TISA, TTIP : comment négocier au nom de l'Europe ?
La manière dont les mandats de négociation sont octroyés à la Commission pour mener les négociations de l’Union européenne en matière commerciale fait d’elle un négociateur particulier.
La publicité donnée aux instructions de négociation tend à en diminuer la valeur et à reporter le vrai mandat sur des instructions orales complexes à interpréter. Le contenu des mandats dévoilés fin 2014 et début 2015 montre une Commission concentrée sur des objectifs offensifs larges, au détriment de ses « lignes rouges ».
Emmanuel Vivet, ancien expert détaché à la Commission européenne, est le coordonnateur de l’ouvrage Négociations d’hier, leçons pour aujourd’hui (Bruxelles, Larcier, 2014) et membre associé de l’Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation (IRENÉ).
Aurélien Colson, professeur de science politique à l’ESSEC, est directeur de l’IRENÉ (Paris, Singapour, Bruxelles) et expert auprès de la Commission européenne.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Plan de l’article
Un monde bruxellois habitué à la transparence
Toute négociation a besoin de discrétion
Le contenu des mandats de la Commission
Des instructions écrites formulées de manière souple
Des instructions orales complexes à interpréter
Les spécificités de la Commission comme négociateur international
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?
Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.
Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation
Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.
Stratégie et liberté d’action
Préserver, accroître sa liberté de décider et de faire : c’est le cœur de la stratégie, art de l’agir. Les degrés de liberté d’action constituent une véritable monnaie stratégique, qui se réduit ou croît au fil de la relation avec l’adversaire. Cette monnaie doit être dépensée, l’abstention diminuant la capacité à agir ; mais elle n’existe que par les moyens concrets dont dispose le stratège. Cette liberté d’action est centrale à tous niveaux des stratégies, et pour toutes les stratégies.
Nouvelles liaisons ferroviaires chinoises : une entreprise stratégique
Depuis 2011, le fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe s’est rapidement développé, et a connu une relance spectaculaire avec le projet Belt and Road Initiative. On assiste aujourd’hui à une rapide expansion des volumes, des services proposés, le tout accompagné par la définition et la mise en œuvre de nouvelles infrastructures ferroviaires, en Russie, en Chine, vers l’Asie du Sud-Est, l’Iran ou le Pakistan. Ce développement, qui doit être nuancé, constitue-t-il un outil stratégique pour la Chine ?