«We try to save every month». L'épargne au coeur du positionnement de l'entre-deux des «ni riches ni pauvres» en Afrique du Sud
En Afrique du Sud postapartheid, où consommer est à la fois un acte de citoyenneté pour les populations noires autrefois opprimées et une façon d’affirmer son identité, l’épargne semble occuper les marges des pratiques sociales. Pourtant, chez la petite classe moyenne noire émergente des milieux urbains, elle a une place stratégique dans l’économie du ménage et, parce qu’elle est le signe d’une capacité de projection vers le futur, elle est même au coeur de l’identité du « milieu ».
Les pratiques d’épargne sont un exemple de la multi-positionnalité qui caractérise « ceux du milieu » : ces Sud-Africains « ni riches ni pauvres » observés pour cette étude à Johannesburg et Soweto. Entre les contraintes posées par la précarité et la volonté de s’inscrire dans une trajectoire d’amélioration des conditions de vie (pour eux et leurs enfants), nos enquêtés adoptent toute une palette de pratiques stratégiques et n’hésitent pas à « jouer » sur plusieurs tableaux. Ainsi, différents secteurs et canaux sont combinés dans les comportements d’épargne. Nos enquêtés choisissent à la fois le secteur bancaire – donc formel – pour des placements à court terme et/ou à long terme, souvent dans des plans d’investissement éducatifs, et ont recours à des clubs appelés « societies » ou « stokvels » en Afrique du Sud, similaires aux tontines connues en Afrique francophone. Ceux-ci répondent à leur besoin d’épargner tout en ayant une certaine flexibilité et en entretenant des réseaux sociaux (professionnels ou de voisinage).
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
«We try to save every month». L'épargne au coeur du positionnement de l'entre-deux des «ni riches ni pauvres» en Afrique du Sud
Gouvernance des mobilités : le hub djiboutien entre stratégies d’influence et souveraineté
Dans la Corne de l'Afrique, la multiplication des crises — conflits au Soudan et en Éthiopie, dérèglements climatiques — a porté le nombre de déplacés à 26,3 millions de personnes. Au cœur de ces flux, Djibouti s'impose comme un point de passage incontournable entre la région et la péninsule Arabique. Si les flux migratoires y ont bondi de 72 % en 2024, Djibouti n'est pas seulement un territoire de transit : il est devenu un enjeu diplomatique et sécuritaire, où l'Union européenne et l'OIM projettent leurs politiques d'externalisation migratoire, révélant des rapports de force qui dépassent largement la gestion humanitaire des mobilités.
La cybercriminalité en Afrique centrale : typologie, expériences et gestion par les pouvoirs publics
La présente Note examine la montée en puissance de la cybercriminalité en Afrique centrale et la réponse des États concernés.
Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.
L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.