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Le Monténégro ou la fragilité à toute épreuve

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Politique étrangère, vol. 82, n° 4, hiver 2017-2018
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Page couverture PE n° 4 2017
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Le Monténégro est désormais membre de l’Alliance atlantique, et peut-être l’État des Balkans occidentaux le plus avancé sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne. Il a pu développer son ancrage régional et ses échanges avec les États voisins, au moment où ses relations avec Moscou se faisaient plus difficiles. Son identité nationale reste néanmoins fragile. L’économie connaît de réelles difficultés, et son système politique fait l’objet d’une contestation interne croissante.

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Le 5 juin 2017, le Monténégro est devenu le 29e membre de l’Alliance atlantique, moins de 20 ans après avoir été touché par un bombardement allié durant l’intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) au Kosovo. L’événement est d’autant plus frappant qu’il a été conduit à son terme par des acteurs politiques quasiment inchangés depuis la chute du communisme. D’abord marquée par une prise de distance très nette envers le régime serbe de Slobodan Milosevic au tournant des années 1995-1996, à la fin du conflit en Bosnie-Herzégovine, l’évolution s’est traduite par le ralliement progressif des autorités à l’idée souverainiste (après qu’ils l’aient initialement combattue) et une dissolution graduelle de la Yougoslavie – dont le Monténégro avait permis la survie à la chute du communisme. Voulue par l’Union européenne (UE), la Communauté d’États de Serbie-et-Monténégro mise en place en février 2003 ne fut qu’une étape sur la voie d’une indépendance finalement proclamée le 3 juin 2006, suite au référendum d’auto-détermination du 21 mai.
 

Résolument engagé depuis cette date sur la voie euro-atlantique, le Monténégro, pays en bons termes avec ses voisins et à l’écart des conflits comme des vagues migratoires ayant touché la région depuis 25 ans, projette une image de stabilité plus subtile qu’il n’y paraît. En effet, ce petit pays de moins de 14 000 km2 et de 661 000 habitants est traversé d’influences aussi diverses que contraires, révélant de multiples questionnements identitaires non résolus depuis le XIXe siècle et sa première expérience d’État indépendant. Comme le trahit l’aigle bicéphale que le Monténégro s’est choisi pour emblème, le tiraillement entre l’Est et l’Ouest – qui en est l’une des composantes saillantes – renvoie à une dualité inhérente à l’identité monténégrine. Aussi étonnants puissent-ils paraître, les revirements stratégiques profonds opérés depuis la chute du communisme résultent autant des évolutions intervenues dans la région que des ajustements internes qui visent à les accompagner. […]


PLAN

  • Un rêve occidental à marche forcée
     - La concrétisation des perspectives euro-atlantiques
     - Une relation détériorée avec la Russie
     - Une volonté de reconnaissance
  • Un ancrage régional renforcé
     - Une ambition assumée, mais contrariée
  • Une identité fragile
     - Une société « schismatique »
     - Un État omniscient


Renaud Dorlhiac est en charge du portefeuille Balkans à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère de la Défense. Il poursuit également des activités de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), et enseigne à l’Institut d’études politiques (IEP) de Toulouse.

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Le Monténégro ou la fragilité à toute épreuve

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Yémen : imbroglio politico-juridique, désastre humanitaire, impasse militaire

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La guerre civile yéménite a évolué en conflit régional. Les Houthis, alliés à l’ancien président Saleh et soutenus par l’Iran, font face aux forces du président Hadi, épaulées par une coalition menée par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. La situation humanitaire est catastrophique. Des millions de personnes sont menacées par la famine et le choléra. Dans ce chaos prospèrent les groupes terroristes comme Al-Qaïda dans la péninsule arabique et, dans une moindre mesure, Daech.

François FRISON-ROCHE
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Sauver l’ordre libéral de lui-même

Date de publication
21 décembre 2017
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L’élection de Donald Trump est le symptôme d’une crise générale de l’ordre libéral international. Ses coûts ont été gravement sous-estimés : délocalisations brisant le pacte social, flux migratoires mal assimilables par les sociétés, divisions entre élites et masses perdantes de la globalisation, crises électorales et politiques. Les sociétés doivent adapter l’ordre libéral à leurs caractéristiques profondes, et non l’accepter comme un donné global et obligatoire.

Jennifer LIND
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La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique

Date de publication
21 décembre 2017
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Au cœur des motivations des terroristes de l’État islamique figure la vengeance, contre un Occident vu comme l’héritier du colonialisme, et plus généralement comme agresseur des musulmans. La dimension émotionnelle est donc forte, qui induit la définition d’une identité collective et la déshumanisation de l’adversaire. Si le revanchisme est au cœur du récit djihadiste, il faut démonter sur le long terme ce discours, qui ne disparaîtra pas avec l’emprise territoriale de Daech.

Myriam BENRAAD
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Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales

Date de publication
21 décembre 2017
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Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.

Hebatalla TAHA Clément THERME
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Renaud DORLHIAC, « Le Monténégro ou la fragilité à toute épreuve », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2017.
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Le Monténégro ou la fragilité à toute épreuve