Neutralité de l’internet : dépasser les scandales
Alors que le trafic sur internet explose et que de nouvelles infrastructures coûteuses doivent être déployées, la « neutralité du net » fait débat.
Ce principe suppose que toutes les données circulant sur internet doivent être traitées de manière équitable. Or, il est techniquement possible d’en sélectionner des paquets à traiter en priorité. Cette pratique est susceptible de poser des problèmes non seulement économiques mais aussi politiques et sociaux.
Francesca Musiani est chargée de recherche à l’Institut des sciences de la communication (Centre national de la recherche scientifique / Paris-Sorbonne Universités / Université Pierre-et-Marie-Curie). Membre de la commission sur le numérique à l’Assemblée nationale, elle a été postdoctorante au Centre de sociologie de l’innovation de Mines ParisTech et affiliée au Berkman Center for Internet & Society de l’université de Harvard.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 4, hiver 2014
Plan de l’article
Une question technique… qui devient économique et politique
Un brin d’histoire : vers un internet à plusieurs vitesses
Neutralité du net : une polysémie pas anodine
Un enjeu économique et « écologique »
Une question de partage de valeur
Un enjeu de gouvernance de l’internet
Le Conseil de l’Arctique, la force des liens faibles
Le Conseil de l’Arctique a été créé en 1996. Il permet aux huit États possédant des territoires au nord du cercle polaire de dialoguer et de développer des projets de coopération. Conçu comme une structure souple orientée vers les échanges scientifiques, il évolue progressivement vers une plus forte institutionnalisation et permet de désamorcer certaines tensions. Des sujets plus politiques y sont désormais abordés, et des normes juridiquement contraignantes y ont été adoptées.
Comprendre les rivalités arctiques
Avec le réchauffement climatique, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour l’Arctique. Des opportunités apparaissent dans le domaine du transport maritime et de l’exploitation des ressources naturelles. Si des différends territoriaux persistent dans la zone, nul acteur n’a intérêt à ce que les tensions dégénèrent. La stabilité de la région est en effet essentielle à son développement économique. Les tensions entre la Russie et les États arctiques membres de l’OTAN devraient donc être contenues.
Lutte contre le terrorisme : la Belgique, maillon faible ?
Après les attentats de 2015 et 2016, la Belgique a été pointée du doigt et a fait l’objet d’un véritable Belgium bashing. Les critiques émises étaient parfois exagérées mais pas totalement injustifiées : les ministères régaliens avaient fait l’objet de coupes budgétaires drastiques et la complexité du système politico-administratif belge rendait la coopération entre services difficile. Une commission d’enquête a tiré les leçons des attentats et de profondes réformes ont été entreprises.
La France face à la politique économique de Trump
La plupart des réformes annoncées en matière commerciale par le candidat Trump n’ont pas été mises en œuvre. La France peut tirer profit de l’existence de nombreux intérêts communs pour défendre sa vision d’une mondialisation à la fois libre-échangiste et régulée. Cependant, l’hypothèse d’un recours croissant à des mécanismes de protection et d’un rejet du multilatéralisme doit aussi être envisagée, notamment du fait de l’attitude de la Chine et de ses alliés.