En attendant le cycle. Que faire après Seattle ?
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Alex Kouvéje revient dans cet article sur l’après-Seattle à la suite de l’échec de la conférence ministérielle de l’OMC et de l’impossibilité d’aboutir au lancement d’un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales. Pour lui, il existe une raison majeure à cet échec : en dehors des négociateurs commerciaux, personne à proprement parler, ni les perdants, bien sûr, ni même les gagnants de la libéralisation des échanges n’avait intérêt à voir ces négociations s’ouvrir. Il s’interroge également sur le nouveau rôle des politiques commerciales à travers l’étude de celles menées par les États-Unis, l’Europe et les pays du Sud. Il définit enfin les conditions nécessaires pour la mise en place d’un nouveau cycle de négociations sur la base de son concept de « PAUSE ».
Alex Kouvéje est le pseudonyme de deux hauts fonctionnaires travaillant sur des dossiers de politique commerciale.
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En attendant le cycle. Que faire après Seattle ?
Les diplomaties navales en Méditerranée
Si le concept de « diplomatie navale » date des années 1970, la réalité qu’il recouvre est très ancienne. L’histoire de la Méditerranée en témoigne : depuis l’Antiquité, les forces navales y ont été utilisées à des fins politiques. Les rapports de forces dans cette mer sont en train de changer. Les États-Unis se retirent progressivement, laissant la place à d’autres acteurs, en particulier la Russie. L’Europe, minée par la crise économique et les divisions, ne parvient pas à s’imposer.
Le « commerce migratoire » euroméditerranéen
Marseille a longtemps été une plaque tournante du commerce « à la valise ». Les échanges avec le Maghreb étaient particulièrement nombreux, du fait de la taille de la communauté algérienne dans le sud de la France et de l’importance du trabendo dans l’économie algérienne. Toutefois, depuis une vingtaine d’années, Istanbul tend à remplacer Marseille comme centre du « commerce migratoire ». Les flux commerciaux générés par les migrants ont désormais de nombreuses ramifications en Asie.
Migrations en Méditerranée : la crise de l’asile
La croissance économique des Trente Glorieuses, le choc pétrolier de 1973 et la guerre du Golfe de 1991 ont eu un impact très fort sur les migrations dans le bassin méditerranéen. Dans les années 1990 et 2000, l’immigration irrégulière vers l’Europe s’est développée. Les dispositifs de contrôle des flux migratoires conçus à cette époque se révèlent totalement inadaptés à la situation post-révolutions arabes. L’Europe fait désormais face à une triple crise : économique, des réfugiés et de l’asile.
Les politiques méditerranéennes de l’Europe : trente ans d’occasions manquées
L’Union européenne tente depuis plus de trois décennies de définir une stratégie méditerranéenne. Mais ni le processus de Barcelone, ni la Politique européenne de voisinage, ni l’Union pour la Méditerranée n’ont pu créer une communauté méditerranéenne pour le développement ou la sécurité. Les perspectives actuelles sont peu encourageantes, même si la situation dans nombre de pays de la rive sud, et les conflits du Levant ou du Sahel, rendent une telle stratégie encore plus pressante.