Dissuasion nucléaire et dissuasion stratégique russes : théorie, doctrine, pratique et perspectives (1993 - 2024)
Dimitri Minic, chercheur au Centre Russie/Eurasie à l'Ifri, docteur en histoire des relations internationales et spécialiste de la pensée et de la culture stratégiques russes, retrace dans un article pour Les Champs de Mars l'histoire théorique, doctrinale et pratique de la dissuasion nucléaire et de la dissuasion stratégique russes.
L’opération militaire spéciale et son échec initial ont remis en cause la pertinence de la dissuasion stratégique russe, à la fois comme concept et comme système, posant ainsi la question du retour de la centralité du nucléaire, caractéristique d’une époque (1990-2000) où l’armée et l’État russes, conscients de la faiblesse des forces conventionnelles du pays et craignant une agression de l’OTAN, avaient théorisé et temporairement intégré à la doctrine l’abaissement du seuil d’emploi de l’arme nucléaire. Si la recherche nous a beaucoup appris sur la façon dont la dissuasion russe était pensée et appliquée, certains pans de cette recherche méritent d’être réexaminés ou approfondis. Un retour aux sources primaires de la théorie et de la doctrine militaires russes permet d’affiner notre connaissance des termes, des principes, des logiques mais aussi des limites de cette dissuasion, pour mieux en éclairer la pratique et en anticiper les possibles débordements.
D. MINIC, "Dissuasion nucléaire et dissuasion stratégique russes : théorie, doctrine, pratique et perspectives (1993 - 2024)", Les Champs de Mars, 2022/2, n°39, pp. 85 - 129, Presses de Sciences Po.
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