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Arabie Saoudite : une nouvelle diplomatie religieuse ?

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Politique étrangère, vol. 85, n° 1, 2020
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Page couverture PE n°1 printemps 2020
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Pendant la guerre froide, l’Arabie Saoudite a utilisé ses pétrodollars pour propager le wahhabisme. Après le 11 septembre 2001, la diplomatie religieuse saoudienne a néanmoins connu une inflexion, dénonçant les excès des djihadistes et prônant l’« islam du juste milieu ». Cette nouvelle posture est renforcée depuis l’arrivée de Muhammad Ibn Abd Al-Karim Al-Isa à la tête de la Ligue islamique mondiale. On peut toutefois s’interroger sur la sincérité et l’effectivité de ce revirement.

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Depuis 2015, le prince Mohammed Ben Salmane (MBS), héritier du trône saoudien et homme fort du régime, multiplie les signes d’ouverture à travers une politique de séduction, notamment à l’égard des partenaires occidentaux. Il profite de toutes les occasions pour mettre en scène sa volonté de « réformer » et « moderniser » son pays. Ce projet, que d’aucuns qualifient de « refondation », ne peut toutefois se faire sans une réévaluation de la place de la religion dans l’espace social et le dispositif étatique. En effet, le wahhabisme, appelé également salafisme, est au fondement même de l’entité politique saoudienne. Depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, cette version littéraliste et rigoriste du sunnisme permet à la famille régnante non seulement de légitimer son pouvoir, mais encore d’étendre son influence dans plusieurs régions du monde à travers une diplomatie religieuse dynamique.


Pour reconfigurer le champ social, MBS aspire à réduire l’influence de cette doctrine à travers une série d’initiatives, comme l’amélioration de la situation des femmes ou la démocratisation des divertissements. Bien que cette politique ait suscité l’enthousiasme de certains milieux, particulièrement en Occident, plusieurs indices incitent à la prudence, pour ne pas dire au scepticisme. Il en va de même dans le domaine de la politique étrangère. Accusée d’exporter le wahhabisme au lendemain des attentats du 11-Septembre, l’Arabie Saoudite clame haut et fort sa volonté de mettre fin à ses stratégies prosélytes.


S’agit-il d’une inflexion sincère ou d’un trompe-l’œil visant à redorer l’image du régime ? Pour tenter de répondre à cette question, on reviendra ici sur les origines, les outils et les objectifs de la diplomatie religieuse saoudienne, avant d’analyser ses nouvelles orientations, notamment à travers les paroles et actes du secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM), vaisseau amiral de cette diplomatie. Les « nouvelles postures » seront enfin mises à l’épreuve des données empiriques.


Aux fondements d’une prétention


Si les dirigeants saoudo-wahhabites ont, dès le XVIIIe siècle, des ambitions hégémoniques, ils n’ont pas toujours disposé des ressources matérielles et immatérielles indispensables à leur dessein. Ce n’est que sous le règne du roi Abd Al-Aziz (1902-1953) qu’un noyau de diplomatie religieuse voit le jour. Celle-ci a un double objectif : « blanchir » le wahhabisme, présenté désormais comme une nouvelle orthodoxie, et accroître le prestige du souverain, qui doit être vu comme indépendant et respectueux de la charia. [...]


PLAN

  • Aux fondements d’une prétention
  • Entre propagande et prédication
  • Les premières inflexions
  • Le grand tournant ?
  • Les limites d’une action asymétrique


Nabil Mouline est chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il a publié plusieurs ouvrages, dont Le Califat : histoire politique de l’islam, Paris, Flammarion, 2016.

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Arabie Saoudite : une nouvelle diplomatie religieuse ?

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Les Émirats arabes unis à la conquête du monde ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Les Émirats arabes unis (EAU) ont connu une expansion spectaculaire depuis leur indépendance en 1971. Depuis une dizaine d’années, ils s’affirment sur la scène internationale. Ils développent une stratégie portuaire ambitieuse et s’engagent de manière croissante dans des conflits armés. Leur politique étrangère est principalement guidée par la volonté d’assurer la survie des EAU dans un environnement volatil. Elle se traduit notamment par une opposition ouverte aux Frères musulmans.

Emma SOUBRIER
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La stratégie régionale de l’Iran : entre Realpolitik et révolution

Date de publication
20 mars 2020
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L’Iran est engagé dans différents conflits régionaux. L’influence de Téhéran est de plus en plus contestée par des mouvements nationalistes, comme l’illustrent les manifestations anti-iraniennes en Irak. La population iranienne est elle aussi de plus en plus critique à l’égard de la stratégie régionale de ses dirigeants. Ces derniers sont d’ailleurs divisés : le président Rohani fait figure de pragmatique, tandis que le Guide suprême cherche avant tout à préserver l’héritage de la révolution islamique.

Clément THERME
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Une révolution est-elle possible au Liban ?

Date de publication
20 juin 2020
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Depuis le 17 octobre 2019, la colère gronde au Liban. Accablés par les impôts, l’inflation, l’incompétence des gouvernants, l’injustice sociale et la corruption, les manifestants crient leur révolte. Leur détermination se heurte toutefois à une classe politique résolue à garder le pouvoir. Un bouleversement politique est-il possible au Liban, au regard de l’histoire du pays, du fonctionnement de ses institutions, et du caractère composite de la société libanaise ?

Lama FAKIH
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Sur le Brexit et une « nouvelle AELE »

Date de publication
20 juin 2020
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Plusieurs pays européens ne veulent ou ne peuvent pas rejoindre l’Union européenne (UE). Le Royaume-Uni pourrait devenir leur chef de file en donnant une nouvelle impulsion à l’Association européenne de libre échange (AELE). Une bonne articulation entre l’UE et l’AELE permettrait une unification historique du continent. Des États importants comme l’Ukraine et la Turquie seraient intégrés à cette architecture. Un tel projet entraverait les visées russes dans les marges orientales de l’Europe.

Vladislav INOZEMTSEV

Comment citer cette étude ?

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Nabil MOULINE, « Arabie Saoudite : une nouvelle diplomatie religieuse ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2020.
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Arabie Saoudite : une nouvelle diplomatie religieuse ?