Les armes chimiques et la crise irakienne
RésuméL’Irak était, à la fin des années 1980, la troisième « puissance chimique » mondiale après les États-Unis et l’Union soviétique. À l’époque, l’utilisation de cette puissance contre l’Iran ou les Kurdes irakiens n’a pas mobilisé la communauté internationale, et l’essentiel de l’arsenal irakien s’est développé grâce à des entreprises étrangères, en particulier européennes. La situation change en 1991 avec la guerre du Golfe, à l’issue de laquelle les Nations unies demandent à Bagdad de faire la lumière sur ses programmes d’armes de destruction massive (ADM), l’UNSCOM commençant son travail d’inspection. Si le bilan de celle-ci n’est pas négligeable, de nombreuses questions sont restées sans réponse, notamment en matière chimique. Fin 2002, l’UNMOVIC reprend les inspections et obtient, en quelques mois, des résultats significatifs ; mais la guerre, lancée en mars, interrompt ses travaux, entravant une dynamique prometteuse, faite de pressions militaires et d’inspections sur le terrain. Harald Müller est directeur du Peace Research Institute de Francfort (PRIF) et président du Conseil consultatif pour les questions de désarmement des Nations unies.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Convaincre pour vaincre. La France et la structuration d’une doctrine de guerre informationnelle
La guerre n’est pas seulement une affaire de force : elle se joue aussi — peut-être d’abord — dans les esprits. Ce constat ancien prend une acuité inédite à l’ère de la lutte informationnelle, avec trois confrontations récentes qui ont imposé ce domaine comme priorité stratégique : au Moyen-Orient, en Afrique et face à la Russie.
Des corsaires aux mercenaires : les acteurs maritimes non-militaires et les continuités historiques de la guerre navale
Depuis fin 2023, plusieurs attaques houthies contre des navires marchands ont vu intervenir des équipes armées privées, chargées d'assurer la défense des bâtiments et la coordination des réponses immédiates — souvent en l'absence de forces navales régulières sur place au moment des hostilités. Ces épisodes illustrent une tension stratégique à laquelle les marines contemporaines sont de plus en plus confrontées : d'un côté, elles doivent remplir des missions de sécurité maritime permanentes mais de faible intensité — lutte contre la piraterie, police des mers, protection du commerce maritime ; de l'autre, elles sont de nouveau sommées de se préparer à des conflits de haute intensité face à des adversaires de rang comparable, dans un contexte de retour de la compétition entre grandes puissances.
Vers un renseignement spatial accessible à tous ? Le cas des frappes iraniennes du printemps 2026
Le conflit au Moyen-Orient a permis de constater l’efficacité des frappes iraniennes en termes de ciblage et de précision. Ce constat interpelle sur les moyens que le Corps des Gardiens de la Révolution (CGRI) a exploités pour y parvenir.
Lutter contre la flotte fantôme. La France en action
La flotte fantôme, qui représente aujourd’hui 10 % de la flotte mondiale de navires de commerce et continue de croître, est un phénomène structurel alimenté par la surcapacité maritime et la logique de contournement des sanctions internationales, qui met au défi le monde maritime dans son ensemble.