La puissance militaire, instrument de la politique soviétique
Selon une idée sommaire mais très répandue au sujet de la puissance militaire soviétique, l'URSS, bien qu'armée à outrance, fait très rarement usage de sa force. Jusqu'à l'invasion de l'Afghanistan, l'armée soviétique, si elle possédait une grande expérience des manoeuvres terrestres et des opérations combinées, manquait singulièrement d'expérience du combat.
A la différence, non seulement des Etats-Unis mais aussi de la Grande-Bretagne et de la France, elle n'avait pratiquement pas tiré un vrai coup de canon depuis 1945.
De telles assertions ont conduit les ouvrages spécialisés à présenter un fatras de réflexions contradictoires. Selon les uns, l'URSS a édifié sa puissance militaire, en se gardant bien de prendre aucun risque, de façon à être, en fin de compte, en mesure de s'assurer l'hégémonie mondiale. Pour d'autres, elle a été tellement obnubilée par l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale qu'elle s'est lancée dans une politique systématique et comme psychotique de surarmement. Ailleurs encore, on lit qu'il n'y a pas d'explication avérée à l'énorme panoplie de l'URSS : elle n'est que le produit de l'inertie bureaucratique et militaire dont la combinaison constitue une force que le pouvoir politique est pratiquement impuissant à maîtriser. Dans cette optique, les difficultés se trouvent aggravées par la rigidité du système soviétique qui fait qu'il lui est presque impossible de passer d'une économie de guerre à quelque chose qui ressemble à une économie de paix. En réalité, l'infinie variété des jugements portés sur la puissance militaire soviétique s'explique précisément par le fait qu'elle n'a jamais été engagée dans des opérations importantes.
Cette idée reçue n'est pourtant pas entièrement fondée.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
La puissance militaire, instrument de la politique soviétique
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa Serbie, équilibriste entre Russie et Occident
La Serbie a refusé de soutenir les sanctions de l’UE contre la Russie, suscitant par l’ambivalence de sa politique étrangère une attention redoublée de la communauté internationale. Cette position s’inscrit dans la continuité de la politique étrangère du pays. L’ambiguïté est une stratégie délibérée pour le président Vučić, qui entend ne pas être « coincé entre l’Est et l’Ouest » : elle lui permet de consolider son pouvoir à Belgrade et de maximiser sa marge de manœuvre sur le plan international.
La Chine dans les Balkans occidentaux
Les relations des pays des Balkans occidentaux avec la Chine sont anciennes, mais ont été relancées par de multiples initiatives de Pékin dans la dernière décennie. Leur bilan est inégal selon les pays, en particulier concernant les investissements promis par Pékin. L’avenir des relations entre ces pays et la Chine dépendra beaucoup de l’évolution de l’environnement géopolitique : élargissement de l’Union européenne et positionnement de la Chine après la guerre en Ukraine.
Allemagne : retour du service militaire ?
Suspendue en 2011, la conscription fait son retour en Allemagne en 2025, sous une forme nouvelle et volontaire. Un relatif consensus avait accompagné la décision de 2011. L’opinion est aujourd’hui plus segmentée, comme la classe politique. Le service volontaire masculin ainsi rétabli fait écho aux exigences de l’environnement géopolitique et aux besoins en effectifs de la Bundeswehr. Reste à savoir si la formule choisie remplira les attentes des responsables de la défense.
L’aide publique au développement à l’ère de la démondialisation
L'aide publique au développement connaît depuis 2023 un effondrement, tant en Europe qu'aux États-Unis. Le choc affecte les pays en développement mais aussi les pays industrialisés. Critique à la fois au Nord et au Sud, l'aide au développement doit se redéfinir, dans ses objectifs et dans ses méthodes. Elle pourrait ainsi s'adapter à une configuration internationale où les principaux acteurs – États-Unis, Union européenne, Chine, pays arabes – adoptent de nouvelles postures.