La Californie en 2011 : entre dynamisme et entraves
Potomac Paper, n° 7, juin 2011
L'Etat de Californie connaît un dynamisme économique réel, encouragé par une immigration forte. Traditionnellement, ce dynamisme était renforcé par des investissements publics soutenus, que ce soit en termes d'infrastructures ou d'éducation. Mais depuis quelques décennies, le culte du "moins d'Etat" a entraîné des contraintes toujours plus fortes sur le budget et les services publics de l'Etat. Les populations les plus pauvres sont négligées et le pacte social du Golden State est remis en question.
La Californie a toujours bénéficié d’une image extraordinairement positive. Certains éléments de son succès relèvent du registre affectif : la côte ouest ensoleillée, les people d'Hollywood et plus généralement le souffle de l'aventure. D'autres raisons sont plus mesurables, comme le développement soutenu des technologies de l'information et plus récemment des énergies vertes dans la Silicon Valley.
L'immigration est un autre facteur d'enrichissement pour l'État : les différentes minorités ethniques, qui représentent depuis les années 1990 la majorité de la population californienne, pourvoient à la fois des travailleurs de force et des ingénieurs de pointe. Dans le contexte d'une culture de tolérance et d'ouverture au monde, ils sont plutôt bien acceptés en Californie, où les identités culturelles doubles sont célébrées.
Les dernières décennies ont vu cependant l'apparition de problèmes structurels graves. Jusque dans les années 1970, les institutions de Sacramento levaient des impôts relativement lourds, autorisant une politique d'infrastructures soutenue, qui accompagnait la croissance et renforçait l'unité autour d'un projet commun. Mais une tournure d'esprit différente, dans laquelle prévaut la méfiance envers les institutions, s'est peu à peu imposée. Elle aboutit aujourd'hui à un effritement du pacte social californien. Les signes de cette évolution sont doubles:
D'une part, le refus de l'impôt et l'établissement de règles budgétaires extrêmement strictes, qui entraînent un déficit budgétaire récurrent et étouffent peu à peu les services publics de l'État. Ce déficit est aggravé par une politique sécuritaire anti-récidiviste implacable et coûteuse. Les plus pauvres sont les premiers touchés par cette évolution.
D'autre part, le dérèglement de la pratique politique de l'État, avec des élus devenus peu à peu des apparatchiks partisans et nuisibles ; l'emploi régulier de référendums d'initiative populaire qui entretiennent le populisme ; le tout fondé sur une surreprésentation des citoyens blancs et aisés sur les listes électorales et dans le vote.
Aujourd'hui, la Californie continue à se développer malgré la crise que traversent les États-Unis. Pourtant, l'ensemble de ses problèmes structurels constitue une entrave inutile et dangereuse pour la cohésion sociale. L'élection du démocrate Jerry Brown au poste de gouverneur traduit une certaine prise de conscience des dysfonctionnements et pourrait être le signe de réformes à venir.
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