Paris, Berlin et Londres : vers l'émergence d'un directoire européen ?
Politique étrangère, n° 4, hiver 2002
Depuis une dizaine d’années, le couple franco-allemand n’a plus produit d’initiative majeure pour l’avenir de l’Europe. Face à ce vide qu’il faudrait combler, émerge peu à peu l’idée d’un directoire franco-germano-britannique. Il est vrai que, tandis que les rapports entre Paris et Berlin se dégradaient, les relations entre Paris et Londres connaissaient, quant à elles, une sorte de regain débouchant sur le lancement de la politique européenne de sécurité et de défense à Saint-Malo et sur une préférence affirmée pour une Europe intergouvernementale. Mais Londres s’est également rapprochée de Berlin, ce qui s’est traduit par la publication, par les deux chefs de gouvernement, d’un document d’orientation néo-libérale (1999), et par une initiative sur l’amélioration du fonctionnement du Conseil européen (2002). D’importantes divergences subsistent cependant entre les trois pays, notamment à propos de l’équilibre des pouvoirs au sein du Conseil, de la réforme de la politique agricole commune, des relations avec les Etats-Unis, et du financement communautaire. Et si l’axe franco-allemand n’est peut-être plus en mesure de jouer un rôle moteur, le triumvirat franco-germano-britannique n’a guère encore les moyens de donner à l’Europe le leadership dont elle a besoin.
Hans Stark est chercheur à l'Ifri (relations franco-allemandes, Balkans)
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Paris, Berlin et Londres : vers l'émergence d'un directoire européen ?
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesEmmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud : une opportunité historique pour le rapprochement euro-asiatique
Le président Emmanuel Macron effectue une tournée au Japon et en Corée du Sud à un moment où les intérêts entre ces trois pays n’ont jamais été aussi alignés, et plus largement entre l’Europe et les démocraties d’Asie de l’Est.
Afghanistan-Pakistan : la guerre ignorée en marge du conflit au Moyen-Orient
Alors que le Pakistan était historiquement le pays le plus proche du mouvement taliban et qu’il attendait beaucoup de son retour au pouvoir en Afghanistan à l’été 2021, les deux voisins sont pris dans une logique d’escalade depuis l’automne. En octobre 2025, le Pakistan lance pour la première fois des frappes aériennes sur Kaboul. En février-mars 2026 : pendant trois semaines, l’Afghanistan multiplie les assauts terrestres du côté pakistanais de la frontière ainsi que les attaques de drones sur Islamabad et Rawalpindi. Le Pakistan, de son côté, multiplie les frappes aériennes sur les zones frontalières afghanes, ainsi que sur Kaboul et Kandahar. Au vu des dynamiques à l’œuvre aux échelles bilatérale et régionale, les perspectives d’un retour au calme durable paraissent limitées.
Union européenne-Inde : rapprochement durable ou partenariat de circonstance ?
Le partenariat entre l’UE et l’Inde s’est longtemps limité aux échanges économiques. Sa dimension politique s’est progressivement développée, jusqu’à être élevée au rang de « partenariat stratégique » en 2004. Néanmoins, l’échec des négociations d’un accord de libre-échange en 2013 a freiné cette dynamique. Depuis le début des années 2020, dans un contexte géopolitique incertain, le rapprochement bilatéral connaît une nouvelle accélération.
La politique américaine envers Taïwan, au delà de Donald Trump : cartographie des acteurs américains des relations entre les États-Unis et Taïwan
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a ravivé une incertitude profonde quant à l’engagement des États-Unis en matière de sécurité envers Taïwan. Contrairement au président Joe Biden, qui a maintes fois réaffirmé sa détermination à défendre l’île, Donald Trump évite soigneusement de se prononcer sur une éventuelle réaction américaine en cas de crise dans le détroit de Taïwan.