vigueur en 2010, elle vise d’une part à élargir l’accès à l’assurance santé et d’autre part à réorganiser la distribution des soins. 25 millions d’Américains ont ainsi pu obtenir une assurance santé. Le bilan de cette réforme est néanmoins mitigé. Donald Trump a engagé un processus de retrait de l’ACA. Il n’est toutefois pas certain qu’il parvienne à ses fins.

Thomas RAPP
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Back to the East of Suez? Les Britanniques dans l’océan Indien

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

En décembre 2016, le gouvernement britannique annonçait son retour « à l’est de Suez ». Or, au-delà de l’effet d’annonce, la capacité de Londres à jouer un rôle géopolitique dans la région reste limitée. Londres ne cache pas la priorité qu’elle accorde aux échanges commerciaux, en particulier avec la Chine, au détriment éventuel de l’Inde. Son soft power, en particulier dans le domaine de la formation, lui permet cependant de préserver sa présence hors des jeux de puissance locaux.

Jean-Loup SAMAAN

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Seth A. JOHNSTON, « Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 décembre 2019.
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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur