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Gouvernance mondiale : un seul pilier ne fait pas la maison

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Politique étrangère, vol. 86, n° 1, printemps 2021
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Page couverture PE n° 1 2021
Accroche

Depuis la fin de la guerre froide, le système international est unipolaire, dominé par les États-Unis. La pandémie de COVID-19 accélère une période de transition instable vers un monde multipolaire. Cette évolution ne serait un progrès pour l’humanité que si quatre conditions étaient remplies : développer la diversité linguistique et culturelle ; renforcer et rénover le multilatéralisme ; poursuivre la diffusion du modèle démocratique ; œuvrer au rapprochement de l’Europe et de l’Afrique.

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Au Rwanda, un proverbe nous rappelle qu’« un seul pilier ne fait pas la maison ». J’ai toujours vu là une invitation à chérir le pluralisme, à voir la diversité comme une force plutôt qu’une cause de désordre. Cette sensibilité à la diversité a guidé mon parcours, de l’Afrique à l’Europe, en passant par les États-Unis, jusqu’à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont l’ambition est de faire dialoguer 88 États et gouvernements, riches d’histoires et de cultures différentes.


Cette sensibilité empêche de voir comme un péril le monde multipolaire qui paraît s’imposer et dont la crise de 2020 pourrait bien avoir accéléré le développement. Je suis au contraire persuadée que nous avons tout à gagner à un monde marqué par une pluralité de pôles de puissance, politique, économique, culturelle. Je me garderai pourtant d’idéaliser le monde multipolaire. Le chemin qui y conduit est semé d’embûches, lourd de tensions, de crises, de conflits. Il ne sera un progrès effectif pour la paix, la démocratie, la diversité culturelle, le développement durable de la planète, qu’à un certain nombre de conditions.


Un mouvement irréversible vers un monde multipolaire


Chacun le voit : nous assistons à une profonde transformation du système international. Si l’ordre bipolaire de la guerre froide a laissé la place à un monde marqué par la suprématie de la puissance américaine, cet ordre unipolaire a trouvé à son tour ses limites. Sous nos yeux se dessine un nouveau système international caractérisé par l’existence de plusieurs pôles de puissance.


Pour saisir l’ampleur des changements en cours, il faut se rappeler ce que fut la dernière décennie du XXe siècle. Après l’effondrement de l’Union soviétique, les États-Unis restaient la seule puissance globale. Ils apparaissaient comme le garant ultime de la sécurité partout dans le monde, encourageant activement, pour leurs vertus pacificatrices, à la fois la démocratie, le commerce, le droit international, le multilatéralisme, qui connurent au tournant du siècle des progrès considérables.


Tout commence à changer à partir des années 2000. D’abord du fait des mouvements tectoniques de l’économie, en particulier de la sortie de la pauvreté et de l’intégration dans le commerce international d’immenses masses de populations. La Chine, entrée dans le capitalisme avec Deng Xiaoping, devient une grande puissance économique. À mesure qu’ils s’ouvrent eux aussi au marché et à la mondialisation, d’autres pays-continents émergent, en particulier l’Inde. […]


PLAN

  • Un mouvement irréversible vers un monde multipolaire
  • Instabilités et dangers d’une transition
  • Accompagner le développement du monde multipolaire
     - Pour une nouvelle diversité culturelle et linguistique
     - Rénover le multilatéralisme
  • Défendre l’universalité de la démocratie
  • L’Europe et l’Afrique doivent avoir toute leur place dans un monde multipolaire


Louise Mushikiwabo est secrétaire générale de la Francophonie. Elle a été ministre des Affaires étrangères du Rwanda de 2009 à 2018.

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Gouvernance mondiale : un seul pilier ne fait pas la maison

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Qui a tué Dag Hammarskjöld ? Sisyphe à New York

Date de publication
22 décembre 2019
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En pleine crise du Katanga, le secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld trouve la mort dans un accident d’avion en septembre 1961. On rend ici compte d’une enquête menée dans les archives sur une éventuelle implication de responsables ou de services français. Rien ne semble la prouver. De même, le rapport rendu au secrétaire général de l’ONU en 2019 ne permet pas de conclure à l’assassinat, même si une conclusion définitive n’est pas possible, l’ensemble des hypothèses demeurant donc ouvert.

Maurice VAÏSSE
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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

Date de publication
22 décembre 2019
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Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

Guillaume BEAUD
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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

Date de publication
22 décembre 2019
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Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

Seth A. JOHNSTON
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Faut-il créer une agence de renseignement européenne ?

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.

Eric MECHOULAN

Comment citer cette étude ?

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Louise MUSHIKIWABO, « Gouvernance mondiale : un seul pilier ne fait pas la maison », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2021.
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Gouvernance mondiale : un seul pilier ne fait pas la maison