Crise dans le détroit d’Ormuz : un stress test pour Taïwan aux enjeux globaux
L’opération militaire de grande ampleur menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a entraîné une riposte iranienne ayant provoqué la destruction partielle d’infrastructures de liquéfaction de gaz naturel et une perturbation sévère du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Les économies d’Asie de l’Est – la Corée du Sud, le Japon et Taïwan en particulier – sont fortement exposées à cette crise en raison de leur dépendance aux importations de gaz naturel liquéfié (GNL) pour leur production d’électricité.
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L'étude en bref
En 2025, 16 % de la production électrique taïwanaise dépendait d'hydrocarbures du Moyen-Orient, et plus de 80 % de l’hélium nécessaire à la fabrication de semi-conducteurs provenait de la région.
L’approvisionnement a été maintenu grâce à la redirection de cargaisons initialement à destination d’autres clients, mais au prix de surcoûts significatifs supportés par les énergéticiens publics.
Réduction de la dépendance au Moyen-Orient au profit du GNL américain, relance du nucléaire et recours ponctuel au charbon pour stabiliser les prix. Les renouvelables, quant à eux, ne bénéficient pas pour l’heure du même effet d’entraînement.
La prise de conscience de cette vulnérabilité devrait justifier l’extension du concept de sécurité énergétique à la sécurité industrielle à Taïwan.
À Taïwan, archipel de 24 millions d’habitants revendiqué par la Chine, cette crise est notable à deux titres. D’une part, elle intervient au moment où le système électrique taïwanais est engagé dans une transformation visant à répondre simultanément à une forte demande en électricité, aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effets de serre, et à une quête de résilience face aux pressions hybrides exercées par la Chine. D’autre part, l’archipel est le leader mondial des semi-conducteurs dits « logiques » à la base des applications d’intelligence artificielle (IA) : toute perturbation de leur production, très intensive en électricité et en hélium, un co-produit de certains champs gaziers, est susceptible d’avoir des répercussions globales.
La crise au Moyen-Orient constitue dans ce contexte un test grandeur nature pour la résilience industrielle et énergétique de Taïwan.
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