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Quel avenir politique pour le Mali ?
Au moment des indépendances africaines, les élites locales n’ont pas véritablement envisagé d’autre modèle d’organisation politique que l’État, importé par les colonisateurs. Sans même parler de la problématique des frontières héritées de la colonisation, ce modèle est aujourd’hui à bout de souffle dans plusieurs pays. Le Mali en est un exemple patent. Or d’autres formes d’organisation politique peuvent être imaginées et mises en œuvre, en s’inspirant d’exemples historiques et traditionnels.
Sociétés pastorales et État au Mali : histoire d’un hiatus
L’héritage colonial français, repris par l’État malien indépendant, a plaqué sur une société malienne très diverse les structures d’un État surplombant, étranger aux modes d’organisation des sociétés pastorales, qui constituent une part importante de la population du pays et de la région. Il est sans doute temps d’abdiquer ce paradigme occidental pour aller vers des modes d’organisation politique plus souples, prenant en compte la diversité des sociétés et des organisations politiques.
Mali : quelle réforme du secteur de la sécurité ?
Les réformes du secteur de sécurité (RSS) entreprises dans plusieurs pays africains ont produit des résultats contrastés. En Guinée-Conakry, des mesures d’urgence ont suscité l’espoir, mais n’ont pas été suivies dans la durée. En Côte d’Ivoire, les effets positifs semblent plus pérennes. Au Mali, la RSS s’est embourbée par manque de volonté politique. Le double coup d’État de 2020 et 2021 vient compliquer la donne, mais la communauté internationale doit maintenir la pression sur les autorités.
Islam et politique au Sahel
Depuis une trentaine d’années, le Sahel est le théâtre d’une résurgence islamique, poussée notamment par des groupes salafistes et soufis. Certains acteurs religieux cherchent à islamiser la société par le bas, sans s’engager directement en politique. D’autres, en revanche, aspirent à prendre le pouvoir, soit en s’insérant dans le jeu démocratique, soit par les armes. Les États concernés et les intervenants extérieurs ne réagissent pas de manière uniforme face à cette dynamique religieuse.
L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États
En 2009, une ruée vers l’or a démarré au Soudan. Elle s’est propagée à travers le Sahara jusqu’à atteindre la Mauritanie en 2016. L’orpaillage a d’abord été vu comme une menace, susceptible d’alimenter les conflits et le terrorisme. Une perception plus positive a ensuite émergé, l’extraction du précieux minerai offrant de nouvelles perspectives à des populations marginalisées. L’or est une source de revenus et joue aussi un rôle de soupape politique et sociale pour ces régions instables.
Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir
Le départ américain négocié avec les talibans, sans le gouvernement de Kaboul, ouvrait la voie à l’Émirat islamique d’Afghanistan, restauré plus vite que prévu. Il faut maintenant gouverner et faire face à de multiples défis : crise économique nourrissant une crise humanitaire, menace de Daech, non-reconnaissance du régime par une communauté internationale divisée, attendant que les promesses d’ouverture se manifestent, sans succès plusieurs mois après le retour d’un régime dominé par les mollahs.
Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?
Le système mis en place en Pologne par le le parti Droit et Justice (PiS) et la coalition qui le soutient s’appuie sur une communauté émotionnelle autour d’un dirigeant charismatique, et sur des décisions favorisant des classes populaires délaissées par la transition libérale. Le projet autocratique est porteur d’atteintes multiples à l’état de droit. Une certaine « fatigue » pourrait pourtant se manifester aux prochaines élections, confirmant les dernières mobilisations de rue, portées en particulier par la jeunesse.
Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021
Le retrait d’Afghanistan en août 2021, sur l’échec de l’engagement militaire des États-Unis et de leurs alliés, signe un changement d’approche dans la lutte armée contre le terrorisme et plus généralement un retournement de la politique occidentale d’interventions suivie depuis 1991. Américains et Européens ne peuvent plus compter sur une supériorité stratégique et tactique leur garantissant une faible prise de risque. Ils ont aussi pris conscience qu’en banalisant le recours à la force, ils ont incité d’autres à les suivre dans cette voie.