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Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 1, printemps 2021
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Page couverture PE n° 1 2021
Accroche

Après le printemps des années 1990, l’ONU connaît un temps de reflux : retrait des Occidentaux des Opérations de maintien de la paix, minage de l’Organisation par les États-Unis, retour aux vétos au Conseil de sécurité… Sa réforme paraît aujourd’hui à la fois nécessaire pour l’adapter aux mutations du monde, et improbable, au moins pour la composition du Conseil de sécurité. Elle demeure le seul espace de dialogue universel pour des questions comme l’environnement ou les droits de l’homme.

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Archive de Politique étrangère
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La session de l’Assemblée générale qui devait célébrer en septembre 2020 le 75e anniversaire des Nations unies, traditionnellement occasion d’un bilan ou de nouvelles initiatives, a été muette, et la maison de verre est restée déserte. Cela a constitué l’antinomie parfaite de ce moment annuel, et rituel, du plus vaste speed dating au monde, dans cette immense ruche où, en marge des discours dans la salle de l’Assemblée, d’innombrables rencontres à géométrie variable entre chefs d’État et de gouvernement, ou entre ministres des Affaires étrangères, traitent de toutes les crises de la planète, sans toujours les résoudre mais en dialoguant, ce qui est la raison d’être de l’Organisation des Nations unies (ONU). Comme le disait Harold MacMillan dans une formule lapidaire s’inspirant de Winston Churchill, « jaw jaw better than war war » …


Si a émergé du silence et de l’indifférence l’annonce surprise, par le président Xi Jinping, de la réalisation de la neutralité carbone chinoise en 2060, et si le secrétaire général Antonio Gutierrez a voulu faire de l’occasion un moment de rencontre avec des jeunes, invités à faire part de ce qu’ils attendaient de cette grande organisation, les écrans ont figé les discours alors même que le monde entier regardait ailleurs, pour suivre les évolutions mortifères de la pandémie de COVID-19. Ce silence forcé est pourtant révélateur d’un risque de marginalisation des Nations unies, à une époque devenue certes multipolaire, mais sans que cela se traduise par un véritable multilatéralisme.


Printemps et hivers de l’ONU


Au sortir des ravages de la Seconde Guerre mondiale, les Nations unies incarnaient l’espoir kantien d’une paix perpétuelle. Puis la guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique est venue bloquer le fonctionnement du saint des saints : le Conseil de sécurité, rarement appelé à sortir de son sommeil. La fin de l’URSS, que certains, avec Francis Fukuyama, assimilaient rapidement à une fin de l’histoire, a suscité un temps un big blue dream, un « grand rêve bleu » – de la couleur azurée du drapeau sous lequel les Nations unies accueilleraient des nations réconciliées prêtes à renouer avec l’utopie kantienne. Finie la pratique systématique du véto, et dans les années 1990 le Conseil de sécurité créait des opérations de maintien de la paix à tour de bras en évitant de se demander si l’intendance suivrait. C’est l’époque où je travaillais à la mission permanente de la France. Les délégués partageaient l’enthousiasme des membres du Secrétariat, qui exprimaient le sentiment d’incarner véritablement la communauté internationale. […]


PLAN

  • Printemps et hivers de l’ONU
  • Missions fondamentales et réformes nécessaires
  • Adapter l’ONU à un monde qui change


Sylvie Bermann, ancienne directrice des Nations unies et des organisations internationales au ministère des Affaires étrangères, a été ambassadeur dans trois des pays membres permanents du Conseil de sécurité : Chine, Royaume-Uni et Russie.

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Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ?

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Des empires dans tous leurs États

Date de publication
20 mars 2018
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L’idée d’empire s’est concrétisée en Europe dans une histoire complexe, héritière de l’éclatement de l’empire romain, du Saint-Empire romain germanique à l’empire austro-hongrois et à celui des tsars. Les empires peuvent être des facteurs de paix en internalisant les conflits, mais aussi, comme au xxe siècle, facteurs de guerre. Leur dissolution conduit souvent à l’instabilité ; mais leur mode de fonctionnement pré-national pourrait aussi aider à penser le post-national.

Georges-Henri SOUTOU
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Les débats contemporains sur « la fin des États »

Date de publication
20 mars 2018
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La thématique de « la fin des États » a suscité de vigoureux débats dans les cercles universitaires dans les années 1970 et à la fin de la guerre froide. Ils ont connu de nouveaux développements après le 11 septembre 2001, la crise économique de 2008, le Brexit et la victoire de Donald Trump. Si l’on examine ces débats à travers un triple prisme – stratégique, économique et morphologique –, on s’aperçoit que l’opposition entre disparition et résistance des États est largement stérile.

Frédéric RAMEL
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Danser avec les États

Date de publication
20 mars 2018
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Depuis les années 1990, l’Europe a connu un processus de fragmentation, et ses États les plus anciens subissent aujourd’hui des tentations sécessionnistes. Ailleurs, nombre d’intégrités territoriales ont volé en éclat et la mondialisation accouche, de fait, d’une multiplication des structures étatiques. Sur l’impuissance de nombre des nouveaux États rôde l’ombre des empires, mal disparus ou renaissants, et la sécession ne garantit pas le fonctionnement harmonieux des nouveaux États.

Serge SUR
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Chine : l’énergie, un enjeu stratégique

Date de publication
21 juin 2018
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Les besoins énergétiques de la Chine sont très importants et vont continuer à augmenter. Du développement économique et de la réduction de la pauvreté dépend la stabilité du Parti communiste. Pékin est déjà le premier importateur de pétrole et de gaz et le premier producteur et consommateur de charbon. Le facteur énergétique joue un rôle central dans les décisions stratégiques des dirigeants chinois qui font preuve d’un « internationalisme utilitariste fortement teinté de Realpolitik ».

Michel GUELDRY

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Page couverture PE n° 1 2021
Sylvie BERMANN, « Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2021.
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Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ?