TISA, TTIP : comment négocier au nom de l'Europe ?
La manière dont les mandats de négociation sont octroyés à la Commission pour mener les négociations de l’Union européenne en matière commerciale fait d’elle un négociateur particulier.
La publicité donnée aux instructions de négociation tend à en diminuer la valeur et à reporter le vrai mandat sur des instructions orales complexes à interpréter. Le contenu des mandats dévoilés fin 2014 et début 2015 montre une Commission concentrée sur des objectifs offensifs larges, au détriment de ses « lignes rouges ».
Emmanuel Vivet, ancien expert détaché à la Commission européenne, est le coordonnateur de l’ouvrage Négociations d’hier, leçons pour aujourd’hui (Bruxelles, Larcier, 2014) et membre associé de l’Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation (IRENÉ).
Aurélien Colson, professeur de science politique à l’ESSEC, est directeur de l’IRENÉ (Paris, Singapour, Bruxelles) et expert auprès de la Commission européenne.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Plan de l’article
Un monde bruxellois habitué à la transparence
Toute négociation a besoin de discrétion
Le contenu des mandats de la Commission
Des instructions écrites formulées de manière souple
Des instructions orales complexes à interpréter
Les spécificités de la Commission comme négociateur international
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa stratégie régionale de l’Iran : entre Realpolitik et révolution
L’Iran est engagé dans différents conflits régionaux. L’influence de Téhéran est de plus en plus contestée par des mouvements nationalistes, comme l’illustrent les manifestations anti-iraniennes en Irak. La population iranienne est elle aussi de plus en plus critique à l’égard de la stratégie régionale de ses dirigeants. Ces derniers sont d’ailleurs divisés : le président Rohani fait figure de pragmatique, tandis que le Guide suprême cherche avant tout à préserver l’héritage de la révolution islamique.
Une révolution est-elle possible au Liban ?
Depuis le 17 octobre 2019, la colère gronde au Liban. Accablés par les impôts, l’inflation, l’incompétence des gouvernants, l’injustice sociale et la corruption, les manifestants crient leur révolte. Leur détermination se heurte toutefois à une classe politique résolue à garder le pouvoir. Un bouleversement politique est-il possible au Liban, au regard de l’histoire du pays, du fonctionnement de ses institutions, et du caractère composite de la société libanaise ?
Sur le Brexit et une « nouvelle AELE »
Plusieurs pays européens ne veulent ou ne peuvent pas rejoindre l’Union européenne (UE). Le Royaume-Uni pourrait devenir leur chef de file en donnant une nouvelle impulsion à l’Association européenne de libre échange (AELE). Une bonne articulation entre l’UE et l’AELE permettrait une unification historique du continent. Des États importants comme l’Ukraine et la Turquie seraient intégrés à cette architecture. Un tel projet entraverait les visées russes dans les marges orientales de l’Europe.
Un autre front nippo-coréen : la querelle des drapeaux
Le Japon entretient des rapports tendus avec ses voisins asiatiques. Les relations entre Tokyo et Séoul sont particulièrement dégradées. La mémoire de l’occupation de la Corée pendant la période impériale japonaise est encore vive. Les tensions se sont notamment cristallisées sur le symbole du soleil levant, encore utilisé par les armées japonaises. Cet emblème est aussi prisé de certains supporters dans les compétitions sportives et pourrait poser problème lors des Jeux olympiques de Tokyo.