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Des classes moyennes en forma(lisa)tion ? Le cas des salariés des télécommunications à Kinshasa

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Études de l’Ifri, avril 2017

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Un changement de perception du continent africain s’est opéré dans les années 2010 pour de nombreux observateurs. L’attention s’est concentrée sur des taux de croissance économique relativement élevés, une forte croissance démographique associée à une expansion urbaine.

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Autant d’indicateurs interprétés comme des promesses d’« émergence » économique aboutissant à de nouveaux marchés potentiels. Les « classes moyennes africaines » sont devenues un enjeu central de ces perspectives, notamment car elles incarnent l’espoir d’une croissance tirée par le marché intérieur et celui d’une certaine « harmonie sociale ». Le thème apparaît dans les rapports des institutions internationales de développement, et se trouve consacré en 2011 par la Banque africaine de développement (BAD) qui annonce sans hésitation l’émergence et l’expansion de classes moyennes en Afrique. 

Afin d’appréhender les dynamiques de ce vaste ensemble contenu dans la catégorie « classe moyenne », il est nécessaire de décrypter des cas d’étude précis. Dans l’optique d’identifier des dynamiques socio-économiques plus repérables, donc plus « prévisibles », cette étude propose de resserrer le point d’entrée de l’analyse, en se concentrant sur un statut professionnel précis, le salariat formel. Cela ne signifie pour autant ni que l’ensemble des salariés du secteur formel appartient à la « classe moyenne », ni que cette dernière soit exclusivement composée de salariés du secteur formel. Les études menées sur les terrains africains ont montré que l’accès à des positions sociales de type classe moyenne est favorisé par la présence d’un revenu stable, qu’il provienne d’une activité formelle ou informelle. Il l’est encore davantage par la combinaison d’activités professionnelles formelles et informelles, réparties entre différents membres du foyer ou cumulées par une même personne. Ainsi, l’idée n’est pas de dresser un panorama des situations sociales intermédiaires mais de questionner les correspondances entre un segment du salariat formalisé et l’accès à un groupe social, et ses résonances avec le débat sur les « classes moyennes » africaines.

Les salariés de la téléphonie mobile sont apparus comme une entrée pertinente pour interroger les correspondances entre salarisation et formation de groupes sociaux intermédiaires. Bien que représentant une part encore minime de la population (part qui a tendanciellement augmenté ces dernières années, notamment avec l’implantation de grands groupes), nous pensons que ces salariés sont significatifs de tendances, de transformations socio-économiques en cours à Kinshasa. Ils ont très probablement déjà un rôle explicatif dans la capacité de la société à se maintenir malgré le contexte de grande pauvreté – notamment par leur capacité de redistribution –, et sont susceptibles de jouer à terme un rôle économique et politique essentiel.

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Des classes moyennes en forma(lisa)tion ? Le cas des salariés des télécommunications à Kinshasa

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Clélie NALLET

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Ancienne Chercheur au Centre Afrique Subsaharienne de l'Ifri

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Afrique subsaharienne
Centre Afrique subsaharienne
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Créé en 2007, le centre Afrique subsaharienne de l’Ifri produit une analyse approfondie du continent africain, de ses dynamiques sécuritaires, géopolitiques, politiques et socio-économiques (en particulier le phénomène d’urbanisation). Le Centre se veut à la fois, via les différentes publications et conférences, un espace de diffusion d’analyses à destination des médias et du public mais aussi un outil d'aide à la décision des acteurs politiques et économiques à l'égard du continent.  

 

 

Le centre produit des analyses pour différents organismes tels que le ministère des Armées, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Agence française de développement (AFD) ou encore pour différents soutiens privés. Ses chercheurs  sont régulièrement auditionnés par les commissions parlementaires.

 

 

L’organisation d’événements de divers formats complète la production d’analyses en amenant les différentes sphères de l’espace public (académique, politique, médiatique, économique et société civile) à se rencontrer et à échanger outils d’analyse et visions du continent. Le Centre Afrique subsaharienne accueille régulièrement des responsables politiques de différents pays d’Afrique subsaharienne. 

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Comment citer cette étude ?

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Clélie NALLET, « Des classes moyennes en forma(lisa)tion ? Le cas des salariés des télécommunications à Kinshasa », Études, Ifri, 5 avril 2017.
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Des classes moyennes en forma(lisa)tion ? Le cas des salariés des télécommunications à Kinshasa