La puissance militaire, instrument de la politique soviétique
Selon une idée sommaire mais très répandue au sujet de la puissance militaire soviétique, l'URSS, bien qu'armée à outrance, fait très rarement usage de sa force. Jusqu'à l'invasion de l'Afghanistan, l'armée soviétique, si elle possédait une grande expérience des manoeuvres terrestres et des opérations combinées, manquait singulièrement d'expérience du combat.
A la différence, non seulement des Etats-Unis mais aussi de la Grande-Bretagne et de la France, elle n'avait pratiquement pas tiré un vrai coup de canon depuis 1945.
De telles assertions ont conduit les ouvrages spécialisés à présenter un fatras de réflexions contradictoires. Selon les uns, l'URSS a édifié sa puissance militaire, en se gardant bien de prendre aucun risque, de façon à être, en fin de compte, en mesure de s'assurer l'hégémonie mondiale. Pour d'autres, elle a été tellement obnubilée par l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale qu'elle s'est lancée dans une politique systématique et comme psychotique de surarmement. Ailleurs encore, on lit qu'il n'y a pas d'explication avérée à l'énorme panoplie de l'URSS : elle n'est que le produit de l'inertie bureaucratique et militaire dont la combinaison constitue une force que le pouvoir politique est pratiquement impuissant à maîtriser. Dans cette optique, les difficultés se trouvent aggravées par la rigidité du système soviétique qui fait qu'il lui est presque impossible de passer d'une économie de guerre à quelque chose qui ressemble à une économie de paix. En réalité, l'infinie variété des jugements portés sur la puissance militaire soviétique s'explique précisément par le fait qu'elle n'a jamais été engagée dans des opérations importantes.
Cette idée reçue n'est pourtant pas entièrement fondée.
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