L'essor des véhicules électriques en Chine et le défi stratégique pour l'industrie automobile japonaise
L'expansion rapide de la production chinoise de véhicules électriques redéfinit la concurrence mondiale dans le secteur automobile pour les constructeurs européens et japonais. Le Japon, pionnier des véhicules hybrides, peine à transposer ce leadership aux véhicules électriques à batterie (BEV), alors que les constructeurs chinois augmentent rapidement leur production et leurs exportations. Parallèlement, la domination chinoise dans la fabrication de batteries et le traitement des minéraux critiques met en évidence les vulnérabilités de l'industrie automobile japonaise. Ces évolutions créent un double défi : l'intensification de la concurrence sur les marchés des véhicules électriques (VE) et la dépendance persistante vis-à-vis des chaînes d'approvisionnement contrôlées par la Chine.
Titre
L'étude en bref
Les constructeurs chinois font concurrence sur les volumes, les prix, les batteries et les chaînes d'approvisionnement intégrées verticalement, tant sur les marchés matures que sur les marchés émergents.
Cela lui a valu une présence limitée sur le marché chinois des véhicules à énergie nouvelle et l'a exposé à une pression croissante sur les marchés d'exportation.
La position dominante de la Chine dans le domaine des matériaux pour batteries, de la transformation des matières premières critiques (MPC) et de la fabrication de batteries pour véhicules électriques lui confère un avantage stratégique sur la transition automobile mondiale, ce qui accroît la vulnérabilité des constructeurs automobiles étrangers.
Son expérience met en évidence la vulnérabilité liée à la dépendance vis-à-vis des matières premières, mais aussi l'intérêt des stratégies de résilience telles que le recyclage, la substitution, la constitution de stocks et la diversification de la chaîne d'approvisionnement.
Pour préserver son secteur automobile, l'Europe doit associer des mesures de défense commerciale et de soutien à l'industrie à des partenariats renforcés avec des partenaires de confiance tels que le Japon et la Corée du Sud, afin de diversifier les chaînes d'approvisionnement et d'accélérer l'innovation.
L'expérience du Japon est particulièrement pertinente pour l'Europe. À l'instar de l'Union européenne (UE), le Japon abrite une industrie automobile compétitive à l'échelle mondiale, mais arrivée à maturité, qui repose sur les technologies de combustion interne et des chaînes d'approvisionnement internationales complexes. Ces deux entités mènent actuellement la transition vers l'électrification tout en faisant face à une concurrence croissante de la part des constructeurs chinois de véhicules électriques, dont la croissance est fulgurante, et à des risques similaires liés aux chaînes d'approvisionnement en batteries et en minéraux critiques. La réponse apportée par le Japon offre donc des enseignements utiles aux décideurs politiques et aux dirigeants industriels européens confrontés à des défis comparables.
Cette note examine comment le secteur automobile japonais réagit à ces changements. Elle décrit tout d'abord l'expansion de l'industrie chinoise des véhicules électriques et ses implications pour la concurrence mondiale. Elle analyse ensuite la pression concurrentielle à laquelle sont confrontés les constructeurs automobiles japonais sur les marchés des véhicules électriques, ainsi que les vulnérabilités en amont liées aux matériaux des batteries et aux chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques. La dernière partie évalue les stratégies adoptées par les entreprises et les décideurs politiques japonais pour s'adapter à ce paysage en mutation.
>> Cette étude est disponible uniquement en anglais.
Découvrir toutes nos analyses et actualités sur l'Asie et l'Indo-Pacifique.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLe Japon : nouvel acteur stratégique dans l'Indo-Pacifique
Confronté à un triple front autoritaire et nucléaire incarné par la Chine, la Russie et la Corée du Nord, ainsi qu’aux atermoiements de son allié américain, le Japon accélère la normalisation de sa posture de défense. Il investit massivement dans ses capacités militaires et assouplit ses contraintes politico-juridiques afin de mieux assurer sa propre protection, mais aussi de s’affirmer comme un partenaire de sécurité central, crédible et recherché, en Asie comme au-delà. La rhétorique désormais assumée de la Première ministre Sanae Takaichi à l’égard de Pékin illustre cette bascule stratégique.
Crise dans le détroit d’Ormuz : un stress test pour Taïwan aux enjeux globaux
L’opération militaire de grande ampleur menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a entraîné une riposte iranienne ayant provoqué la destruction partielle d’infrastructures de liquéfaction de gaz naturel et une perturbation sévère du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Les économies d’Asie de l’Est – la Corée du Sud, le Japon et Taïwan en particulier – sont fortement exposées à cette crise en raison de leur dépendance aux importations de gaz naturel liquéfié (GNL) pour leur production d’électricité.
Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud : une opportunité historique pour le rapprochement euro-asiatique
Le président Emmanuel Macron effectue une tournée au Japon et en Corée du Sud à un moment où les intérêts entre ces trois pays n’ont jamais été aussi alignés, et plus largement entre l’Europe et les démocraties d’Asie de l’Est.
Afghanistan-Pakistan : la guerre ignorée en marge du conflit au Moyen-Orient
Alors que le Pakistan était historiquement le pays le plus proche du mouvement taliban et qu’il attendait beaucoup de son retour au pouvoir en Afghanistan à l’été 2021, les deux voisins sont pris dans une logique d’escalade depuis l’automne. En octobre 2025, le Pakistan lance pour la première fois des frappes aériennes sur Kaboul. En février-mars 2026 : pendant trois semaines, l’Afghanistan multiplie les assauts terrestres du côté pakistanais de la frontière ainsi que les attaques de drones sur Islamabad et Rawalpindi. Le Pakistan, de son côté, multiplie les frappes aériennes sur les zones frontalières afghanes, ainsi que sur Kaboul et Kandahar. Au vu des dynamiques à l’œuvre aux échelles bilatérale et régionale, les perspectives d’un retour au calme durable paraissent limitées.