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La société israélienne : vers la fragmentation ?

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Politique étrangère, vol. 83, n° 3, automne 2018
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Page couverture PE n° 3 2018
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La société israélienne se fragmente. Quatre blocs y cohabitent plus ou moins paisiblement : les laïcs, les nationalistes-religieux, les ultra-orthodoxes et les Arabes. Chacun de ces blocs est représenté politiquement. Depuis plusieurs années, la droite – alliée à l’extrême droite – est au pouvoir. La popularité de Benjamin Netanyahou ne s’érode guère, malgré son implication supposée dans plusieurs affaires. Différents signaux laissent craindre une dérive illibérale d’Israël.

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Israël, en 70 ans d’existence, a connu des transformations phénoménales. La population du jeune État atteint aujourd’hui 8,8 millions d’habitants, soit une multiplication par 13 depuis la déclaration d’indépendance de mai 1948. La répartition ethno-religieuse, telle que présentée par le Bureau central des statistiques, indique que trois-quarts des Israéliens sont juifs (soit 6,6 millions d’habitants), tandis que la population arabe, musulmane et chrétienne compte environ 1,9 million d’individus, soit 20,9 %. Derrière cette progression démographique hors-norme, due à des vagues d’immigration de communautés juives de différentes parties du monde et à un taux de fécondité élevé, des mutations profondes de la composition de la société israélienne sont à l’œuvre. Ces dernières entraînant des recompositions des valeurs politiques, et provoquant des tensions qui se nouent autour de la définition de l’État.


Israël aux quatre tribus


En 2015, le président Reuven Rivlin prononce un discours qui fait, depuis, référence sur les nouveaux clivages de la société israélienne. Il identifie « quatre tribus » composant cette société. Trois tribus sont juives : les laïcs, les nationalistes-religieux et les ultra-orthodoxes. La quatrième tribu est arabe, composée à 80 % de musulmans sunnites, à 10 % de chrétiens et 10 % de druzes. Pour Rivlin, ces quatre tribus, qui devraient chacune représenter dans les années à venir plus ou moins un quart de la population du pays, signent la fin d’une société israélienne qui partageait en majorité une conception plutôt sécularisée des relations entre la religion et l’État, tout en confiant aux instances religieuses de nombreux aspects du droit personnel.


Le président exprimait son inquiétude face au cloisonnement culturel, politique et éducatif de ces quatre blocs : « Un enfant de Beth El [colonie nationaliste religieuse en Cisjordanie], un enfant de Rahat [ville bédouine arabe du Negev], un enfant d’Herzliya [commune de la classe moyenne supérieure laïque, située au nord de Tel Aviv] et un enfant de Beitar Ilit [localité entièrement ultra-orthodoxe] – non seulement ne se rencontrent pas, mais sont éduqués dans des perspectives complètement différentes sur les valeurs fondamentales et le caractère désiré de l’État d’Israël. » [...]


PLAN

  • Israël aux quatre tribus
  • Vers un affaiblissement des principes démocratiques ?
  • La longévité politique de Benjamin Netanyahou
  • Le projet de loi « Israël, État-nation du peuple juif »


Samuel Ghiles-Meilhac, docteur de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), enseigne à Sciences Po Paris. Il est chercheur associé à l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS-Paris 8). Sa thèse a été publiée sous le titre Le CRIF. De la Résistance juive à la tentation du lobby, Paris, Robert Laffont, 2011.

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La société israélienne : vers la fragmentation ?

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Crise de l’Union européenne ou crises de la démocratie ?

Date de publication
20 mars 2017
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Les institutions européennes sont régulièrement mises en cause pour leur déficit démocratique. Pourtant, depuis les années 1990, les traités successifs ont instauré différents instruments permettant de pallier ce déficit. Aujourd’hui, la crise de l’Union européenne est sans doute plus profonde et dépasse la question du fonctionnement des institutions. Elle touche la confiance même qu’ont les citoyens dans le projet d’intégration et dans la démocratie.

Sabine SAURUGGER
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L’Italie entre déclin industriel et impuissance politique

Date de publication
21 juin 2017
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L’Italie fait face à une crise économique profonde. Malgré l’application de mesures d’austérité recommandées par les autorités européennes, la croissance est en berne et le chômage progresse. Les privatisations ont eu pour effet de faire passer des fleurons de l’industrie sous pavillon étranger. L’État ne joue plus son rôle de régulateur et ne parvient à endiguer ni la corruption ni la fraude fiscale. Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle se double d’une crise politique.

Martino AVANTI
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Brexit : une certaine idée de l’Europe

Date de publication
21 juin 2017
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Le résultat du référendum de juin 2016 relève d’explications connues, touchant à l’évolution de la société britannique et à ses débats politiques particuliers. Il renvoie surtout à une divergence fondamentale sur la nature et l’objectif de la construction européenne. Le Royaume-Uni n’a pas été le mauvais élève de la classe européenne trop souvent décrit. Mais son héritage et sa culture lui font préférer l’idée d’une Europe où la souveraineté resterait le privilège des États.

Jonathan STORY
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Conflits locaux : le mal insidieux de l’Afrique

Date de publication
21 juin 2017
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Les conflits locaux, de plus en plus nombreux et dévastateurs en Afrique, ne sont le plus souvent analysés par les acteurs internationaux qu’à travers le prisme des conflits ou des déstabilisations d’États. Leur nature complexe, le mélange qu’ils opèrent entre traditions et modernité, leurs rapports aux niveaux national et international doivent faire l’objet d’approches nouvelles, à la fois stratégiques et ponctuelles. Des approches qui doivent intégrer les dimensions militaires et civiles.

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 3 2018
Samuel GHILES-MEILHAC, « La société israélienne : vers la fragmentation ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2018.
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La société israélienne : vers la fragmentation ?