L’avenir de l’Europe face à la compétition sino-américaine - Conclusions
Dans ce numéro spécial de Politique étrangère consacré aux actes de la Conférence organisée par l'Ifri le 10 avril 2019 au Grand amphithéâtre de la Sorbonne, à l'occasion de son quarantième anniversaire, découvrez l'allocution de Jean-Yves Le Drian, ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères.
Depuis 1979 le système international a connu des bouleversements majeurs qui ont constitué et constituent encore autant de défis pour les responsables politiques. Thierry de Montbrial a rappelé ce matin tout ce qui sépare le monde d'alors du monde d'aujourd'hui, un monde bien loin de la fin de l'Histoire annoncée à la hâte, mais marqué par le retour de la géopolitique et par de nouvelles mutations technologiques, dont on commence à peine à prendre toute la mesure.
L'Ifri joue un rôle précieux pour aider l'État et ses responsables à décrypter et à anticiper les évolutions, et cela nous donne les moyens de nous poser les bonnes questions au bon moment. Je me félicite du dialogue qui s'est instauré ces dernières années entre l'Ifri et le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie du Quai d'Orsay. Pour comprendre qu'un lien d'évidence nous unit – presqu'un lien de parenté –, il suffit d'ailleurs de rappeler le rôle fondateur joué par Thierry de Montbrial dans la création de ce qui s'appelait, en 1974, le Centre d'analyse et de prévision.
De nouveaux rapports de puissance
Cet anniversaire se place sous le signe de la réflexion prospective en nous interrogeant sur l'avenir de l'Europe face à la compétition sino-américaine. À moins de deux mois d'élections européennes cruciales, l'Europe est à la croisée des chemins, et vous nous offrez une occasion salutaire d'examiner certains des principaux défis auxquels elle se trouve confrontée.
La question que vous soulevez est l'une de celles qui conditionnent la place du projet européen et de notre Union dans le monde de demain. Ce monde sera-t-il dominé par les rapports de force ? Ou sera-t-il régulé par le droit ? Les logiques d'affrontement y prendront-elles définitivement le pas sur les logiques de coopération ? Son organisation permettra-t-elle de répondre collectivement aux grands défis de notre temps ou condamnera-t-elle chacun à l'impuissance ? À la Sorbonne, où le président de la République française a appelé en septembre 2017 à refonder l'Europe, je voudrais vous dire ce que la France entend faire pour défendre les intérêts de l'Union européenne face à la nouvelle donne géopolitique, et comment elle veut donner à notre continent un rôle moteur pour la rénovation d'un système multilatéral dont les fondements mêmes sont aujourd'hui remis en cause.
Les dernières décennies ont vu la Chine s'imposer comme un acteur majeur et incontournable des relations internationales. C'est peu de dire qu'elle s'est développée de manière spectaculaire – les chiffres sont connus. Depuis la réforme économique et l'ouverture de ce pays en 1978, son PIB a progressé en moyenne de 9,5 % par an. La Chine, qui représentait moins de 2 % du PIB mondial en 1978, produit désormais 15 % de la richesse planétaire. […]
Jean-Yves Le Drian est ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
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Après les attentats de 2015 et 2016, la Belgique a été pointée du doigt et a fait l’objet d’un véritable Belgium bashing. Les critiques émises étaient parfois exagérées mais pas totalement injustifiées : les ministères régaliens avaient fait l’objet de coupes budgétaires drastiques et la complexité du système politico-administratif belge rendait la coopération entre services difficile. Une commission d’enquête a tiré les leçons des attentats et de profondes réformes ont été entreprises.
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Le Monténégro ou la fragilité à toute épreuve
Le Monténégro est désormais membre de l’Alliance atlantique, et peut-être l’État des Balkans occidentaux le plus avancé sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne. Il a pu développer son ancrage régional et ses échanges avec les États voisins, au moment où ses relations avec Moscou se faisaient plus difficiles. Son identité nationale reste néanmoins fragile. L’économie connaît de réelles difficultés, et son système politique fait l’objet d’une contestation interne croissante.