Politique énergétique russe à l'Est : le casse-tête chinois de Rosneft
Au cours des dix dernières années, la Russie s'est fixé pour objectif stratégique de développer sa politique énergétique à l'Est et de renforcer ses liens pétroliers et gaziers avec la région Asie-Pacifique. Si les relations avec la Chine sont pour l'instant au point mort dans le domaine du gaz, elles ont marqué un net progrès dans celui du pétrole grâce aux efforts de Rosneft, première compagnie pétrolière russe, qui occupe une position privilégiée grâce aux immenses réserves de Sibérie orientale.
Rosneft a bénéficié de prêts octroyés par des banques chinoises pour garantir l'approvisionnement de la Chine en pétrole russe et a plaidé en faveur d'une dérivation vers la Chine de l'oléoduc Sibérie-Pacifique. Elle a largement contribué à l'augmentation des exportations de pétrole russe vers la Chine et a permis à la China National Petroleum Corporation (CNPC) et à Sinopec de prendre part aux activités d'exploration et de production (upstream) en Russie. En outre, elle coopère avec ces entreprises à l'étranger et a vendu une partie de ses actions à la CNPC. Enfin, elle participe aux activités de raffinage et de distribution (downstream) du pétrole en Chine.
Rosneft sert ainsi les ambitions stratégiques du gouvernement, qui entend diversifier ses marchés d'exportation d'hydrocarbures et développer l'exploitation de l'Est du pays, tout en pesant sur la politique énergétique de l'État. En quête d'un statut de multinationale, elle poursuit aussi ses propres objectifs à long terme par le développement de ses activités à l'international, et notamment vers les marchés de la zone Asie-Pacifique. La Chine permet également à Rosneft de dégager des bénéfices commerciaux à court terme : les deux premiers prêts chinois ont permis de financer le rachat de Ioukos, et Rosneft envisage maintenant de lever des fonds pour l'acquisition de TNK-BP. Les ambitions commerciales de Rosneft sont-elles compatibles avec les objectifs à long terme de la Russie, alors qu'elles placent le pays sous la dépendance de la Chine ?
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Politique énergétique russe à l'Est : le casse-tête chinois de Rosneft
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa Russie, les Palestiniens et Gaza : ajustements après le 7 octobre
L'Union soviétique (URSS), puis la Fédération de Russie en tant que successeur légal internationalement reconnu, ont toujours cherché à jouer un rôle visible dans les efforts visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.
La « Deathonomics » russe : coûts sociaux, politiques et économiques de la guerre en Ukraine
La présente Note analyse l’apparition d’un phénomène nouveau pour la société russe, désigné sous le terme d’« économie de la mort » (Deathonomics). Il s’agit de la formation, au cours des années de guerre en Ukraine, d’une force mercenaire venue compléter les systèmes soviétique (la conscription) et russe (l’armée professionnelle) au sein des forces armées. Vers la fin de l’année 2023, ce phénomène a conduit à faire du service militaire l’un des domaines d’activité les mieux rémunérés, ce qui n’avait pas été observé en Russie à une telle échelle depuis la fin du XVIIe siècle.
La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne
La guerre russo-ukrainienne, déclenchée le 24 février 2022, s’est rapidement internationalisée. La Russie et l’Ukraine se sont très vite efforcées de mobiliser leurs alliés afin d’obtenir un soutien politique et diplomatique, ainsi que des ressources militaires et économiques. Mais les deux belligérants ont aussi cherché à recruter des étrangers à titre privé pour soutenir leurs efforts de guerre respectifs. Cette politique est globale et s’étend de l’Amérique latine à l’Extrême-Orient. L’Afrique subsaharienne, dans ce panorama, présente un intérêt particulier car elle constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible, en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone conjugués à un important désir d’émigration.
Le Kazakhstan après le double choc de 2022. Conséquences politiques, économiques et militaires
L’année 2022 a été marquée par un double choc pour le Kazakhstan : en janvier, le pays a connu la plus grave crise politique depuis son indépendance, et en février, la Russie a lancé une invasion à grande échelle de l’Ukraine, remettant en question les frontières entre les pays post-soviétiques. Ces événements successifs ont eu un impact profond sur la politique intérieure et extérieure du Kazakhstan.