Faut-il avoir peur d'une guerre nucléaire ?
Le nucléaire est-il en train de redevenir l'arme centrale du XXIᵉ siècle ? Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, la dissuasion nucléaire est redevenue un sujet du quotidien. Menaces russes plus ou moins voilées, frappes américaines et israéliennes contre les installations iraniennes, augmentation de l'arsenal chinois, et, côté français, ce discours d'Emmanuel Macron du 2 mars 2026, devant un sous-marin lanceur d'engins, qui annonce que huit pays européens acceptent le principe d'une "dissuasion avancée". En quelques années, le tabou est tombé — et avec lui, peut-être, une partie de la grammaire patiemment construite depuis 1945.
Pour démêler tout cela, Pierre Haski a reçu Héloïse Fayet, chercheuse au Centre des études de sécurité de l'Ifri, où elle dirige le programme "Dissuasion et prolifération". Passée par le ministère des Armées et enseignante à Sciences Po et à l'IHEDN, elle est aujourd'hui l'une des voix françaises les plus écoutées sur ces questions.
Ensemble, ils ont cherché à répondre à une série de questions qui dépassent largement le champ militaire :
— Sommes-nous entrés dans un "troisième âge nucléaire", et qu'est-ce qui le distingue de la Guerre froide ?
— Que faut-il vraiment penser des gesticulations de Dmitri Medvedev, et à quel moment Moscou a-t-il sérieusement envisagé d'employer une arme tactique en Ukraine ?
— Que signifie concrètement la "dissuasion avancée" proposée par la France à ses voisins européens — et peut-elle suppléer, un jour, le parapluie américain ?
— Pourquoi les candidats les plus sérieux à la prolifération ne sont pas nos adversaires, mais nos alliés : Corée du Sud, Arabie saoudite, jusqu'à la Pologne ?
— Que reste-t-il du dossier iranien après les frappes de 2025 et 2026, et un nouvel accord est-il encore possible ?
— Et cette fameuse "bombe IA" dont parlent les manifestes de la tech américaine : mythe ou réalité ?
Une conversation pour comprendre ce que recouvre vraiment, en 2026, la formule désormais banale de "menace nucléaire" — et pourquoi l'élection présidentielle française de 2027 pourrait, qu'on le veuille ou non, se jouer aussi sur ce terrain.
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