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COVID-19 : géopolitique de l'immunité collective

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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Page couverture PE n° 2 2021
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La vaccination de masse contre le COVID-19 fait apparaître plusieurs groupes de pays : les pays riches à vaccination rapide ; les pays concepteurs et producteurs de vaccins mais ne privilégiant pas la vaccination de leur population ; les pays plus pauvres qui n’atteindront l’immunité collective qu’en 2022 ou 2023. Le choix des vaccins constitue également un marqueur différenciant. La recherche de l’immunité collective par le vaccin dessine ainsi une véritable hiérarchisation géopolitique du monde.

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« Vacciné : ne fréquenter que des personnes vaccinées. »
Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues.


La perspective d’une guerre courte contre la pandémie de COVID-19 s’est vite dissipée. L’horizon du « jour d’après » a toujours été celui de l’immunité collective contre le virus : par la contamination quasi générale ou par la vaccination de la majeure partie de la population. Le développement inattendu de vaccins efficaces a rendu réaliste le scénario d’immunisation collective de l’humanité par la vaccination.


L’apparition et la diffusion de variants plus contagieux, ou menaçant l’immunité acquise naturellement ou par la vaccination, rehaussent le seuil de l’immunité collective et en perturbent la progression. Mais pas plus que les aléas de la production et de la distribution des vaccins, ou les hésitations des autorités sanitaires et les réticences des populations (focalisées jusqu’ici sur le vaccin AstraZeneca), elles n’invalident l’hypothèse d’une sortie de crise par la vaccination.


Dès les débuts de la pandémie, l’Assemblée mondiale de la santé a reconnu l’immunisation comme un « bien public mondial ». Pour autant, la sortie de la pandémie promet d’être très westphalienne, contrastée d’un continent et d’un pays à l’autre, en fonction de la précocité de la vaccination et du choix des vaccins, divisant le système international en une double tripartition et créant des défis diplomatiques durables. […]


PLAN

  • Dès la fin de l’année 2021 et pour les deux à trois prochaines années, l’inégale précocité de la vaccination de masse partagera le monde en trois catégories de pays
     - La première catégorie comprend les États-Unis, le Royaume-Uni, les membres de l’Union européenne et des pays à haut revenu qui, souvent durement frappés par la pandémie, ont privilégié la vaccination rapide de leur population
     - Une deuxième catégorie se compose des pays dotés d’une capacité de développement et de production nationale mais qui n’auront pas voulu ou pas pu vacciner dans l’immédiat leur population à hauteur du seuil de l’immunité collective
     - La troisième catégorie se compose principalement de pays à revenu intermédiaire et de pays pauvres, qui ne devraient atteindre le seuil d’immunité collective qu’en 2022, voire 2023
  • Un second partage, déterminé par le choix du vaccin, sépare les pays en trois groupes
     - Une majorité de pays a choisi des vaccins produits par des firmes américaines ou européennes
     - La Russie et la Chine, et les pays proches de ces dernières, ont privilégié les vaccins de firmes russes ou chinoises
     - Dans le reste du monde, la vaccination reposera principalement sur les vaccins des firmes occidentales


Patrick Allard est consultant permanent auprès du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS), du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

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COVID-19 : géopolitique de l'immunité collective

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Auteur(s)
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Qui a tué Dag Hammarskjöld ? Sisyphe à New York

Date de publication
22 décembre 2019
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En pleine crise du Katanga, le secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld trouve la mort dans un accident d’avion en septembre 1961. On rend ici compte d’une enquête menée dans les archives sur une éventuelle implication de responsables ou de services français. Rien ne semble la prouver. De même, le rapport rendu au secrétaire général de l’ONU en 2019 ne permet pas de conclure à l’assassinat, même si une conclusion définitive n’est pas possible, l’ensemble des hypothèses demeurant donc ouvert.

Maurice VAÏSSE
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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

Date de publication
22 décembre 2019
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Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

Guillaume BEAUD
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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

Date de publication
22 décembre 2019
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Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

Seth A. JOHNSTON
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Faut-il créer une agence de renseignement européenne ?

Date de publication
22 décembre 2019
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Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.

Eric MECHOULAN

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Page couverture PE n° 2 2021
Patrick ALLARD, « COVID-19 : géopolitique de l'immunité collective », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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COVID-19 : géopolitique de l'immunité collective