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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

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Politique étrangère, vol. 83, n° 1, printemps 2018
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Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.

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À l’ère des médias d’information en continu et des réseaux sociaux, les images de massacres circulent rapidement et poussent les populations occidentales à exiger une réaction de leurs gouvernements. Les moyens d’agir sont pourtant limités, et très peu de pays ont la volonté de s’engager pleinement dans un conflit ouvert, particulièrement après les longues guerres d’Afghanistan et d’Irak. Les responsables politiques n’entendent pas rester passifs, mais ils souhaitent agir à moindre coût sur les plans politique, diplomatique, financier ou humain. Ils sont d’autant plus prudents que les termes d’« enlisement » ou de « bourbier » ne tardent guère à apparaître dans les médias, dès lors qu’une opération dépasse une durée de quelques semaines. Il leur faut donc obtenir des résultats au plus vite, ou au moins pouvoir en revendiquer.


Pour réduire le coût d’une intervention en évitant l’enlisement, un « nouveau modèle » d’opérations extérieures françaises a été développé, celui des bridging operations, ou « opérations de transition », lesquelles visent à créer les conditions favorables au déploiement ou au renforcement d’une opération multinationale chargée de prendre le relais. Une bridging operation se distingue d’une relève classique, qui est un changement de responsabilité dans une opération de stabilisation, indépendante de la volonté de désengagement rapide, ou de l’incapacité à gérer l’ensemble de la zone d’opérations. La principale différence entre relèves et bridging operations est temporelle : la durée théorique des premières se compte en années, celle des secondes en mois.


Avec ces opérations de transition, l’objectif est de créer un choc suffisant pour obtenir un effet de levier et, en quelque sorte, « plier les événements ». Mais peut-on réellement compresser la durée des opérations extérieures ?


La genèse du concept de bridging operation


Le concept de bridging operation est d’abord issu de la politique de sécurité européenne. Son origine remonte à l’opération Artémis (République démocratique du Congo, 2003), première mission européenne montée hors du dispositif prévu par les accords Berlin Plus et première opération coordonnée entre l’Union européenne (UE) et l’Organisation des Nations unies (ONU). Elle avait pour but de stabiliser Bunia et sa région avant le déploiement d’une mission onusienne, la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC). [...]


PLAN

  • La genèse du concept de bridging operation
  • Un concept répondant au contexte politique et militaire
  • Les difficultés des bridging operations
  • Mesurer le succès d’une opération


Rémy Hémez est officier de l’armée de Terre. Il a été chercheur au Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD) de l’Ifri de 2015 à 2017.

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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

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Rémy HEMEZ

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L’Office of Net Assessment : plongée au cœur du think tank du Pentagone

Date de publication
20 mars 2017
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La prospective de défense américaine s’est développée depuis plus de quarante ans autour d’une structure originale : l’Office of Net Assessment (ONA). Ce bureau, dirigé jusqu’en 2015 par Andrew Marshall, n’a compté depuis sa création qu’une centaine de collaborateurs directs. Il a toutefois contribué à alimenter tout un écosystème de recherche stratégique. Ses analyses, fondées sur la méthode pluridisciplinaire du Net Assessment, ont eu un impact important, parfois bien au-delà des États-Unis.

Grégory BOUTHERIN
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Arctique : le passage du Nord-Ouest sous tension

Date de publication
20 mars 2017
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Avec la fonte de la banquise arctique s’est développé un discours médiatique et scientifique sur l’intérêt stratégique du passage du Nord-Ouest. La question du statut des eaux du passage du Nord-Ouest pose celle de l’inclusion ou non de ce détroit dans l’espace maritime souverain du Canada. Les relations entre États demeurent cordiales sur le sujet, et il n’y a pas de litige fort entre le Canada et d’autres pays à propos de la souveraineté sur cette route arctique.

Frédéric LASSERRE
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Négociations climatiques et commerciales : itinéraires croisés

Date de publication
20 mars 2017
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Depuis quelques années, les négociations multilatérales en matière commerciale et climatique connaissent des trajectoires différentes. Alors que la COP21 est vue comme un succès historique, les avancées dans le domaine commercial sont moins spectaculaires. Au-delà des enjeux respectifs – qui paraissent plus importants et urgents dans le domaine climatique –, des différences intéressantes peuvent être notées au sujet des modes de négociation ou du degré de contrainte pesant sur les parties.

Cédric PÈNE Daniel RAMOS Ludivine TAMIOTTI
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L’Euro-Asie selon Pékin

Date de publication
20 mars 2017
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Projet géographique à portée économique, et porteur de lourdes conséquences politiques, la stratégie chinoise des Nouvelles routes de la soie vise une connectivité généralisée dans l’espace eurasiatique. Cherchant à désenclaver une partie du territoire chinois, elle entend doubler la mondialisation maritime d’un développement des circulations terrestres. Russes et Européens sont, entre autres, concernés par les effets de cette stratégie, déjà concrétisée par de multiples décisions.

Michel FOUCHER

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Rémy HEMEZ, « Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2018.
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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation