La relation franco-allemande à l'épreuve après l’échec du projet d'avion de combat commun
Le conseil des ministres franco-allemand doit tirer les leçons de l’abandon du Scaf, le projet d’avion de combat européen du futur, au moment où la France regarde avec un peu d’agacement l’Allemagne investir massivement pour se doter de la première armée conventionnelle en Europe.
Le conseil des ministres franco-allemand qui se tient vendredi à Brühl, près de Cologne, tentera de faire oublier le fiasco du Scaf, le projet d’avion de combat européen du futur qui s’est crashé à la suite de désaccords industriels et politiques. Cet abandon incarne les errements de la coopération militaire entre la France et l’Allemagne, au moment où l’accélération du réarmement de l’Europe entraîne une hausse des importations au profit des États-Unis.
Le prochain test majeur de la coopération industrielle franco-allemande sera l’avenir du char commun du futur qui doit remplacer les chars Leclerc français et Leopard 2 allemand.
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Il y a un risque de dommage collatéral mais un accord de gouvernance a été trouvé au sein de KNDS, l’entreprise franco-allemande qui pilote le projet. Je suis raisonnablement optimiste même si l’Allemand Rheinmetall cherche à tirer à lui l’ensemble du projet comme Dassault a essayé de le faire pour le Scaf.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
La France et l’Allemagne sont en revanche sur la même longueur d’onde sur le projet de participation de pays européens à une « dissuasion nucléaire avancée » annoncé par Emmanuel Macron le 2 mars dernier.
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C’est quelque chose de cohérent parce que du côté allemand, cela ne remplace pas la dissuasion nucléaire au sein de l’Otan. C’est complémentaire.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
Un décrochage entre la France et l’Allemagne
La France regarde avec un peu d’agacement les énormes investissements de l’Allemagne qui veut porter son budget militaire à 183 milliards d’euros en 2030, plus du double de celui de l’Hexagone. « Le décrochage est possible », reconnaissait le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, en mai dernier au Sénat. « Les Allemands prévoient de dépenser trois fois plus que la France chaque année. Au bout de cinq ans, le différentiel sera frappant. »
L’Allemagne sera bientôt dotée de la première armée conventionnelle en Europe.
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La France s’inquiète surtout car elle se regarde en miroir dans l’Allemagne et elle voit qu’elle n’est plus du tout au niveau. Si on est cohérent, le fait que les Allemands investissent massivement c’est plutôt une bonne nouvelle pour la défense européenne.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
« Un niveau de confiance unique dans le monde »
La relation franco-allemande est loin d’être à bout de souffle, selon le chercheur. « C’est une coopération d’un niveau de confiance qui n’existe entre aucuns des autres pays dans le monde. Cela n’empêche pas les frictions mais c’est quelque chose de structurant », assure-t-il.
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