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Sauver l’ordre libéral de lui-même

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Politique étrangère, vol. 82, n° 4, hiver 2017-2018
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Page couverture PE n° 4 2017
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L’élection de Donald Trump est le symptôme d’une crise générale de l’ordre libéral international. Ses coûts ont été gravement sous-estimés : délocalisations brisant le pacte social, flux migratoires mal assimilables par les sociétés, divisions entre élites et masses perdantes de la globalisation, crises électorales et politiques. Les sociétés doivent adapter l’ordre libéral à leurs caractéristiques profondes, et non l’accepter comme un donné global et obligatoire.

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Le 9 novembre 2016 régnait au Dartmouth College un calme abasourdi. Pendant des mois, nous avions suivi avec amusement ou consternation déclarations et apparitions de Donald Trump, mais la conviction que son élection était impossible rassurait. Il venait pourtant d’être élu président des États-Unis. Le campus était en deuil. Pour beaucoup, ce jour signait l’arrêt de mort du rêve de l’ordre international libéral, que le candidat Trump promettait de démanteler : et depuis son entrée en fonction, il a de fait miné la confiance des alliés envers le leadership américain, retiré les États-Unis du Partenariat Trans-Pacifique (TPP), menacé de dénoncer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et l’accord de désarmement sur l’Iran.


Si Trump est hostile à l’ordre international libéral, son accession au pouvoir n’est pas la cause mais le symptôme de ses difficultés. La plus grande menace sur cet ordre vient de l’intérieur, et des peuples qu’il a, ces dernières décennies, divisés et montés les uns contre les autres.


L’ordre libéral : le coût du libre-échange


L’ordre international libéral renvoie à un ensemble d’idées et d’institutions nées après la Seconde Guerre mondiale. Le libre-échange et la libre circulation des flux de capitaux ont encouragé l’externalisation de la production. Une plus grande ouverture des frontières a permis de grands mouvements migratoires, en particulier du Sud vers le Nord. Cet ordre repose aussi sur un ensemble de croyances, de valeurs universelles, et d’institutions, qui négocient des normes en matière de commerce, de finance et bien d’autres domaines, et relient ces idées entre elles.


Ayant porté ses fruits, cet ordre s’est étendu. L’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1947 a progressivement fait tomber les barrières commerciales. Après la guerre froide, les Alliés ont remodelé l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) pour en faire une communauté de sécurité libérale englobant jusqu’à l’Europe de l’Est. Les traités protégeant les droits de l’homme ont évolué vers une « responsabilité de protéger » censée justifier l’intervention militaire dans des pays souverains. En Europe, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) de 1951 s’est transformée en union douanière et monétaire, dotée d’une Cour de justice, et en chef de file en matière de protection de l’environnement et des droits de l’homme. En 1995, plusieurs membres de l’Union européenne (UE) ont, avec l’accord de Schengen, ouvert leurs frontières et adopté une politique d’asile commune. [...]


PLAN

  • L’ordre libéral : le coût du libre-échange
  • Frontières ouvertes et migrations
  • Élites et perdants de la mondialisation
  • Sauver les nations ?


Jennifer Lind est professeur associé au Dartmouth College et chercheur associé à l’université Harvard. Elle est l’auteur de Sorry States : Apologies in International Politics, Ithaca, Cornell University Press, 2008.

Traduit de l’anglais par Valentine Deville-Fradin

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Sauver l’ordre libéral de lui-même

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Yémen : imbroglio politico-juridique, désastre humanitaire, impasse militaire

Accroche

La guerre civile yéménite a évolué en conflit régional. Les Houthis, alliés à l’ancien président Saleh et soutenus par l’Iran, font face aux forces du président Hadi, épaulées par une coalition menée par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. La situation humanitaire est catastrophique. Des millions de personnes sont menacées par la famine et le choléra. Dans ce chaos prospèrent les groupes terroristes comme Al-Qaïda dans la péninsule arabique et, dans une moindre mesure, Daech.

François FRISON-ROCHE
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La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique

Date de publication
21 décembre 2017
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Au cœur des motivations des terroristes de l’État islamique figure la vengeance, contre un Occident vu comme l’héritier du colonialisme, et plus généralement comme agresseur des musulmans. La dimension émotionnelle est donc forte, qui induit la définition d’une identité collective et la déshumanisation de l’adversaire. Si le revanchisme est au cœur du récit djihadiste, il faut démonter sur le long terme ce discours, qui ne disparaîtra pas avec l’emprise territoriale de Daech.

Myriam BENRAAD
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Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales

Date de publication
21 décembre 2017
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Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.

Hebatalla TAHA Clément THERME
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L’Irak a-t-il jamais pu exister ?

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Né de la décomposition de l’empire ottoman gérée par les impérialismes occidentaux, l’Irak, espace composite, a vu se succéder les régimes sans créer les bases psychologiques et politiques d’un État-nation. Les événements des deux dernières décennies n’ont fait, avec une lourde responsabilité occidentale, que creuser le fossé entre les communautés et les affiliations. L’Irak a-t-il jamais vraiment existé pour ses populations, et les conflits régionaux le laisseront-ils survivre ?

Jolyon HOWORTH

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Jennifer LIND, « Sauver l’ordre libéral de lui-même », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2017.
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Sauver l’ordre libéral de lui-même