Le bilan économique du président Trump
En matière économique, Donald Trump a tenu ses promesses de campagne. Il a renégocié des accords internationaux, engagé une grande réforme fiscale et entrepris de déréglementer l’économie américaine. Cette politique a porté ses fruits : au début de l’année 2020, les indices boursiers atteignaient des records, le produit intérieur brut continuait de croître et le chômage était au plus bas. Puis le COVID-19 est arrivé, rebattant les cartes et ouvrant une période d’incertitude.
Le discours sur l’état de l’Union que prononce chaque année le président des États-Unis devant le Congrès est l’occasion de dresser un bilan de l’action gouvernementale. Celui qu’a prononcé Donald Trump en février 2020 était plus que cela : il constituait le lancement de sa campagne électorale, lui offrant l’opportunité de revenir sur ses promesses : « Il y a trois ans, nous avions annoncé le grand retour de l’Amérique. Aujourd’hui, je viens partager avec vous des résultats très positifs. L’emploi est en pleine expansion, le pouvoir d’achat est en forte croissance, la pauvreté s’effondre, la criminalité chute, notre pays est en pleine forme, et il est à nouveau respecté. »
De fait, au tout début de l’année 2020, la croissance économique est au rendez-vous depuis plus de 10 ans, le plus long cycle d’expansion jamais enregistré ; la bourse atteint des sommets et les entreprises américaines font des profits record ; le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis 50 ans ; les créations d’emplois sont régulières ; les salaires ont commencé à augmenter, même au bas de l’échelle ; et les prévisionnistes s’attendent à une autre année de bons résultats. Le président entre donc en campagne avec un excellent bilan économique.
Malheureusement – pour tous –, l’épidémie soudaine de COVID-19 vient quelques semaines plus tard, avec ses conséquences humaines, sociales et économiques catastrophiques, tout remettre à plat. Le président pensait être jugé sur son bilan économique ; en définitive, il le sera sur sa gestion de la crise sanitaire. […]
Une économie américaine prospère, sauf dans le Midwest
Faisons un flashback en 2016, lors de la précédente campagne électorale. Les instituts de sondage n’avaient pas prévu l’élection de Donald Trump car les huit années de la présidence Obama avaient vu des progrès indiscutables : les banques avaient été sauvées de la crise des subprimes ; la reprise économique avait été plus robuste qu’en Europe ; et des avancées sociales avaient permis d’aider les plus démunis. Ainsi, la réforme de l’assurance maladie, dite Obamacare, même controversée, était vue favorablement par la moitié des Américains, et permettait à 20 millions de personnes, autrefois sans couverture, de pouvoir accéder aux soins médicaux. Le Parti démocrate pouvait donc espérer une victoire facile. [...]
PLAN
- Une économie américaine prospère, sauf dans le Midwest
- Le retour du volontarisme industriel
- La renégociation des accords de commerce international : TPP, ALENA et Chine
- TPP
- ALENA
- Chine - Une grande réforme fiscale pour abaisser les impôts
- Déréglementer l’économie américaine
- La gestion de la crise sanitaire
Patrick Lenain est économiste à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et professeur associé à l’université de Paris-Est.
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Le bilan économique du président Trump
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