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Le rôle des idées dans les relations internationales

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Couverture PE 3-4/2000
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Si les idées ont joué un rôle déterminant au XXe siècle, à travers l’affrontement des idéologies totalitaires et libérales entre 1917 et 1989, leur impact sur les relations internationales est moins facile à mesurer depuis la fin de la guerre froide. Pour certains, le monde serait entré dans une phase post-idéologique où prime tantôt l’économique, tantôt le passionnel ; pour d’autres, le triomphe du marché et de la globalisation masquerait celui de l’idéologie libérale américaine ; pour d’autres encore, l’opposition entre laïcs et religieux aurait pris le relais des conflits proprement politiques ; pour d’autres, enfin, les idéologies émergentes seraient celles du communautarisme et des droits de l’homme. Mais, dans ce paysage encore flou, une chose reste sûre : plus que jamais, les idées à la fois sont manipulées par les jeux de la puissance et contribuent à les reformuler.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Quelle influence les idées ont-elles sur les relations internationales ? Cette question aurait pu sembler saugrenue ou, du moins, la réponse aurait pu sembler évidente entre 1917 et 1989 : l'histoire du XXe siècle n'a-t-elle pas été dominée par les deux révolutions totalitaires et par les idées de Lénine et Hitler, mettant en pratique une vision caricaturale mais suprêmement efficace des doctrines du XIXe siècle ? Élie Halévy, Raymond Aron, François Furet ont bien décrit la dialectique des guerres, des révolutions et des régimes totalitaires, aboutissant à une guerre civile mondiale ou européenne et confirmant la prophétie de Nietzsche selon laquelle le XXe siècle serait celui de la lutte pour la domination du monde et que cette lutte opposerait des principes métaphysiques.


Le problème aujourd'hui est beaucoup plus complexe. Car une fois la confrontation idéologique Est-Ouest terminée, le rôle des idées est plus difficile à cerner. Pour beaucoup, l'âge idéologique a pris fin avec la guerre froide et fait place à un retour de la Realpolitik, c'est-à-dire à une vision des relations internationales fondée sur la rivalité des États, chacun poursuivant son intérêt défini en termes de puissance et de sécurité. Mais comment oublier que l'homme qui a le plus incarné le primat de la nation et de l'État sur les régimes et les idéologies, Charles de Gaulle, commençait ses Mémoires par cette phrase : « Toujours je me suis fait une certaine idée de la France » ? Car l'intérêt national mais aussi la nature, les limites, la permanence et la vocation de la nation et de l'État sont autant d'idées sujettes à débat, même si elles concernent des réalités tangibles.


L'autre interprétation, selon laquelle les relations internationales seraient entrées dans un âge post-idéologique, conclut que les idéologies auraient entraîné dans la tombe la politique elle-même. Cette vue peut provenir des deux côtés opposés de l'échiquier politique et intellectuel. D'une part, celui qui affirme le primat de l'économie et de la technique, de l'interdépendance et de la globalisation, primat ôtant toute place au débat d'idées et aux choix politiques. D'autre part, celui pour qui, et en partie en réaction au premier, la parole serait désormais donnée non pas aux idées mais aux émotions, non pas aux discours intellectuels mais aux réactions populaires ou populistes.


Là encore, la réponse va de soi : chassez les idées, elles reviennent au galop. D'un côté, les contraintes économiques et la globalisation sont des réalités objectives, mais à la fois leurs origines et leurs conséquences doivent beaucoup aux idées des gouvernants et des autres acteurs. […]

 


PLAN DE L’ARTICLE

 

  • Un débat théorique récurrent

 

  • Le XXe siècle : géopolitique et idéologie

 - Idéologies totalitaires

 - Idées et décolonisation

 

  • Le XXIe siècle : le fluide et le flou

 - La globalisation est-elle une idéologie ?

 - Les religions manipulées ?

 - Communautarisme et droits de l'Homme

 

 

Pierre Hassner est chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI). 
 

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L’Europe, la puissance et la finance

Date de publication
21 juin 2021
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La finance est devenue un attribut essentiel de la puissance. Son importance est accrue par les investissements considérables requis par les transitions énergétique et numérique, ou encore par la nécessité de soutenir les économies frappées par la pandémie de COVID-19. En matière de puissance financière, l’Union européenne dispose de nombreux atouts, à commencer par sa monnaie unique, mais elle souffre aussi de véritables handicaps, particulièrement visibles au moment de la présidence Trump.

Sylvie GOULARD
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Corées : perpétuellement vers la paix ?

Date de publication
21 juin 2021
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Au cours des cinq dernières années, les périodes d’ouverture et de tension se sont succédé dans la péninsule coréenne. Donald Trump pensait pouvoir obtenir la dénucléarisation de la Corée du Nord par ses relations personnelles avec Kim Jung-un. Il a échoué. L’administration Biden se veut plus réaliste et méthodique. Elle pourrait choisir des options intermédiaires, plus modestes, tout en conservant l’objectif lointain d’un démantèlement de l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

Rémy HÉMEZ
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Le modèle de Dubaï face au centralisme d’Abou Dhabi

Date de publication
21 juin 2021
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Vitrine des Émirats arabes unis, Dubaï n’a jamais complètement retrouvé la croissance d’avant la crise de 2009. La double crise sanitaire et économique est une nouvelle épreuve : Dubaï doit plus que jamais compter sur le soutien de l’émirat d’Abou Dhabi, cœur politique et sécuritaire de la Fédération. La phase actuelle confirme la prédominance politique d’Abou Dhabi dans la Fédération, et impose à Dubaï de redéfinir son modèle de développement, et son narratif.

Matthieu ETOURNEAU
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Perspectives de l’endettement public

Date de publication
21 juin 2021
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L’endettement public doit rester soutenable, adapté aux variations de la conjoncture, sauf à risquer des conditions d’emprunt dangereuses. Sa stabilisation dépend de la croissance, de la maîtrise des dépenses publiques et de la capacité à lever l’impôt. Les banques centrales peuvent prêter aux États, mais en prenant garde à une inflation affaiblissant les entreprises. L’annulation des dettes publiques par la Banque centrale européenne pourrait ouvrir un cycle d’inflation et de dépenses immaîtrisable.

François ECALLE

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Couverture PE 3-4/2000
Pierre HASSNER, « Le rôle des idées dans les relations internationales », Politique étrangère, Articles, Ifri, 29 novembre 2000.
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