Le lancinant problème de l’insolvabilité des États
Historiquement, les États se sont endettés pour financer des campagnes militaires. Ils le font désormais pour d’autres motifs, comme le financement d’investissements productifs.
L’État n’est pas un débiteur comme les autres : en cas de défaut de paiement, ses créanciers peuvent avoir le plus grand mal à récupérer leurs fonds. La mesure du risque souverain est donc un enjeu crucial qui requiert une expertise à la fois politique, économique et financière.
Norbert Gaillard, diplômé de Sciences Po Paris et de l’université de Princeton, est économiste et consultant indépendant. Il a publié A Century of Sovereign Ratings (New York, Springer, 2011).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 2, été 2014
Plan de l’article
Pourquoi l’Etat n’est pas un débiteur comme les autres ?
Comment se manifeste le risque souverain ?
La mesure du risque souverain
Les principaux obstacles à la solvabilité d’un Etat
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Le lancinant problème de l’insolvabilité des États
Le salut par les armes ? Défense européenne et relance de l’Union
L’Europe se trouve aujourd’hui confrontée à un environnement géostratégique complexe au cœur duquel émerge, sous l’effet d’un terrorisme renouvelé, un véritable continuum entre les problématiques de sécurité et de défense. Face à ce constat inquiétant, la tentation du repli national est particulièrement vive. La mise en œuvre d’une sécurité collective est pourtant plus que jamais nécessaire, et elle doit s’appuyer, pour réussir, sur des solutions pragmatiques.
Adapter l’Alliance au nouvel environnement géostratégique
Le sommet de Varsovie a complété les décisions prises lors du sommet du pays de Galles, pour accroître la réactivité de l’Alliance et son adaptation au contexte stratégique. Défense collective, gestion des crises et sécurité coopérative doivent s’appuyer sur un renforcement des moyens budgétaires des États membres, sur le développement de nouvelles capacités, en matière de renseignement, de reconnaisance et de cyber défense, et sur une coopération renouvelée entre l’OTAN et l’Union européenne.
Méditerranée orientale : de l’eau dans le gaz ?
Depuis 2009, plusieurs gisements gaziers importants ont été découverts en Méditerranée orientale. Israël en a particulièrement bénéficié, ce qui n’a pas manqué d’avoir un impact sur les relations avec les pays voisins. Les tensions se sont par exemple accrues avec le Liban, la délimitation de la frontière maritime israélo-libanaise faisant l’objet d’un contentieux. La récente découverte d’un méga-gisement dans les eaux égyptiennes devrait modifier l’équilibre énergétique régional.
Les diplomaties navales en Méditerranée
Si le concept de « diplomatie navale » date des années 1970, la réalité qu’il recouvre est très ancienne. L’histoire de la Méditerranée en témoigne : depuis l’Antiquité, les forces navales y ont été utilisées à des fins politiques. Les rapports de forces dans cette mer sont en train de changer. Les États-Unis se retirent progressivement, laissant la place à d’autres acteurs, en particulier la Russie. L’Europe, minée par la crise économique et les divisions, ne parvient pas à s’imposer.