La France, l'Allemagne et l'Europe : Perspectives 2, Quel avenir ? Relations franco-allemandes et PESD
Paris : Ifri, 2004. - 53 p. (Notes de l'Ifri, n° 56)
Une réflexion sur l'avenir des relations franco-allemandes et de la PESD.
Alors que depuis l'automne 2002, le 'vieux' moteur franco-allemand semble avoir impulsé une nouvelle dynamique politique européenne, sa légitimité est de plus en plus remise en question par les autres États membres, de plus en plus critiques à l'égard du bilatéralisme franco-allemand, notamment en matière de politique étrangère et de sécurité. De fait, l'Union européenne des 25 se trouve devant un dilemme, tout comme l'Allemagne et la France. Alors qu'une mésentente entre Paris et Berlin peut bloquer toute évolution de l'Union, les autres États membres opposent néanmoins une vive résistance lorsque les deux pays affichent constamment leur accord sur la politique européenne et font valoir leur poids démographique.
Ceci peut être un obstacle sérieux à l'intégration et une menace véritable et durable pour le dégagement d'une majorité autour de la France et de l'Allemagne. La position adoptée par celles-ci dans la crise irakienne et leurs initiatives communes pour façonner aussi bien la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) que la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) ont mis en lumière ces contradictions. Aussi, la pérennité du leadership franco-allemand et le dégagement d'une majorité autour de Paris et Berlin impliquent-ils que l'Allemagne et la France fondent la PESD sur une base trilatérale permanente associant le Royaume-Uni. Le succès de cette trilatéralisation de la coopération dépend largement de l'existence de relations constructives avec les États-Unis. La majorité des pays membres de l'Union européenne (en particulier les autres 'grands États') n'accepteront et ne légitimeront le développement de la PESD que si celle-ci s'appuie sur un compromis entre Berlin, Londres et Paris.
Martin Koopmann est responsable du programme France/Relations franco-allemandes de la DGAP.
Hans Stark est secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri.
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