À Toulon, la voie étroite pour relancer le moteur franco-allemand
Le conseil des ministres franco-allemand qui se tient à Toulon ce vendredi 29 août a pour ambition de lisser les divergences entre Paris et Berlin pour dégager une unité de vue dont l’Europe a grand besoin. Mais des dossiers industriels, commerciaux et énergétiques mettent du sable dans les rouages.
Après les mots d’amour, c’est l’heure des preuves d’amour pour le couple franco-allemand. Ce vendredi 29 août se tient à Toulon le 25e conseil des ministres franco-allemand, cadre de coopération bilatéral se réunissant une ou deux fois chaque année. Il s’agira du premier exercice du genre pour le chancelier Friedrich Merz, réputé francophile, et dont l’investiture en mai a relancé les espoirs de convergence entre Paris et Berlin, après la mésentente des années Olaf Scholz. Une convergence d’autant plus nécessaire pour relever les défis économiques et géopolitiques considérables auxquels fait face l’Europe.
Pour les deux capitales, qui ont fait assaut d’amabilités depuis l’élection de Friedrich Merz en mai, il s’agit de démontrer leur capacité surmonter leurs désaccords. Et la liste des dossiers à aborder a de quoi donner le tournis à la vingtaine de ministres qui se réuniront, vendredi au bord de la Méditerranée, après une rencontre entre le chancelier et Emmanuel Macron, jeudi soir au fort de Brégançon.
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« L’objectif est de concrétiser le “reset” franco-allemand. Il y a énormément de sujets sur lesquels il s’agit de travailler : l’économie, la compétitivité, le commerce, l’énergie, la défense, la coordination du soutien à l’Ukraine, la relation avec les États-Unis… », énumère Marie Krpata, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri). La France et l’Allemagne se voient un peu comme un laboratoire d’idées pour l’Europe. Si Paris et Berlin s’entendent, c’est de bonne disposition pour l’aboutissement d’initiatives au niveau européen. »

Chercheuse, Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l'Ifri
Mais si la volonté d’avancer est réelle, les obstacles le sont tout autant. La question commerciale pose un premier problème. L’économie allemande est dépendante des exportations et compte sur l’accord avec le Mercosur pour diversifier ses débouchés. Un accord auquel la France s’oppose, en l’état.
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Cet article est publié sur le site La Croix (réservé aux abonnés).
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