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Les évolutions paradoxales de la démocratie mauritanienne

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Politique étrangère, vol. 84, n° 2, été 2019
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Page couverture PE n° 2 2019
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Le système politique mauritanien présente des aspects démocratiques qui satisfont partiellement aux normes internationales. Toutefois, ces apparences masquent mal des dysfonctionnements récurrents lors des élections et, surtout, l’existence d’un bloc hégémonique qui contrôle le pays. Le parti au pouvoir et les groupes économiques qui lui sont liés assurent la redistribution des ressources dans le cadre d’une économie de la rareté.

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À l’image de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, la République islamique de Mauritanie a connu en 1991-1992 un « tournant démocratique », qui s’est traduit par l’adoption d’une nouvelle Constitution, garantissant le droit de créer des partis politiques, des associations, des journaux.
 

Au premier trimestre 1992 a été organisé un cycle complet d’élections. Le scrutin présidentiel de janvier a été marqué par une fraude « industrielle » : listes électorales incomplètes, votes multiples, bourrages d’urnes, centralisation insincère des résultats, etc. Le président sortant Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya a été reconduit, et le parti qui soutenait son principal adversaire, Ahmed Ould Daddah (vraisemblable vainqueur de l’élection), l’Union des forces démocratiques (UFD), a boycotté le reste du cycle électoral. Cette décision, conjuguée à la débauche d’énergie, de moyens et de manipulations déployée par le parti constitué autour du président sortant, a contribué à installer une hégémonie sur la jeune démocratie jusqu’à la fin du régime Ould Taya en 2005.
 

Particularité mauritanienne : ce processus de transition n’a pas été initié par une conférence nationale, et fut entièrement piloté, sans grande consultation, par le président en place. L’ouverture de « l’ère pluraliste » s’est pourtant déroulée dans un contexte particulièrement difficile pour ce président. Le pays sortait à peine d’une crise politico-ethnique (pudiquement appelée « les évènements de 1989 »), ponctuée de pogroms et d’expulsions massives de nationaux des minorités afro-mauritaniennes vers le Sénégal et le Mali. De surcroît, le régime, et au premier chef son président, se sont isolés diplomatiquement par leur soutien politique au régime de Saddam Hussein lors de la première guerre du Golfe. Ce soutien, qui s’explique par le poids alors pris par les nationalistes arabes dans les premiers cercles du pouvoir, a contribué à abîmer la relation diplomatique avec les Occidentaux et les monarchies du Golfe. Autrement dit, la Mauritanie a pris le risque, avec ce positionnement diplomatique hasardeux, d’altérer fortement le soutien de ses principaux bailleurs d’aide publique au développement (APD).
 

Doublement acculé sur les plans intérieur et extérieur, le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya a appliqué, sinon dans l’esprit du moins à la lettre, les recommandations du discours tenu par François Mitterrand à la Baule (1990) lors d’un sommet France-Afrique. […]


PLAN

  • Retour sur les élections de 2018
  • Le maintien d’un bloc hégémonique
  • La politique dans le cadre d’une économie de la rareté


Alain Antil est directeur du Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri.

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Les évolutions paradoxales de la démocratie mauritanienne

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Alain Antil

Alain ANTIL

Intitulé du poste

Directeur du Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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Le salut par les armes ? Défense européenne et relance de l’Union

Date de publication
21 décembre 2016
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L’Europe se trouve aujourd’hui confrontée à un environnement géostratégique complexe au cœur duquel émerge, sous l’effet d’un terrorisme renouvelé, un véritable continuum entre les problématiques de sécurité et de défense. Face à ce constat inquiétant, la tentation du repli national est particulièrement vive. La mise en œuvre d’une sécurité collective est pourtant plus que jamais nécessaire, et elle doit s’appuyer, pour réussir, sur des solutions pragmatiques.

Louis GAUTIER
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Adapter l’Alliance au nouvel environnement géostratégique

Date de publication
21 décembre 2016
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Le sommet de Varsovie a complété les décisions prises lors du sommet du pays de Galles, pour accroître la réactivité de l’Alliance et son adaptation au contexte stratégique. Défense collective, gestion des crises et sécurité coopérative doivent s’appuyer sur un renforcement des moyens budgétaires des États membres, sur le développement de nouvelles capacités, en matière de renseignement, de reconnaisance et de cyber défense, et sur une coopération renouvelée entre l’OTAN et l’Union européenne.

Jean-Paul PALOMÉROS
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Méditerranée orientale : de l’eau dans le gaz ?

Date de publication
21 décembre 2016
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Depuis 2009, plusieurs gisements gaziers importants ont été découverts en Méditerranée orientale. Israël en a particulièrement bénéficié, ce qui n’a pas manqué d’avoir un impact sur les relations avec les pays voisins. Les tensions se sont par exemple accrues avec le Liban, la délimitation de la frontière maritime israélo-libanaise faisant l’objet d’un contentieux. La récente découverte d’un méga-gisement dans les eaux égyptiennes devrait modifier l’équilibre énergétique régional.

David AMSELLEM
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Les diplomaties navales en Méditerranée

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Si le concept de « diplomatie navale » date des années 1970, la réalité qu’il recouvre est très ancienne. L’histoire de la Méditerranée en témoigne : depuis l’Antiquité, les forces navales y ont été utilisées à des fins politiques. Les rapports de forces dans cette mer sont en train de changer. Les États-Unis se retirent progressivement, laissant la place à d’autres acteurs, en particulier la Russie. L’Europe, minée par la crise économique et les divisions, ne parvient pas à s’imposer.

Fernando DEL POZO Ferdinando SANFELICE DI MONTEFORTE PATRICK HEBRARD
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Alain ANTIL, « Les évolutions paradoxales de la démocratie mauritanienne », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2019.
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Les évolutions paradoxales de la démocratie mauritanienne