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Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
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La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.

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Les réponses à la crise du Covid-19 constituent un grand bond en avant pour l’Union européenne (UE). Les règles du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) ont été suspendues et l’UE a contracté une dette importante à des fins de solidarité et de redistribution, reconnaissance tacite que les réponses à la crise de la zone euro – « gouverner par des règles et diriger par les chiffres » –, assorties de conditions punitives pour les pays en difficulté, étaient inadaptées. Aujourd’hui, la question est de savoir si l’UE reviendra au statu quo ante de la zone euro ou si elle dépassera la crise de la zone euro et du Covid-19, pour s’orienter vers une croissance et une prospérité plus durables et équitables.


Crise de la zone euro


Au début de la crise de la dette, au lieu de décider immédiatement d’une forme d’annulation, et d’instituer les instruments de mutualisation des risques nécessaires au fonctionnement de toute zone à monnaie unique, l’UE a renforcé les règles du PSC. En imposant des politiques d’austérité et de réforme structurelle supervisées par le Semestre européen, la zone euro a fini par « gouverner par les règles et réguler par les chiffres », avec des règles et des chiffres erronés. Ceci a mené à ce que j’ai pu qualifier de « crise de légitimité » de l’UE, la multiplication des procédures conduisant à de mauvaises performances économiques et à des politiques de plus en plus toxiques.


L’UE a donc fait fausse route en 2010, multipliant les règles, affirmant que « le risque moral » était le principal danger et l’austérité la réponse – le tout accompagné de mesures sévères et de réformes structurelles pour les pays en difficulté. La crise fut perçue comme asymétrique, présentée comme résultant de la prodigalité des gouvernements (cas grec) plutôt que d’excès du secteur privé (cas de tous les autres pays contraints de renflouer leurs banques). Les causes furent analysées comme comportementales (les États membres ne suivent pas les règles) plutôt que structurelles (liées à la conception de l’euro). Les dirigeants de l’UE n’ont donc pas estimé nécessaire de réformer l’euro ou d’atténuer les effets de la crise, choisissant plutôt de renforcer les règles des traités : critères de convergence visant de faibles taux de déficit, de dette et d’inflation. Ils ont par ailleurs accepté des prêts « de sauvetage » au profit des pays soumis à la pression du marché, en échange d’un assainissement budgétaire rapide et de « réformes structurelles » axées sur la déréglementation des marchés du travail et la réduction des coûts de protection sociale. Ces mesures n’ont pas permis de résoudre les problèmes sous-jacents et la crise a perduré. [...]


PLAN

  • Crise de la zone euro
  • Face à la pandémie : un nouveau départ
     - Gestion de crise
     - Économie
     -  Politique
     - Gouvernance


Vivien Schmidt est professeure d'intégration européenne Jean Monnet à l'université de Boston.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Cadenza Academic Translations.

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Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir

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Auteur(s)
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L’après-poutinisme en Russie : une succession ouverte ?

Date de publication
21 juin 2019
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Un débat semble s’ouvrir, y compris dans les cercles du pouvoir, sur l’après-Poutine. S’agit-il de maintenir, au-delà de l’actuel président, un État au fonctionnement spécifique par rapport aux normes occidentales ? Le projet purement politique n’est pas seul en cause, tant la dégradation économique et le mécontentement de la population pourraient s’imposer aux dirigeants. L’avenir du régime dépendra largement des choix économiques du gouvernement, de leur succès ou de leur échec.

Vladimir TCHERNEGA
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L’Union européenne vue de Russie

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

La crise entre l’Union européenne et son voisin russe s’approfondit depuis l’annexion de la Crimée, et nulle solution ne semble annoncer une amélioration de la compréhension mutuelle. Les deux parties ne voient manifestement pas le monde et ses problèmes de la même manière. On essaie ici de reconstituer le schéma narratif russe sur le monde post-guerre froide, de déconstruire la vision russe de l’UE, pour mieux comprendre la nature des divergences et leurs vrais enjeux.

Roman VOLKOV
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Révolution numérique et transformation de l'action publique

Date de publication
21 juin 2019
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Les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des politiques publiques. Le mouvement d’ouverture des données (open data) rend les administrations moins opaques et permet de lutter contre la corruption. L’exploitation de ces données – dans le cadre de partenariats public-privé – peut aider les décideurs à optimiser l’allocation des ressources publiques et faire les bons choix. La numérisation permet d’alléger certaines procédures et de faciliter la vie des citoyens.

Carlos SANTISO
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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN

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Vivien SCHMIDT, « Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir