Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Le débat sur une OTAN globale

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 74, n° 4, 2019
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009
Accroche

Le débat sur la « globalisation » est au cœur des échanges sur le nouveau concept stratégique. Il s’inscrit dans ce qui apparaît depuis 1994 comme une dynamique continue d’élargissements, des membres et des missions. Il renvoie également aux diverses lectures possibles de la réalité géopolitique présente : menaces globales, ou menaces rémanentes en Europe ? Il pose enfin une question morale : pourquoi et dans quelle circonstances l’Alliance est-elle légitime à user de sa force militaire ?

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Le débat sur « l’OTAN globale » est arrivé à un tournant intellectuellement décisif, et il devra bientôt trouver une solution, le moment étant critique pour le choix de l’orientation future de l’organisation. Depuis le sommet de Bruxelles de 1994 qui a mis l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) de l’après-guerre froide sur le chemin de l’élargissement, le débat sur le rôle à venir de l’Alliance dans le monde a accompagné toutes ses décisions significatives. Tout comme la dissuasion nucléaire, l’OTAN fonctionne mieux en pratique qu’en théorie. L’Alliance elle-même, ses activités, fonctionnent en réalité via des arrangements ad hoc qui peuvent jusqu’à un certain point transcender les contradictions logiques et les anomalies de sa position. À peu de chose près, c’est ainsi que s’est développé le débat sur l’« OTAN globale » ; quelques assertions contradictoires sur la théorie selon laquelle l’OTAN devrait, ou pourrait agir mondialement, et, pratiquement, des choix politiques divers, réaffirmant la mission essentielle de l’OTAN en Europe, tout en l’engageant dans l’opération hors zone la plus périlleuse qu’on eût pu imaginer en 1994.

Il serait toutefois dangereux de considérer que cette question pourrait longtemps encore demeurer sans réponse. Avec 16 membres en 1994, l’OTAN représentait encore une opinion essentiellement ouest-européenne et nord-américaine. Avec 28 membres aujourd’hui, elle est devenue une organisation nettement plus paneuropéenne, embrassant un éventail d’intérêts de sécurité bien plus large. L’Alliance est aujourd’hui plus unie autour de valeurs et d’intérêts de long terme qu’autour de choix politiques et de besoins de sécurité immédiats, comme c’était hier le cas. L’Alliance concerne aujourd’hui environ 900 millions de citoyens, qui représentent 45 % du produit intérieur brut (PIB) mondial (mais seulement 13 % de la population du globe). Les nations membres de l’OTAN ont donc certes des intérêts mondiaux, mais il est tout aussi clair que le consensus est plus difficile à réaliser à 28.

Sous sa forme élargie, l’Alliance doit désormais définir un nouveau concept stratégique, 10 ans après l’adoption du dernier à Washington, en 1999. Celui-ci décrivait alors une Alliance prête à soutenir des opérations menées au nom des Nations unies, mettant « pleinement à profit » un tel partenariat pour éviter ou désamorcer les crises où qu’elles surgissent [1]. Un choix qui pouvait alors apparaître comme un engagement naturel au service de la stabilité internationale. Depuis lors, l’Alliance a vécu les attaques du 11 septembre et l’invocation concomitante de l’article 5 du traité de Washington, des conflits en Irak et en Afghanistan, la montée d’un leadership plus raide à Moscou, une guerre en Géorgie, et la crise économique mondiale. Tous événements susceptibles de fondamentalement modifier l’équation de sécurité des sociétés européennes et transatlantiques. Un renouveau des conceptions générales de la sécurité transatlantique et du rôle que peut y jouer l’OTAN se fait attendre depuis trop longtemps. Le nouveau concept stratégique tentera, dans l’année qui s’ouvre, d’apporter quelques réponses. Qu’il le fasse de manière satisfaisante ou non, la question du rôle de l’OTAN dans un contexte stratégique élargi – l’idée de « l’OTAN globale » – doit être envisagée vite, et clairement, tant par les experts que par les décideurs des pays de l’Alliance. [...]

 

PLAN DE L’ARTICLE

  • La dynamique des choix de l’Alliance depuis 1994
  • La dimension géopolitique
  • La dimension éthique
  • Le dilemme afghan


Michael Clarke est directeur du Royal United Services Institute for Defence and Security Studies (RUSI) de Londres. Jusqu’en 2007, il a été directeur du développement de la recherche au King’s College, où il était professeur invité pour les études de défense, et où il a fondé, puis dirigé, l’International Policy Institute (2001-2005).


Texte traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Thomas Richard.

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Thématiques analyses

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Le débat sur une OTAN globale

Decoration
Auteur(s)
Image principale

La démocratie israélienne à l’épreuve de Netanyahou

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

D’avril 2019 à mars 2020, les Israéliens ont dû voter à trois reprises pour désigner leurs représentants à la Knesset. Ce cycle électoral inédit, dû à l’incapacité de la classe politique à s’accorder sur la formation d’un gouvernement, a pris fin avec l’accord conclu entre Benny Gantz et Benyamin Netanyahou. Ce dernier, bien que fragilisé par les affaires, conserve son poste de Premier ministre. Sa longévité est remarquable mais sa pratique brutale de la politique risque de laisser des traces.

Denis CHARBIT
Image principale

Sortir de l’impasse euro-américaine

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Les divergences euro-américaines sur la sécurité du Vieux Continent sont tout sauf nouvelles : mais elles s’aggravent avec les tentations d’éloignement américaines, et avec l’impuissance européenne, qui se manifeste devant chaque crise. L’Europe ne pourrait s’affirmer comme puissance stratégique que si ses membres s’accordaient sur une analyse de leurs environnements et de leurs intérêts, et en négociant avec les États-Unis un nouveau partage de compétence dans l’Alliance atlantique.

Jolyon HOWORTH
Image principale

La ville, champ de bataille d’hier à demain

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Historiquement, les guerres se sont davantage déroulées autour des villes que dans les villes. La zone urbaine est devenue un champ de bataille moderne à partir des années 1930. Elle agit comme un égalisateur de forces entre les armées les plus avancées et les groupes non-étatiques moins bien équipés, comme l’a encore montré récemment la bataille de Mossoul. L’emploi des robots militaires est amené à se développer et leurs impacts sur les conflits sont difficiles à anticiper.

Pierre SANTONI
Image principale

Les smart cities : ambitions chinoises à l’heure du COVID-19

Accroche

La Chine développe et exporte des technologies présentées comme indispensables à la sécurité et au bon fonctionnement des villes modernes. Vidéosurveillance, reconnaissance faciale, drones et robots font partie de l’arsenal de ces agglomérations hyperconnectées. Le COVID-19 a été l’occasion pour Pékin de promouvoir les technologies chinoises et renforcer leur utilisation en milieu urbain. Plus que jamais, la Chine ambitionne de devenir le leader mondial des smart cities.

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009
Michael CLARKE, « Le débat sur une OTAN globale », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 décembre 2009.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009

Le débat sur une OTAN globale