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Boris Johnson, du Capitole à la Roche tarpéienne ?

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Politique étrangère, vol. 87, n° 1, printemps 2022
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Page couverture PE n° 1 2022
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Boris Johnson est un personnage atypique qui a su s'attirer les faveurs d'une partie importante des Britanniques, y compris dans des fiefs travaillistes. Sa détermination à achever le Brexit lui a permis de remporter les élections générales de 2019, mais une fois nommé Premier ministre, il a fait l'objet de critiques virulentes pour sa gestion chaotique des affaires. Confronté à des scandales et accusé de mettre à mal la démocratie, il pourrait être contraint de quitter prématurément le pouvoir.

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A l’aube de 2021, le Premier ministre britannique s’adressait à la nation avec enthousiasme, saluant l’arrivée imminente d’un nouveau vaccin issu des laboratoires d’Oxford et le début d’une nouvelle ère post-Brexit. Cette année allait pourtant être ponctuée d’une série de polémiques et de scandales, au point que ses chances de survie politique devaient paraître compromises. Néanmoins, lors de son discours du 31 décembre 2021, le Premier ministre semblait n’en avoir cure. Il se félicitait de voir le Royaume-Uni aborder 2022 dans une situation « incomparablement meilleure » sur le plan sanitaire.


Un an après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), et deux ans et demi après l’arrivée de Boris Johnson au 10 Downing Street, on peut s’interroger sur le parcours singulier de ce chef de gouvernement, dont l’ascension et la popularité record ont surpris bien des observateurs. Si son parcours est inévitablement associé au Brexit, qu’il a piloté et fait aboutir, son mandat a été aussi fortement marqué par la gestion du Covid-19, et émaillé de révélations qui ont considérablement terni son image jusqu’au sein de son propre parti.


L’homme du Brexit


Le 9 juillet 2018, Boris Johnson, alors secrétaire d’État aux Affaires étrangères, démissionnait du gouvernement de Theresa May. Il déclarait que le projet de cette dernière n’était qu’un « demi-Brexit » qui, s’il était adopté, reléguerait le Royaume-Uni au statut de colonie, de larges parts de son économie restant prisonnières du système européen. Ces propos, de la part d’un des plus farouches partisans du leave, ajoutèrent au discrédit de la Première ministre qui démissionna le 7 juin 2019. En dépit de trois tentatives infructueuses, elle n’avait pas réussi à faire ratifier l’Accord de retrait assorti du backstop qu’elle avait négocié avec les Européens. L’imbrication de la question nord-irlandaise dans la problématique plus vaste de la future relation commerciale avec l’UE avait conduit à une impasse politique qui semblait inextricable.


Le 24 juillet 2019, le lendemain de son élection comme chef du Parti conservateur avec 66,4 % des voix, Boris Johnson, qui avait fait du Brexit l’alpha et l’oméga de sa vision politique, succéda à Theresa May. Dès son arrivée au pouvoir, il se montra déterminé à obtenir de l’UE, avant le 31 octobre 2019, une rupture nette et avantageuse, à même de garantir le retour à la pleine souveraineté du royaume ou, à défaut d’y parvenir, à opter pour une sortie sans accord. […]


PLAN

  • L’homme du Brexit
  • Les ingrédients du succès
  • La pratique du pouvoir
  • La démocratie à l’épreuve de Boris Johnson
  • Les cibles du pouvoir


Marie-Claire Considère-Charon est professeur honoraire à l'université de Franche-Comté.

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Boris Johnson, du Capitole à la Roche tarpéienne ?

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Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?

Date de publication
20 mars 2018
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Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.

Dorota RICHARD
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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

Date de publication
20 mars 2018
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Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.

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Stratégie et liberté d’action

Date de publication
20 mars 2018
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Préserver, accroître sa liberté de décider et de faire : c’est le cœur de la stratégie, art de l’agir. Les degrés de liberté d’action constituent une véritable monnaie stratégique, qui se réduit ou croît au fil de la relation avec l’adversaire. Cette monnaie doit être dépensée, l’abstention diminuant la capacité à agir ; mais elle n’existe que par les moyens concrets dont dispose le stratège. Cette liberté d’action est centrale à tous niveaux des stratégies, et pour toutes les stratégies.

Vincent DESPORTES
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Nouvelles liaisons ferroviaires chinoises : une entreprise stratégique

Date de publication
20 mars 2018
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Depuis 2011, le fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe s’est rapidement développé, et a connu une relance spectaculaire avec le projet Belt and Road Initiative. On assiste aujourd’hui à une rapide expansion des volumes, des services proposés, le tout accompagné par la définition et la mise en œuvre de nouvelles infrastructures ferroviaires, en Russie, en Chine, vers l’Asie du Sud-Est, l’Iran ou le Pakistan. Ce développement, qui doit être nuancé, constitue-t-il un outil stratégique pour la Chine ?

Linyan HUANG Frédéric LASSERRE Éric MOTTET

Comment citer cette étude ?

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Marie-Claire CONSIDERE - CHARON, « Boris Johnson, du Capitole à la Roche tarpéienne ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2022.
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Boris Johnson, du Capitole à la Roche tarpéienne ?