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La politique étrangère à l'épreuve de la mondialisation

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Dominique Moïsi, Politique étrangère, n° 3-4, automne/hiver 2000
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Longtemps monopolisée par des diplomates issus des plus hautes strates de la société, la diplomatie a connu de profonds bouleversements depuis la fin de la Première Guerre mondiale : extension du champ de son domaine d’action, diversification et multiplication des acteurs du jeu diplomatique, dialectique entre les gouvernements, les entreprises et les médias, dialogue avec la société civile, etc. Une évolution positive à bien des égards, mais qui risque aussi d’entraîner des confusions entre moralité et démagogie, tactique électoraliste et stratégie politique.

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Archive de Politique étrangère
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II y a cent ans, la politique étrangère était sans doute plus proche de ce qu'elle pouvait être à la fin du XVIIe siècle que de ce qu'elle est devenue aujourd'hui. En un siècle, tout a changé ou presque, même si les diplomates dans leur comportement, leurs modes de pensée, sinon leur apparence, semblent incarner une continuité avec le passé et ses traditions. Mais le « messager » a encore fort à faire pour s'adapter à la nature changeante de son « message ». La relative homogénéité du recrutement social des professionnels de la diplomatie dans la plupart des pays européens traduit mal, d'une part, l'explosion du champ de leur domaine d'action et, d'autre part, la diversification et la multiplication des acteurs du jeu diplomatique. Diplomatie économique, diplomatie multilatérale, apparition d'un monde transnational, dialectique entre la société civile et les médias, renforcement des exigences éthiques à l'ère des génocides et à l'ombre de l'arme nucléaire : les transformations intervenues sont profondes. Elles peuvent être connues et comprises, mais elles ne sont pas toujours pleinement intégrées et assimilées dans leurs conséquences.

 

 

Certes, les diplomates intègrent dans leur grande majorité les transformations intervenues. Ils savent qu'ils ne représentent plus seulement leur État, mais aussi les entreprises de leur pays respectif ; ils intègrent toujours davantage, dans la définition de leur rôle, leurs responsabilités vis-à-vis des médias et un nécessaire dialogue avec la société civile, ce qui, dans des pays peu démocratiques, peut impliquer des réflexes d'ouverture sinon d'empathie avec des interlocuteurs moins classiques.

 


On peut toutefois se demander si, à l'aube du XXIe siècle, la diplomatie est encore une discipline scientifique avec ses règles éprouvées et immuables ou, pour le moins, un art à pratiquer avec délicatesse et à tenir à distance des profanes et des apprentis sorciers ? Quelques mois après l'incident de l'université de Bir Zeit, en Palestine, et des jets de pierres contre le premier ministre Lionel Jospin - qui visaient tout autant, cela est indéniable aujourd'hui, l'autorité de Yasser Arafat sur le peuple palestinien que les mots « malheureux » du chef du gouvernement français —, les commentaires ne manquaient pas pour dénoncer l'amateurisme d'un Premier ministre qui s'était avancé sans précaution sur un terrain miné.

 


Une diplomatie sans diplomates ?

 


À l'encontre de cette vision classique et somme toute largement dominante dans les milieux diplomatiques, il existe un autre regard, selon lequel, pour plagier la célèbre formule de Clemenceau, appliquée aux militaires, « la diplomatie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls diplomates ». […]

 


PLAN DE L’ARTICLE

  • Une diplomatie sans diplomates ?
  • Des diplomates sans diplomatie ?

 

Dominique Moïsi est directeur adjoint de l’Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère.

 

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La politique étrangère à l'épreuve de la mondialisation

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Dominique MOISI

Intitulé du poste

Ancien Conseiller spécial à l'Ifri

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États-Unis : la pauvreté au pays de la richesse

Date de publication
20 mars 2021
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La pauvreté aux États-Unis ne fait pas partie du débat public, mais elle n’y est pas rare. À la fin des années 2010, elle n’affectait sous toutes ses formes pas moins de 20 % de la population. Les aides sociales sont modestes, mais des recherches récentes montrent que le système de protection sociale a été relativement efficace pour réduire la pauvreté depuis la fin des années 1960. Son aggravation dans le contexte du COVID-19 appelle à des réformes structurelles pour envisager de l’éradiquer.

Sophie MITRA
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L’Afrique des pauvretés à l’heure du COVID-19

Date de publication
20 mars 2021
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En 2020, l’Afrique reste le continent le plus pauvre de la planète, pauvreté que combat l’aide internationale qui la définit avec ses normes et outils. Fait social total, la pauvreté en Afrique s’inscrit dans l’histoire des sociétés sans État protecteur si bien qu’il faut dépasser les approches habituelles pour la comprendre. Si le COVID-19 ne semble pas avoir eu l’impact qu’il a eu ailleurs, les vulnérabilités de ce continent mondialisé mettent à l’épreuve une « résilience » hors du commun.

Georges COURADE
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Pauvreté et développement humain dans les pays émergents

Date de publication
20 mars 2021
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Bien que l’émergence soit un processus protéiforme et que les catégorisations et acronymes qui lui sont associés soient nombreux et imprécis, la croissance des trente dernières années a permis à des millions d’êtres humains des pays émergents de sortir de l’extrême pauvreté monétaire. Simultanément, les progrès dans les secteurs de l’éducation et de la santé ont amélioré l’indicateur de développement humain. Mais ces évolutions ne profitent pas à toute la population des pays concernés.

Jean-Claude VÉREZ
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Pauvreté globale : le choc du COVID-19

Date de publication
20 mars 2021
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Avant l’apparition du COVID-19, la communauté internationale pensait être en mesure d’éradiquer l’extrême pauvreté à l’horizon 2030. La crise sanitaire a dramatiquement rebattu les cartes. Selon les méthodes de calcul employées, la hausse du nombre de pauvres en 2020 est estimée entre 100 et 500 millions. La lutte contre la pauvreté a subi un coup d’arrêt qui ne sera pas rattrapable à court et moyen termes. L’objectif d’éradication en 2030 n’est plus atteignable.

Julien DAMON

Comment citer cette étude ?

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Couverture PE 3-4/2000
Dominique MOISI, « La politique étrangère à l'épreuve de la mondialisation », Politique étrangère, Articles, Ifri, 29 novembre 2000.
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La politique étrangère à l'épreuve de la mondialisation