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Comment réparer la démocratie américaine ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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Page couverture PE n° 2 2021
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La fin de la présidence Trump a témoigné à la fois de la force des institutions et de leur fragilité. Le jeu politique américain est miné par au moins trois éléments : le poids de l’argent dans le processus électoral ; l’hystérisation du débat sur les divers médias ; le dérèglement du système électoral : inégalité du poids des votes, multiplication des entraves au vote lui-même. Les démocrates souhaitent réformer le système mais il n’est pas sûr qu’ils en aient les moyens institutionnels.

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Archive de Politique étrangère
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Rédigée à Philadelphie au cours de l’été 1787, la Constitution américaine visait à établir un système politique alors inédit : la première république de l’époque contemporaine allait mettre en application les principes de la démocratie élaborés pendant le siècle des Lumières. Faisant face à un monde occidental encore presque totalement constitué de monarchies, les Pères fondateurs américains n’avaient qu’une hantise : celle qu’un futur président refuse de rendre le pouvoir à la fin de son mandat pour se transformer en roi, voire en tyran, et transmette après lui le pouvoir à ses enfants. C’est pourquoi le pouvoir exécutif aux États-Unis a été entouré dès l’origine de contre-pouvoirs puissants : le Congrès, le pouvoir judiciaire, ainsi que la structure fédérale qui laisse aux États des prérogatives majeures vis-à-vis de la capitale.


Les événements du 6 janvier 2021 peuvent être interprétés comme la victoire de ce système institutionnel mis en place voici près de 250 ans. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, l’accès au vote et la valeur des bulletins ne sont pas les mêmes pour tous les citoyens. Les réformes proposées par l’administration Biden pourront-elles être adoptées ?


Les contre-pouvoirs à l’épreuve


À l’issue des élections présidentielles du 3 novembre 2020, le décompte des voix par État attribua la victoire au candidat démocrate Joe Biden. Le président sortant Donald Trump contesta aussitôt ces résultats, affirmant qu’une fraude électorale massive avait eu lieu, orchestrée par les démocrates. Ses partisans, aussi bien à la base que parmi les élus et responsables du Parti républicain, ainsi que les médias acquis à sa cause, reprirent sa thèse. Même si certains ont sans doute été sincèrement convaincus que l’élection leur avait été « volée », l’étude des faits prouve sans équivoque le contraire : les affirmations de Trump étaient un « grand mensonge », un « big lie ».


De fait, des représentants de toutes les branches du pouvoir ont contesté la thèse de l’élection volée. Cette vérité éclate d’abord au sein de l’administration, la réfutation venant donc de l’intérieur même du pouvoir exécutif. Christopher Krebs, directeur de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency, agence dépendant du département de la Homeland Security, en charge de l’intégrité des élections, déclare ainsi que les élections de 2020 ont été « les plus sûres de l’histoire américaine ». Il est congédié par Trump le 17 novembre. De même, William Barr, ministre de la Justice (Attorney General), pourtant trumpiste dévoué jusqu’alors, atteste que son département n’a trouvé aucune preuve de fraude électorale susceptible de renverser le résultat des élections. [...]


PLAN

  • Les contre-pouvoirs à l’épreuve
     - L’assaut du Capitole
  • Trois maux de la démocratie américaine
     - Le rôle de l’argent
     - La responsabilité des médias
     - Un système électoral déréglé
     - Vers une réforme du système électoral ?
     - L’entrave du filibuster


Laurence Nardon est chercheuse et dirige le programme Amérique du Nord de l’Ifri.

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Comment réparer la démocratie américaine ?

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Laurence NARDON

Laurence NARDON

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Responsable du Programme Amériques de l'Ifri

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Tunisie, 2011-2020 : la démocratie contre l’efficience de l’action publique ?

Date de publication
20 mars 2020
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Après le renversement du régime de Ben Ali en 2011, la Tunisie a mis en place un système politique visant à éviter une trop forte concentration du pouvoir. Toutefois, ce nouveau système n’est pas satisfaisant : il a abouti à une telle dispersion du pouvoir que l’action publique en devient inefficace et minée par le clientélisme. De profondes réformes doivent être conduites pour rendre les gouvernements plus efficaces et légitimes. Sinon, la tentation autoritaire pourrait faire son retour.

Michaël AYARI
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Faut-il négocier avec les djihadistes au Sahel ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Les armées déployées au Sahel ne parviennent plus à endiguer la menace terroriste. La répression parfois indiscriminée contribue même à nourrir les dynamiques des conflits. Face à ce constat, d’autres pistes pourraient être explorées pour essayer de stabiliser cette zone. La négociation avec les groupes djihadistes pourrait être une option. De nombreux obstacles se dressent cependant sur cette voie et les négociations tentées sur d’autres théâtres n’ont pas toujours produit les effets escomptés.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS
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Quel rôle pour la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Presque trente ans après sa création, la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits (CIHEF) peine à accomplir sa mission, en dépit de sa large reconnaissance par les États. Les raisons en sont multiples : erreurs sur l’orientation, sur le positionnement dans le paysage institutionnel, ou insuffisances du traité constitutif lui-même. On détaille ici ces obstacles, en suggérant quelques pistes pour revigorer une institution dont le rôle est plus que jamais crucial.

Mérick Freedy ALAGBE
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L’espace au XXIe siècle : à la recherche d’un nouvel équilibre

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Le milieu spatial est en pleine transformation stratégique, alors que nos sociétés sont de plus en plus dépendantes des technologies de communication. L’accès à l’espace s’est démocratisé et privatisé, même s’il reste largement dominé par les États-Unis. L’espace est aussi beaucoup plus encombré, ce qui accroît le risque d’accidents. Les comportements hostiles s’y déploient, ce qui incite les États les plus avancés à développer des postures de « dissuasion spatiale ».

Guilhem PENENT

Comment citer cette étude ?

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Laurence NARDON, « Comment réparer la démocratie américaine ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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Comment réparer la démocratie américaine ?