Artemis II : le retour des humains vers la Lune
Le premier vol habité à destination de notre satellite naturel depuis 1972 devrait avoir lieu à partir de février. Ce deuxième volet du programme Artemis de la Nasa sera une répétition générale avant la mission suivante qui verra l'alunissage d'astronautes.
De la Floride à la Californie en passant par… la Lune ! Tel est le fabuleux voyage que s'apprêtent à réaliser les astronautes de la mission Artemis II, premier vol habité à destination de notre satellite naturel depuis plus d'un demi-siècle. Au moment où nous écrivions ces lignes, l'agence spatiale américaine n'avait pas encore communiqué de date précise pour le décollage, la fenêtre de tir s'ouvrant le 5 février pour s'achever "au plus tard en avril ", assurait la Nasa. Tout semblait fin prêt, en tout cas, pour la mise en route du deuxième volet du programme Artemis - celui qui doit acheminer quatre membres d'équipage en orbite lunaire lors d'un périple de dix jours, afin de préparer les missions ultérieures dont Artemis III, prévue pour le moment en 2028 avec l'alunissage d'astronautes sur la surface grisâtre et inhospitalière de l'astre de nuit.
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Baptisé Artemis en référence à la déesse grecque associée à la Lune et sœur d'Apollon, ce programme qui remet l'astre de la nuit sur le devant de la scène vise à fournir, "après les renoncements et arbitrages jugés ambigus de l'administration précédente, des objectifs clairs et concrets à la politique spatiale américaine ", explique Paul Wohrer, Responsable du Programme Espace de l'Institut français des relations internationales. "L'idée est de créer une nouvelle dynamique, une mobilisation de tous les acteurs du domaine ", analyse le chercheur.
La Nasa est le fer de lance et principal pivot de cette politique. "Le projet doit associer les grands groupes de l'industrie spatiale américaine, anciens comme nouveaux, tout en développant des coopérations avec les alliés traditionnels des États-Unis, tels le Canada et l'Europe, ainsi que des accords internationaux sur l'exploration future de la Lune ", ajoute Paul Wohrer.
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Par ailleurs, même si Artemis est plus ambitieux qu'Apollo, il ne bénéficie pas du même soutien financier. Apollo avait coûté en effet l'équivalent de près de 300 milliards de dollars, contre 93 jusqu'ici pour Artemis. Alors que la Nasa absorbe actuellement 0,5 % du budget fédéral, ce pourcentage s'élevait à 4,5 % au moment d'Apollo, "ce qui représente un effort énorme ", relève Paul Wohrer.
Le contexte international était certes très différent. Lorsque le président John F. Kennedy déclara, en mai 1961, que les États-Unis devaient envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie, ceux-ci s'étaient engagés dans une bataille existentielle et idéologique contre le bloc communiste. "Or en 1957, l'Union soviétique avait lancé le premier satellite artificiel dans l'espace, Spoutnik, puis réalisé avec Youri Gagarine le premier vol spatial habité en avril 1961 ", rappelle Paul Wohrer. Face à ces succès considérés comme des symboles très forts de la supériorité technologique de l'URSS, Apollo visait ainsi à restaurer le prestige international des États-Unis et leur soft power. C'est aujourd'hui la Chine qui apparaît comme leur grand rival.
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>> Pour aller plus loin, consultez également l'Étude de Paul WOHRER consacrée aux Narratifs Spatiaux
>> Retrouvez l'article en intégralité sur le site de Sciences et Avenir
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